Dernière fois ce matin que je prenais la 36 en direction du travail.
Dernière fois que le chauffeur d’autobus me gratifiait d’un air bête en guise de bonjour lorsque je monte dans son véhicule.
Dernière fois que je débute ma journée de travail à 7h15. Car l’employée indispensable que je suis a obtenu l’illuuuustre privilège (après 6 ans de loyaux services, à être parée à toutes les éventualités dès l’ouverture du centre et à me lever à l’heure où même les poules ronflent encore), de pouvoir débuter entre 9h00 et 9h30, pour cause de déménagement très à l’extérieur du quartier. Ma patronne craint tellement que je quitte pour aller voir ailleurs si le gazon est plus vert qu’elle a acquiescé à ma demande malgré un court moment de panique initial. Ainsi, ma supérieure est sensée “s’organiser” pour être celle qui ouvrira dorénavant la garderie, ce qui ne devrait pas être si pénible puisqu’elle demeure à 5 minutes en voiture de notre lieu de travail.
Donc, corollaire au point ci-haut (et tellement jouissif), dernière fois que je me tape du remplacement de personnel en catastrophe le matin parce que X est malade, que Y a obtenu un rendez-vous chez le médecin pour son enfant ou que Z a simplement décidé qu’elle avait mieux à faire que travailler. Dernière fois que je perds 30, 40 minutes, 1 heure voire plus, à jouer au bureau des ressources humaines en début de matinée, retardant le moment où j’arrive enfin à avaler une première gorgée de café salvateur. Chose qui réduira considérablement mon stress matinal et cette perte de temps inouïe qui se répète au moins trois matins sur cinq. Dernière fois que je jongle tant bien que mal avec un taux d’absentéisme par moments effarants.
Dernière fois que je dois héler un taxi au sortir du centre d’achats, pour me rendre jusque chez moi parce que l’autobus qui m’y mène ne passe que deux fois par heure. Et ledit autobus n’est jamais tellement à l’heure non plus.
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Dans deux jours, je quitterai le Sud-Ouest, où je vis depuis maintenant 6 ans, et l’Ouest tout court, où j’ai en fait, toujours résidé, pour me déplacer beaucoup plus à l’Est, dans l’arrondissement Ville-Marie, à la lisière du centre-ville et de HoMa.
Dernières attaches à ces lieux qui ont vu passer une personne que je ne suis plus vraiment. Bientôt, ces attaches cèderont.
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L’empaquetage avance et Belle met la main à la pâte (ou à la boîte!), elle aussi. Ils sont fous ces chats!






