Archive for juin, 2008

Un peu de zenitude

juin 11, 2008 - 8:30 5 Comments

Après le travail, je me suis dirigée vers la pharmacie qui se trouve à mi-chemin entre ce lieu qui me sert de gagne-pain [de préférence non blanc!] et mon domicile. Évidemment, la pseudo-cosméticienne qui me met toujours en rogne car elle me fait constamment perdre mon temps en répondant des inepties lorsque je la questionne, à réprimander les cosméticiennes plus jeunes ou à me rapporter quelque fausseté sur un produit de beauté [Hé madame la cosméticienne-je-me-prends-pour-Lise-Watier! Qui croyez-vous duper ainsi? L'addict des cosmétiques que je suis en connais bien souvent BEAUCOUP plus long que vous!] a encore une fois réussi à m’ennuyer profondément. Et inévitablement, je me suis retrouvée avec un bus me filant sous le nez pour avoir trop écouté des transcendantes sornettes [presque] pleines de sagesse sur l’usage de la carte Air Miles.

Je me suis donc résolue à parcourir à pied le reste du trajet. En chemin, je me suis arrêtée devant un endroit que je croise souvent, sans y avoir jamais vraiment porté attention: Mandala Spa Urbain.

En pénétrant dans ce lieu à l’ambiance feutrée, mes tracas ont immédiatement fait place à une curiosité plutôt zen. Ce spa urbain est un véritable antre de zenitude en plein coeur de la mocheté d’une rue commerçante (et, pour être franche, assez malfamée à certains endroits) du Sud-Ouest. Telle une aire de bien-être fort inattendue et singulière dans cette zone pas particulièrement attirante de l’île de Montréal, le Mandala Spa Urbain s’ouvre d’abord sur un salon de thé au design épuré et reposant. Le visiteur est accueilli par le son discret et relaxant d’une fontaine.

En m’approchant du comptoir, une souriante demoiselle s’est empressée de répondre à mes questions avec la plus grande courtoisie. Judith, de son prénom, je crois. Il s’agit d’une massothérapeutre qui étudie en herboristerie. Elle personnifie à elle seule la juxtaposition des deux univers qui anime ce lieu à la fois herboristerie (par le biais de tisanes ou de produits de soins naturels) et spa. Un intéressant sanctuaire holistique pour apaiser non seulement le corps, mais aussi l’âme.

La jeune femme a pris le temps de m’expliquer les vertus de certaines tisanes herbales biologiques, m’a présenté leur gamme de produits pour le visage et le corps, m’a fait visiter la section spa, superbement aménagée, m’a entretenue des divers services offerts (massages,  soins faciaux, esthétique, cours et forfaits). J’y suis restée en tout quarante minutes, éblouie comme sous l’effet d’un puissant euphorisant.

En ressortant, j’étais charmée (et délestée d’une vingtaine de dollars, prix très raisonnable pour trois sachets de tisane d’environ 30 grammes chaque et une teinture herbale de la compagnie la Clé des Champs, également distribuée dans ce spa urbain). Mon esprit avait totalement occulté toute tension - j’avais même totalement oublié que je venais de rater un second autobus. Comment ai-je pu ignorer si longtemps l’existence de ce lieu, qui a ouvert ses portes en septembre 2007?

Il ne fait aucun doute que je me payerai un soin ou un cours de yoga plus tard au cours de l’été!

***
Mandala Spa Urbain
6255, boul. Monk Montréal H4E 3H8
514.769.6789
(à quelques minutes de marche de la station de métro Monk)
***
Et pour ceux et celles qui se questionnent, le symbole chinois ci-haut signifie “zen”.

Duo d’enfer

juin 10, 2008 - 9:57 No Comments

Avez-vous déjà trouvé que votre couple s’apparente à un couple célèbre? Entretenez-vous une liaison princière à la Charles et Diana? Vous avez peut-être des airs de durs à cuire comme Bonnie et Clyde? Ou bien votre union des plus convergentes [hé hé hé] est digne du duo Péladeau-Snyder?

Pour notre part, chéri et moi sommes nuls autres que…

Kif et Amy de Futurama!

C’est ce que nous avons tous deux constaté il y a quelques jours, en visionnant un épisode de Futurama - une amusante série animée qui me plaît énormément!

Certes, je n’ai rien d’une jolie martienne asiatique et chéri n’a ni le teint verdâtre ni un corps exempt de matière osseuse. Il s’avère cependant que nos personnalités se rapprochent quelque peu de ces personnages fictifs. Chéri est un être sensible et doté d’un côté romantique, alors qu’à l’instar d’Amy, j’ai une nature un peu plus égocentrique et un tantinet superficielle.

Mais, Dieu merci, chéri n’a pas pour supérieur hiérarchique un Zapp Brannigan version 2008. :D

Marmottes et cie

juin 7, 2008 - 11:02 6 Comments

Les gens qui me connaissent en personne ou qui ont lu mon ancien blogue le savent sûrement: j’ai une fixation sur les marmottes, qui semblent me suivre partout où je vais. [Ça se soigne, ce genre de trouble psychologique, docteur?]

En effet, depuis la fin du printemps 2007, j’ai l’impression d’en voir à tout bout de champ. Au travail, notre installation se trouve entourée d’une immense zone de verdure, endroit propice à l’établissement de toutes ces adorables bestioles poilues dévoreuses de plates bandes. Depuis l’an passé, donc, j’ai l’honneur de croiser assez régulièrement Paris la marmotte (baptisée ainsi, car nous la pourchassions avec nos caméras et nos cellulaires, tels des paparazzi traquant Paris Hilton), qui n’hésite pas à venir me saluer devant ma porte d’entrée. D’ailleurs, cette année, elle s’est creusée un tunnel menant directement à la dalle de béton qui permet d’accéder au bâtiment:

Futée, Paris la marmotte.

Et coquine, aussi. Car la semaine dernière, j’ai aperçu une autre rongeur près d’un de nos hangars, beaucoup plus petit que Paris (enfin, petit, c’est relatif, vous verrez) - un rejeton, sans doute.

Elles sont partout, ces marmottes. Quand je vais faire mon jogging le long du Canal Lachine, j’en rencontre chaque fois une bonne demi-douzaine. Y a-t-il prolifération depuis un an ou deux? Ou alors est-ce un dérèglement cérébral qui me pousse à les multiplier mentalement? ;)

Hier, quelle ne fut pas ma joie en constatant que je n’étais (peut-être) pas aussi folle que j’en ai l’air, en visionnant un reportage du Téléjournal de 18h, dans le cadre de la fin de semaine du Grand Prix de F1 à Montréal. Pas que je sois particulièrement intéressée par les nouvelles du sport. Non. Mais on y mentionnait que plusieurs rongeurs rôdent autour de la piste et certains spécimens téméraires ont même eu l’audace de se joindre aux pilotes sur le circuit de course.

Anecdote cocasse: le pilote Lewis Hamilton a cru qu’il s’agissait non pas de marmottes, mais de castors! :D

Ma patience a des limites

juin 6, 2008 - 11:21 2 Comments

Ahhhh. Le service à la clientèle.

Tous ont, un jour ou l’autre, eu affaire à cette bête noire qui contribue à pourrir l’existence d’honnêtes gens qui ne demandent qu’à bénéficier que de quelques instants de répit à l’heure du repas du soir, ou simplement en leur pourrissant l’existence tout court. Et pourtant, il serait si simple de servir un client de la manière la plus courtoise qui soit. J’ai travaillé avec le public toute ma vie et il me semble ne jamais avoir été aussi incompétente et ramollie du cervelet que, euh, ne donnons qu’un seul exemple, le plus banal hein, tiens disons, euh, Bell Canada? Comme ça, hein. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, n’est-ce pas?

Petit récapitulatif.

Lorsque j’ai emménagé avec moi-même, ma conscience et mes chats, en novembre, j’ai - évidemment et vitalement - eu besoin d’une connexion internet. Nécessité élémentaire, au même titre que la nourriture, le chocolat, le vin et autres plaisirs lubriques. Ahem. Le café, évidemment.

Seulement, une pas très heureuse complication a surgi après quelques coups de téléphone infructueux auprès d’une compagnie tout à fait concurrente et qui, au moins(!) m’envoyait des techniciens ayant des traits physiques communs avec Jonathan Painchaud.

En effet, je vis dans une zone industrielle. Mais non, je n’ai tout de même pas élu domicile au beau milieu de l’autoroute (quoique, à bien y penser…). J’habite dans un loft, tout en haut d’un édifice qui abrite une compagnie de construction. Ici, à part les camions, les mecs tous barbouillés de poussière et les bus remplis d’ouvriers hispanophones, nulle âme qui vive. Et surtout pas de service internet autre que Bell. Car, de toutes façons, Bell n’a plus d’âme, elle l’a sans doute vendue au diable.

Mes expériences passées avec cette compagnie m’ont laissé un goût amer dans la bouche. Notamment près m’être fait dire en 2005, lors d’un séjour de quelques mois à l’étranger - et une moi qui voulait donner signe de vie à un conjoint de l’époque, en vain, car l’ancien détenteur de ce numéro ne désirait pas recevoir d’appels à frais virés, - qu’il fallait débourser quelque 75$ pour faire modifier un changement effectué par un ancien usager de ce numéro. Ma réponse fut celle-ci: Et bien allez paître paisiblement dans la prairie de vos frais bidons, mes amis, car moi, j’utiliserai Skype pour toute la durée de mon séjour de l’autre côté de l’Atlantique. Et vlan dans le dentier.

Toutefois, en novembre, j’ai dû, malgré moi, opter pour une ligne sèche via le service Sympatico de Bell, étant donné qu’il s’agissait de l’unique service offert dans mon secteur. Après moult problèmes et plusieurs appels logés aux agents du service technique - qui, soit-dit en passant, croient que toutes les femmes sont de blondes demeurées qui n’arrivent pas à brancher un fil correctement - on a finalement daigné m’envoyer un technicien à la maison (et pour une raison qui m’échappe, c’est un agent anglophone de niveau 2, en pleine conversation avec un autre client, lors d’une journée ou les transferts téléphoniques merdaient royalement chez Bell, qui a finalement eu pitié de mes doléances d’internetomane en cure de désintox forcée). Et le technicien, qui s’est avoué lui-même puissamment incommodé par le service à la clientèle de la compagnie qui lui verse pourtant ses honoraires, a finalement corrigé la situation. Alléluia.

Les mois ont passés. J’appréhendais déjà l’annulation de ce service, à la veille d’un déménagement prochain - et putain, non, pas l’ombre d’une seule boîte à l’horizon, elles attendent toutes gentiment dans le portique que je les garnisse de babioles les plus diverses.

J’avais drôlement raison de craindre cette étape fatale et douloureuse (peut-être encore plus qu’une visite chez le dentiste).

D’une part, pourquoi je tombe constamment sur des agents aux accents acadiens indéchiffrables? Loin de moi l’idée de dénigrer les personnes issues de ce peuple coloré et au passé riche. Toutefois, j’avoue sans détour avoir le plus grand mal du monde à les comprendre lorsqu’ils s’expriment. Et pourtant, malgré mon handicap auditif, ou peut-être grâce à ce handicap, je suis dotée d’une écoute exceptionnelle - je fais un énorme effort pour prêter attention aux paroles de mes interlocuteurs. Cependant, lorsque j’ai le malheur de contacter un des services téléphoniques chez Bell, je tombe immanquablement, une fois sur deux, sur un agent doté d’une telle élocution pittoresque et je me vois dans l’obligation de lui demander de répéter une bonne partie des indications qu’il tente de me transmettre. Pas par faute d’avoir essayé de le comprendre.

D’autre part, pourquoi ai-je toujours l’impression que chez Bell, on me raconte n’importe quoi? Foutaise et refoutaise. On ne sait jamais trop bien quoi répondre à mes questions alors on m’invente les bobards les plus honteux (et honte sur moi qui veut bien croire ces insanités à chaque fois). Est-ce trop dégradant d’admettre qu’on ne détient pas la réponse?

De plus, comment se fait-il que je sois transférée, en moyenne, à trois, quatre ou cinq services distincts avant qu’on puisse répondre à ma requête faire semblant de saisir toute la profondeur philosophique de ma question et répliquer quelque bêtise? Pourquoi dois-je absolument perdre 30 à 50 minutes de ma précieuse existence? J’ai fichtrement envie de faire comme Homer Simpson dans un épisode des Simpsons récemment visionné et mettre moi-même la compagnie “en attente” en entonnant des airs saugrenus (si quelqu’un trouve une video de cette séquence issue de la saison 15 ( Co-Dependent’s Day), prière de me transmettre le lien!! C’est hilarant!).

Résultat - je me retrouve avec un tas de pénalités à défrayer parce que je me désabonne de ce (non-)service internet. Mais ce départ est quasi jouissif. Oh, ouiiiiii.

***

Suis-je damnée à ce point, qu’un agent de Bell me harcèle au moins 2 fois par semaine au travail, désirant s’entretenir avec le patron, le gestionnaire, le propriétaire, le type, là là, qui gère l’entreprise (allô, c’est UNE directrice?! Informez-vous, au moins, bordel de merde!), au sujet de je ne sais quoi d’extrêmement avantageux (il me semble, cependant qu’avantageux et Bell n’ont aucun lien de parenté possible, mais bon, que sais-je). Pouvez-vous croire que j’ai reçu 2 appels en l’espace d’à peine 2 heures aujourd’hui, alors que j’ai très gracieusement répondu au premier préposé que LA directrice brillait par son absence en ce charmant 6 juin?

Soupir.

Gin tonic, concombre et… un gros bof

juin 4, 2008 - 7:40 6 Comments

J’ai terminé la lecture de Gin tonique et concombre de Rafaële Germain il y a quelques jours. J’avoue l’avoir acheté sur un total coup de tête. Le premier roman de l’auteure, Soutien-gorge rose et veston noir, m’a plu et a probablement catalysé mon envie de me procurer ce livre. Plutôt prévisible et malgré tout charmant, Soutien-gorge rose et veston noir a l’étoffe d’un roman féminin attachant. Qui donne envie d’acheter les autres bébés dont la romancière accouchera éventuellement, quoi.

En quelques mots (des mots pas du tout biaisés *ahem*), Gin tonic et concombre raconte l’histoire d’une jeune femme prénommée Marine, arborant un début-trentaine prétendument torturé (disons seulement que les héroïnes de romans ne sont pas toutes aux prises avec les mêmes dilemmes existentiels…). Marine est une de ces banales créatures encore tellement ado, empêtrée dans cette sempiternelle recherche de l’amour, enfouie sous une peur de l’engagement et de je ne sais quoi encore, peut-être d’un peu trop d’alcool et plus sûrement d’amitiés homme-femme toujours complexes et souvent ambiguës, qui dans la vraie vie aurait tôt fait de se désagréger comme l’émail de mes dents.

Ce roman m’a soutiré de gros soupirs d’exaspération. De gros gros soupirs. L’auteure est carrément tombée dans le déjà vu. Non, le déjà lu.

Je m’étais peut-être fait des attentes trop élevées. Le style de ce roman est tellement ordinaire et les rebondissements si absents de tout, euh, rebondissement, que lorsque j’ai refermé le bouquin, j’ai eu l’impression d’avoir été victime d’une atroce machination. D’avoir cédé à un coup de marketing trop bien ficelé.

Suis-je une lectrice à ce point exigeante? Je m’avoue très ouvertement movie snob, serais-je maintenant devenue adepte de lectures si sophistiquées? Pourtant, non. Il m’arrive d’apprécier un roman léger à l’ombre d’un arbre par une (rarissime) journée de congé l’été, notamment certaines œuvres appartenant à ce récent courant littéraire qu’est la chick litt, je dévore la plupart des magazines féminins et je suis parfois même totalement absorbée par un récit pour enfant (j’ai dû lire au moins une douzaine de fois la série de la Comtesse de Ségur ces vingt dernières années). Mais là, bof et re-bof.

L’auteure ne réinvente absolument pas la roue. Ce roman divertira sûrement la blasée en vous durant d’interminables trajets de métro, mais ne suscitera guère plus de sentiments. Et il ne donne pas vraiment envie de lire un éventuel autre bébé mal nourri de ladite auteure…

[Chiâlage gratuit, mais ô combien bienfaiteur]

Par surcroît, je commence à en avoir soupé de ces historiettes d’éternelles célibataires aux jobs tellement palpitants, au rythme de vie complètement déluré, dont les copinages impossibles procurent des pages et des pages de verbiage résolument ringard, alternant relations amoureuses époustouflantes et fiascos houleux. Vous savez, les ramassis d’aventures abracadabrantes d’adultes qui refusent de vieillir. Dans le genre, il y a certes quelques excellentes exceptions, à savoir le fort plaisant Bridget Jones, puis il y a, euh, attendez… euh. Bridget Jones?

À quand des romans qui relatent la vie d’une presque trentenaire qui s’échine quotidiennement à gagner sa vie et à abhorrer presque passionnément le lundi, embrigadée dans un emploi qui l’a choisie plus qu’elle ne l’a réellement choisi, toujours archi-exténuée lorsque arrive enfin le week-end et qui, malgré sa supposée jeunesse pimpante, n’a absolument pas envie de festoyer le mercredi soir puisqu’elle doit s’extirper de ses draps le lendemain alors que l’astre solaire n’a même pas encore daigné se lever et dont le principal passe-temps se résume à tenter de dormir parce qu’elle est bien trop fatiguée, de toutes façons, pour accomplir quoi que ce soit d’autre.

Certes, j’en conviens, ce synopsis n’a rien d’époustouflant à première vue. Je demeure cependant assez convaincue de pouvoir écrire une histoire totalement désopilante et/ou captivante, même si l’héroïne principale mène une vie irrémédiablement insipide. La preuve: ma vie a parfois (souvent) des airs de tranches de fromage Kraft (aplatie, au goût plus que douteux et de piètre qualité), et pourtant j’arrive à faire rigoler les gens en racontant les aléas de mon existence de salariée geignarde et d’incomprise chronique.

[/Chiâlage gratuit, mais ô combien bienfaiteur]

Bon, tant pis pour Gin tonic et concombre, auquel je préfère Vin rouge et roman de Jardin. ;) Prochaine critique: Chaque femme est un roman, d’Alexandre Jardin, dont la lecture est déjà nettement plus inspirante (mais je l’avoue, je suis assez vendue à cet auteur aussi brillant qu’égocentrique).