As-tu une pièce d’identité?
Ma journée de travail fut raccourcie pour cause d’invasion microbienne. Ayant au préalable réglé tous les “oh-merde-c’est-lundi”, j’ai décidé de partir plus tôt pour éviter d’avoir l’air d’un cyborg sans émotions derrière mon écran d’ordinateur. Toutefois, je devais d’abord me rendre au Casino de Montréal histoire de tirer profit d’un certificat-cadeau qui arrivait à échéance… aujourd’hui même.
Petite visite rapido-presto du côté de la ligne jaune du métro. Depuis sa création, je crois m’être rendue au casino tout au plus cinq fois, aussi je connais très peu l’emplacement des différentes sections de l’établissement. À mon arrivée, le souffle court pour cause de toux intempestive, j’ai demandé à un agent de sécurité à l’accueil comment je pouvais me rendre à la boutique du casino. Ce dernier m’a regardé, amusé.
- Je vais t’expliquer tout ça une fois que tu auras déposé ton manteau au vestiaire.
Ah. Je me suis exécutée et je suis revenue vers le type qui me toisait de la tête aux pieds. J’avais la vague impression qu’il s’adressait à moi comme à une gamine, me tutoyant gros comme le bras et ne semblant vraisemblablement pas me prendre au sérieux. Et ce genre d’attitude m’insulte quelque peu - comme la fois où un vendeur de la SAQ m’a presque renvoyé du revers de la main alors que je m’apprêtais à acheter une luxueuse bouteille de porto pour chéri, se fiant probablement à mon apparence d’éternelle échevelée en veste de coton ouaté. Bref. L’employé du casino affichait le même air un brin condescendant.
- As-tu une pièce d’identité avec toi?
Bon. Je veux bien croire que j’arborais aujourd’hui un look vestimentaire à mille lieux de la femme de carrière (pensez superposition de tissus et d’accessoires noirs et mauves) et une coiffure juvénile, mais sa conduite m’a laissée un peu perplexe.
Je lui ai donc tendu ma carte d’assurance maladie (je suis native de février 1980, moi, môssieur), qu’il a longuement observée, sans toutefois se défaire de son sourire narquois.
- Alors, Émilie, pour te rendre à la boutique ……. bla bla bla.
De quatre choses l’une:
1) Ou bien il a vraiment cru que je voulais pénétrer “illégalement” dans ce lieu de perdition;
2) Ou alors il voulait tout bonnement se payer ma tête;
3) Ou il souhaitait connaître mon nom, raison pour laquelle il m’a donné les indications après m’avoir appelée par mon prénom;
3) Ou encore c’est que je paraissais excessivement suspecte. Ouain, en y songeant bien… Vous en connaissez beaucoup de jeunes femmes qui font des visites éclairs à la boutique du casino en plein milieu de l’après-midi, alors que la place fourmille de vieux et de paumés en tout genre, qui perdent temps et argent dans les machines à sous?
Il s’agit là d’un mystère qui ne sera jamais résolu.

janvier 19th, 2009 at 22:17
Moi, c’est plutôt le contraire. Je ne me fais plus carter depuis mes 17 ans. J’ai une barbe trop forte.
janvier 19th, 2009 at 22:26
Thierry B.: À 17 ans, je paraissais plus vieille. À vrai dire, on me croyait parfois majeure alors que je n’avais que 14 ans et dans mon cas, c’est probablement parce que j’ai toujours été très grande.
Mais la tendance est inversée depuis 2-3 ans! Généralement, c’est flatteur… Je n’aime pas trop lorsque la situation fait en sorte qu’on ne me prenne pas au sérieux par contre!
janvier 19th, 2009 at 22:34
Ben oui on est allés au Casino pour notre souper des fêtes au travail et ils nous ont cartés moi et mon chum… je l’ai pris en riant, étant fière de mon coup YES J’AI L’AIR JEUNE!!!
Mais une fois en dedans tu réalises que leur filtrage n’est que de la poudre aux yeux au cas où un inspecteur viendrait faire son tour… as tu vu la délicieuse qualité vestimentaire moyenne des gens qui passent des heures aux machines???
GOD DAMN!!!
On est loin du temps classy…
Jeans, casquettes, bas brun et gougounes, en veux tu en vla!
janvier 19th, 2009 at 22:45
Willa: Je me demande s’ils ont opté pour la même politique qu’à la SAQ… du moment où ils trouvent que la personne a l’air d’avoir 25 ans ou moins, on exige une pièce d’identité.
Concernant la qualité vestimentaire des gens qui fréquentent le casino, je suis entièrement d’accord. Les premiers temps, une tenue vestimentaire appropriée était exigée. Maintenant, on a l’impression d’avoir sous les yeux un épisode grandeur nature de la série Les Bougons…
janvier 19th, 2009 at 22:49
Moi je dis qu’il devait surtout prendre son petit pouvoir au sérieux, non ? Moi je me fais tout le temps carter, et je dois dire que, souvent, ça me fout un coup sur l’amour propre… se faire parler comme à une gamine n’est pas plaisant…
janvier 20th, 2009 at 6:22
Je vois que je ne suis pas la seule à m’être trouvée dans la même situation (le collège c’est par là ! et moi : et ho, je suis au lycée ! et paf on montre sa carte : c’est râlant). Faire 10 ans de moins c’est pas mal mais les gens ont du mal à te prendre au sérieux. C’est frustrant… jusqu’au jour où ils se rendent compte que t’avais raison (et là tu te pavanes). On vit dans une société où tout est lié sur l’apparence. C’est banal de le dire, mais c’est hélas une évidence. Ce qui me fait rire, c’est après le “tu” vient le “vous” et la gêne visible de l’interlocuteur.
janvier 20th, 2009 at 9:15
Y’a l’air pas mal ego trip! lol Tu penses que ce soit possible que la réponse soit en fait un mélange de toutes ces possibilités?! xD À la limite, il devait être content de voir de la jeunesse sur son shift de l’âge d’or! lol
janvier 20th, 2009 at 20:19
Tu aurais du voir la face de mon copain quand on est entrés, lui tenait mordicus à porter son veston cravate… hihihi
Il ne me croyait pas quand je lui disais que notre Casino était aussi… Bougon style!
janvier 20th, 2009 at 22:11
Même problème de mon côté… J’avais 16 ans et je ne me faisais pas carter, même que ma cousine de 6 ans (je vous laisse compter la différence d’âge…) passait pour ma fille.
Me voilà avec 10 ans de plus et je dois toujours avoir mes cartes. Ça ne me dérange pas trop, même si je trouve ça drôle de voir des gens avoir du mal à calculer si j’ai l’âge légal avec une année de naissance 82…
janvier 21st, 2009 at 1:15
Une Fille & La Toile: Il s’agissait sûrement aussi d’un petit “power trip” de sa part. Je n’avais pas vraiment le choix de passer par lui, d’autant plus que je ne savais strictement pas comment me rendre à la boutique.
Concernant l’amour-propre, disons que tout dépend de la façon dont on se fait carter. Il m’est arrivé une histoire semblable lorsque je suis allée acheter des bouteilles de vin en mai l’an passé. Mais cette fois, la dame a été très courtoise et après, lorsqu’elle s’est rendue compte de mon âge réel, a gentiment blagué à ce sujet.
Intrépide: Exactement, l’apparence joue beaucoup dans notre rapport aux autres. Un jeune nous paraîtra toujours moins “apte” à faire certaines choses, alors que ce n’est pas obligatoirement vrai.
Cynthia: Hum, probablement. Il a dû se dire que je devais avoir plus d’humour que les habituels groupes de l’âge d’or. Sérieusement, je n’avais pas le moindre lien ni de près, ni de loin avec la faune particulière qui sévissait au casino à cette heure-là. Le seul autre jeune que j’ai croisé (et il semblait vraiment plus jeune que moi) était vraisemblablement avec sa mère, sa grand-mère ou sa sugar mammy.
Willa: Les casinos ne sont pas tous comme ça… Mais celui de Montréal a pris un virage assez drastique. On se croirait par moments à la taverne du coin!
Jessica: C’est souvent le monde à l’envers, aussi. Jeune, on aime passer pour plus vieux et plus tard, c’est plutôt l’inverse qui est vrai. Généralement, quand on me donne 24-25 ans, je ne réplique pas… Et je ne me presse pas pour dire la vérité!
janvier 22nd, 2009 at 11:27
Il voulait connaître ton prénom pour mieux t’expliquer :p bon ok, il a voulu te faire flipper avant pour voir si t’étais pas euh une voleuse ou autre ^^voire même si t’avais pas une fausse carte d’identité rhalalala!!!! Il est peut-être agent double en tout cas, tu n’as rien, c’est tout ce qui compte:P
janvier 22nd, 2009 at 16:57
mmmmmmmmmmmmmmm … lui, il voulais tout savoir sur toi
janvier 23rd, 2009 at 21:11
La Pingouine: Peut-être il était effectivement agent double et qu’il me prenait pour une vilaine espionne russe, qui sais!
Sounie: Ahh, maintenant il sait mon nom, ma date de naissance et mon numéro de carte d’assurance-maladie… que d’informations passionnantes!