Le Père Noël N’est PAS une ordure
Depuis plusieurs années, il semblerait que la mode soit au Christmas “bashing”, si vous me permettez l’expression un peu surfaite suite aux embrouillaminis électoraux des dernières semaines. Soyons in, imitons le Schtroumpf grognon et haïssons Noël tous en choeur!
Et bien, voyez-vous, moi, ça ne m’atteint pas. Peu m’importe, dans le fond, de n’être pas du tout en vogue. D’ailleurs, comme je le mentionnais il y a quelques semaines dans un commentaire rédigé chez une compatriote blogueuse, en ce qui concerne Noël et tout le tralala, j’ai conservé mon pétillant regard d’enfant.
Je peux très bien comprendre que cette fête soit synonyme de souvenirs douloureux pour certains, de déchirements familiaux pour d’autres. Mais il y a également tout un lot d’individus qui nourrissent un ressentiment envers cette période de l’année pour différents motifs exagérément engraissés (de farce et de sauce aux canneberges, probablement). Fête trop commerciale, trop traditionnelle, trop infantilisante, trop tout ceci et tout cela.
Tant pis pour tous ces scrooges. Personnellement, je n’adhère pas à ce mode de pensée. Noël évoque réellement pour moi un sentiment de joie pure, notamment lorsque je me remémore ce souvenir encore très vif dans ma mémoire:
J’étais toute jeune, encore à l’école primaire. Début décembre, mon pépé Épiphane partait à l’assaut des boîtes de décorations de Noël dans le hangar encombré d’antiquailleries, d’objets disparates et d’adorables mulots (ma mère ne les trouvait pas le moindrement adorables, allez savoir pourquoi!
). Alors qu’il gravitait l’escalier de fer forgé avec l’immense boîte contenant le sapin de Noël, ma soeur et moi sautillions sur place, trop contentes de renouer avec ce conifère artificiel incarnant pour nous un authentique moment de bonheur domestique. Ma mère, soeurette et moi, nous nous affairions à assembler toutes les branches du sapin. Le procédé était assez simple, chaque branche étant marquée à la base d’un point de couleur assorti à une autre trace colorée figurant sur le tronc de l’arbre. Nous débutions par les branches les plus touffues, qui étaient insérées en bas, jusqu’à en arriver au sommet, dont l’extrémité était, tous les ans, invariablement dressée par notre mère, vu la hauteur du conifère synthétique. Nous sortions également nos fameux disques de Noël, remisés en janvier de la même année. Je me souviens d’ailleurs de celui où les chansons de Noël étaient interprétées par de *légendaires* artistes québécois tels que Michèle Richard, Fernand Gignac, Nathalie Simard, Johnny Farago et autres divas de la musique populaire. Le classique, quoi. Je me rappelle notamment de la pochette hideuse avec les photographies desdits artistes, arborant un look résolument seventies-eighties. [Parenthèse] Oh mon Dieu. Je ne peux pas croire que je puisse avouer au monde entier avoir eu en ma possession des disques de vinyle durant mon enfance. Ouch. Mon nom est Blogueuse Cornue, je suis née en 1980 et j’ai joué à Boulder Dash sur le Commodore 64 durant ma tendre jeunesse. Fin de la thérapie collective. [/Parenthèse] Une fois toutes les décorations savamment posées sur notre gigantesque sapin, s’ensuivait inévitablement THE débat de l’année. En effet, à tout coup, après avoir longuement argumenté avec ma soeur sur la nécessité PRIMORDIALE de décorer même l’arrière du sapin malgré le fait que personne ne le verrait, je finissais par faire à ma tête et enjolivait même le piquant postérieur de notre illustre arbre de Noël. Car, même à cette époque reculée de mon existence, je ne faisais pas les choses à moitié! De toutes façons, à ce stade, ma soeur n’avait souvent plus très envie d’agrémenter les branches du sapin et posait les boules métalliques et autres pères Noël kitschs un peu n’importe comment. Une fois que tout ce charivari hétéroclite ornait définitivement l’arbre, je me portais volontaire pour assembler la crèche sous le sapin. Tous les ans, je positionnais les personnages selon une mise en scène différente. Il m’est même arrivé, une année, dans un éclair artistique des plus fous, de placer le plus petit mouton sur la cime de la crèche.
Par la suite, nous éteignions toutes les lumières de notre demeure pour ne laisser que celles du sapin illuminer le salon. Bien calées dans le fauteuil, nous entonnions des airs de Noël, couvrant de nos voix les chants qui claironnaient de notre tourne-disque.
Voilà ce à quoi je pense lorsque décembre est à nos portes.
Pas de déchirements, pas de course folle dans les centres commerciaux, pas de relations haineuses, pas d’embrouilles. Juste une soirée paisible avec deux des personnes qui me sont les plus chères sur terre!
Les choses se sont certes quelque peu compliquées avec les années, mais pas tant que ça. Pas au point de faire comme tout adulte “digne” de ce nom et abhorrer à jamais ces festivités parées de rouge et de vert. Les adultes sont trop souvent de grands enfants gâtés, qui rendent les leurs, à leur tour, trop capricieux. Ils en oublient les modestes plaisirs qui font pourtant beaucoup de bien. Partager discussion chaleureuse, thé et pointe de tarte citronnée avec sa grand-mère (tiens, c’est justement ce que j’ai fait il y a deux semaines), confectionner des biscuits fleurant bon les épices, offrir une pensée sincère à un être aimé, chanter (faux) des cantiques de Noël dans une foule pas le moindrement pieuse à l’église par un glacial 24 décembre, transmettre un rhume à tous ceux que l’on embrasse gaiement au traditionnel dîner de Noël, se régaler de plats cuisinés avec amour par des proches et ainsi de suite.
Tant pis si je suis out. Je m’assume. J’assume ma propension à apprécier sincèrement toutes ces célébrations familiales. Et la fameuse tourtière de ma grand-mère, sans laquelle Noël ne serait jamais vraiment Noël.
J’assume également mes plaisirs coupables du temps de Fêtes, en l’occurrence tous ces films abominablement quétaines mais dont je ne me lasse jamais… Je vous laisse d’ailleurs sur un extrait du CLASSIQUE des classiques quétaines de Noël (tiens, il faudrait bien que je l’ajoute à ma collection de DVD un de ces jours!).

décembre 21st, 2008 at 0:13
Je fais partie de la gang qui aime encore Noël.
En plus d’être responsable de décorer le grand 7 pieds de mes parents en bas, je me suis acheté un beau petit sapin de 4 pieds et demi, des lumières, des lumières extérieures, des décorations au Dollaramoune et j’ai décoré mon balcon et mon salon. Je ne suis pas capable de laisser les derrières de sapins vides, un sapin mérite le respect de ne pas se retrouver cul-nul! Pour le balcon, il faut dire qu’en fait, ça fait partie de la déco complète de notre duplex.
Tout ça pour dire que j’adore m’asseoir dans mon divan et regarder les lumières de couleurs qui scintillent dans le froid, simplement éclairée de celles qui sont sur la table de salon à côté de moi. Je ne pourrais pas m’en passer, tout comme je ne peux pas me passer de mes grelots, de mon cerre-tête avec un renne, de mon 10-pack de lumières à piles et de ma guirlande ceinturon lors de ma dernière journée de classe. Ça met de la vie, du bonheur, un sourire. Et c’est tout simple.
décembre 21st, 2008 at 10:24
Dobby: Il faut bien rajouter un peu de magie dans le sérieux de la vie, surtout durant les Fêtes.
Merci d’avoir laissé un commentaire!
décembre 21st, 2008 at 18:18
J’ADORE le temps des Fêtes, moi aussi. Contrairement aux Scrooges stressés que je croise dans le métro depuis le début de cette semaine avec du papier d’emballage dans une main et leur Blackberry dans l’autre, bousculant tout sur leur passage, cette période de l’année fait ressortir le meilleur en moi. Nostalgie, empathie, générosité, naiveté, etc. Je suis même toute excitée aujourd’hui en voyant la tempête parce que ça signifie que nous aurons droit à un véritable Noel blanc! Youppi!
Pour moi, quelqu’un qui est cynique à l’endroit de Noel, c’est un total ”turn-off”. Vraiment, je ne pourrais pas vivre avec quelqu’un pour qui les traditions de Noel ne signifient rien.
décembre 23rd, 2008 at 13:09
Chanceuse d’avoir eu un moment précieux avec ta Grand-mère, moi je n’accepte pas encore que cela ne m’arrivera plus jamais, temps des fêtes ou pas.
Ca va faire 5 ans en avril qu’elle est partie.
Je pense sérieusement qu’il ya rien de pire que ne pas avoir été là lors de son départ, même si elle m’a halluciné en infimiere, pour elle tout le monde était là, finalement c’est ca l’important. De savoir que peu importe ce qui arrive on ne se perd pas en pensées peu importe la distance.Bon ca suffit les yeux me coulent.
décembre 24th, 2008 at 11:35
Blogueuse Furieuse: Exact, les pressés sont légion, mais nous les vaincrons!
Justement hier, j’avais affaire à me rendre au centre-ville et le résultat de ma soirée se résume en quelques mots: le monde est fou! Sérieusement, les gens en sont agressifs alors que leur coeur devrait être plein de joie et de p’tits lutins verts. Chez Winners, j’attendais bien sagement au comptoir des bijoux et la vendeuse était en train de faire une dépression nerveuse avec tous ces clients qui s’adressaient à elle de manière brutale. Lorsqu’elle m’a servie, elle a presque parue soulagée. Oui, j’ai attendu longtemps avant d’être servie, mais il y avait beaucoup de clients et elle était seule au comptoir. J’ai tout de même usé de gentillesse envers elle! J’ai déjà travaillé dans un magasin durant la période des Fêtes alors je comprends tout à fait sa situation!
Élise: Tu as raison. Une personne, même si elle n’est pas auprès de nous, demeure dans notre coeur et nos pensées! C’est le cas de mon grand-père qui est décédé il y a bientôt 17 ans…
décembre 24th, 2008 at 15:15
Cornue et Furieuse: Effectivement, il y a plein de gens complètement à côté de la track dans leur attitude. Il y a 24 jours avant Npël au mois de décembre, et à part quelques trucs de dernière minute, il est possible de rester zen en planifiant un peu. Et, si on ne l’a pas fait, ce n’est pas la faute des autres ni celle des employés des magasins. En plus d’être très gentille et calme avec ceux-ci, j’ai développé une autre tactique envers les chiâleux de grand chemin qui attendent derrière. Il m’arrive parfois de lancer une phrase calme, gentille et surtout ôôôôôôô combien pleine de vérité accompagnée d,un grand sourire et d’une oeillade bienveillante à la filée derrière. Bon, quand il s’agit d’un Grinch à la puissance 10 qui ne comprend rien ni cu cul ni de la tête, je me me gêne pas non plus pour être moins diplomate, toujours avec un sourire par contre. Ça fait la job avec un Joyeux Nowel Bonne Année!
La seule place où je ne peux pas faire ça c’est en conduisant… Dieu que là aussi c’est fou!!! Faut avoir de la patience pour les 10 tapons qui en ont pas et qui font des trucs à la limite dangereux…. Dans ce cas-ci, seule la technique des Super Wipper de Cacane Tirebotte est efficace être dans sa bulle imaginitive en se croyant dans la féérie de Nowel).
Allez, joyeux Noël à toutes et tous!
décembre 26th, 2008 at 21:04
Dobby: Joyeux Noël à toi aussi!
Les fous furieux des centres d’achats ont tendance à finir par me rendre agressive moi aussi… Je pense qu’ils sont trop remplis d’ondes négatives et qu’ils contaminent tous ceux qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin!