Il y a quelques jours, j’ai terminé la lecture d’un livre qui s’intitule Je n’aurai pas le temps. Non, il n’y est absolument pas question des aléas de la vie d’un étudiant en fin de semestre dont les révisions sont bousculées par de fausses alertes, mais de l’autobiographie de l’astrophysicien Hubert Reeves.

J’ai toujours été étrangement fascinée par ce gaillard à la barbe blanche et à la verve brillante. La science est une discipline souvent rebutante pour les esprits moins cartésiens comme le mien. Toutefois, Reeves nous la fait découvrir comme s’il s’agissait toujours d’une histoire, simple, fluide, avec cette indéfectible passion  et une puissante étincelle qui transperce son regard rieur.  Grand communicateur et vulgarisateur, Hubert Reeves a ce don presque inné pour la transmission d’idées.

Dans Je n’aurai pas le temps, dont le titre est tiré d’une chanson de Michel Fugain, l’auteur relate différentes tranches de sa vie, son enfance, ses études, son parcours scientifique, les êtres qui l’ont inspiré, ses  nombreux projets et ses voyages. Il aborde en outre divers sujets qui ont marqué son existence, notamment la religion, la nature et la musique. Ce que j’apprécie tout particulièrement chez cet homme, c’est son caractère: Reeves possède un esprit vif, malgré son grand âge, ainsi qu’une incomparable ouverture sur le monde et une curiosité sans bornes. J’admire également son attachement à la culture et aux arts. Le savant barbu n’a rien de ce scientifique borné, hermétique, qui n’en a rien à cirer des arts. Au contraire, tout est propice à  la découverte. Je me désole en constatant que le monde contient trop peu d’êtres à son image…

À l’instar de bon nombre d’autobiographies, le lecteur a un peu droit à de l’autocongratulation et certaines données factuelles ou historiques qui lui échappent, mais le scientifique nous fait aussi part de ses échecs et de ses faiblesses. J’ai été assez étonnée d’apprendre qu’un homme de son calibre ait traversé une période assez sombre, qui l’a poussé jusqu’à douter de la vie.

On y découvre véritablement un être curieux et sensible qui, dans ses mémoires, se livre tel qu’il est. Je n’aurai pas le temps est le récit d’une vie intéressante, jalonnée de rencontres et découvertes qui auront façonné un homme d’une grandeur insoupçonnée.

Je n’aurai pas le temps, paru aux Éditions du Seuil, collection « Science ouverte », Paris, en avril 2008.

This entry was posted on Samedi, décembre 13th, 2008 at 10:49 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

2 Responses to “Je n’aurai pas le temps”

sounie Says:

eh bien j’avoue que je trouve ce bonhomme passionnant, il a réussi à me passionner, moi, pour les choses scientifiques et crois-moi, c’est un challenge !!!

Blogueuse cornue Says:

Sounie: Je crois que c’est dans sa façon de voir les choses et de les expliquer qu’il nous rapproche des sciences! :)

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