École buissonnière

février 7, 2009 - 11:08

Ou plutôt boulot buissonnier.

Depuis quelques temps, j’ai recommencé à me lever outrageusement tôt le matin, afin d’être à la station de métro Jolicoeur avant 7h50, car à partir de ce moment, prendre l’autobus en direction du travail relève de la mission impossible.

Jeudi matin, je suis donc partie de chez moi vers 6h40, dans un froid glacial et un jour qui se levait à peine. À une heure aussi matinale, la fréquence des passages du métro laisse à désirer. Lorsque les coquets wagons d’un bleu rétro-kitsch ont enfin daigné faire leur apparition, un message en provenance de Voix-de-Cacanne a gentiment avisé les usagers que le service était interrompu pour une durée indéterminée entre les stations Lionel-Groulx et Angrignon. Eh, merde. Tout juste là où je devais me rendre. Et j’habite à peu près au milieu de la section comprise entre Berri-UQAM et Honoré-Beaugrand, alors autant dire que la STM devrait me verser une ristourne pour le si bon usage que je fais quotidiennement de la ligne verte. :-P

Mais je n’étais pas au bout de mes peines. Voix-de-Cacanne s’est fait entendre une, deux, trois fois, sans jamais évoquer l’heure de la reprise du service. Louche. Seule explication, une panne de service nous oblige à interrompre blablablablabla.

À Lionel-Groulx, rien à faire. Nous avons dû évacuer les wagons. Cette fois-ci, Voix-de-Cacanne a mentionné un “bris mécanique”. Ah, ben. Méchant bris, mes amis. Des policiers et des superviseurs de la STM nous ont carrément ordonné de quitter le quai et d’aller faire la queue dehors, histoire de prendre un bus spécial qui longerait le parcours de la ligne verte vers l’ouest. Évidemment, une fois à l’extérieur, nulle trace d’un quelconque autobus. Les travailleurs, écoliers et autres badauds se sont entassés, ont maugréé, ont gelé, et toujours pas d’autobus.

Après avoir longuement patienté, j’ai dû me résigner à rebrousser chemin. Primo, j’avais l’impression d’attendre la résurrection d’Elvis, ou tout autre événement qui ne risquait pas de se produire à l’instant même devant mes yeux ensommeillés. Secundo, la faim me tenaillait férocement l’estomac et je devais absolument me nourrir pour éviter de défaillir au beau milieu d’une foule de Montréalais pressés et légèrement moins contents que la madame de Wal Mart.

Alors, tant qu’à attendre indéfiniment que Super Employé de la STM arrive à la rescousse d’un métro en panne, bondé et frôlant le chaos, j’ai décidé de bouder la ligne verte. L’objet de mon cocufiage: la ligne orange, en direction de la station Mont-Royal.  À quelque pas de la station, je suis allée me régaler d’une superbe assiette (m’enfin, son contenu) et d’un bol de café au lait au Caffè Art Java.  Puis, à peine quelques minutes après m’être attablée, j’ai reçu, coup sur coup, des messages textes de deux collègues éducatrices qui me suppliaient de les remplacer pour l’après-midi, car elles étaient toutes deux fort mal en point. Ce à quoi j’ai répondu qu’elles devaient contacter directement le CPE parce que j’étais moi-même dans une bien fâcheuse situation. Car, nous le savons, tremper des fruits frais dans du chocolat pur est effectivement la plus fâcheuse des situations! :D

[Ce qui me porte à me demander... Elles ont "callé malade" via SMS. Doit-on alors dire "texter malade"? :D ]

Une fois ma panse bien remplie, j’ai mis le cap sur Berri-UQAM. Là, le chaos. Encore plus chaotique qu’à Lionel-Groulx. Le service était maintenant perturbé sur l’entièreté de la ligne en direction ouest (évidemment, heh!). Il devait y avoir des milliers de gens entassés près de la rame de métro, que des policiers tentaient de faire reculer par précaution. Puis, ma bonne alliée, Voix-de-Cacanne, s’est prononcée à nouveau sur le sort réservé à nous, humbles usagers en proie à une lassitude qui augmentait de minutes en minutes: nous n’allions pas pouvoir mettre à profit nos 68, 50$ bien investis avant 9h30.

Il devait être à peine plus de 9h00. À ce moment-là, j’ai jeté un regard panoramique sur la foule comprimée en masse grouillante et gueularde et j’ai lâché, assez fort pour que mes voisins m’entendent: forget it. Avec tous ces gens qui faisaient le pied de grue le long de la rame dénuée de tout métro, toutes ces stations bloquées depuis au moins 7h00, il aurait probablement fallu que j’attende un métro, un autobus ou, accessoirement, l’invention de la téléportation jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Comme mourir n’était pas une option, j’ai fait le chemin inverse et je suis retournée à la maison.  À mon retour, il était environ 9h40. Trois heures plus tard, j’étais revenue à la case départ en m’étant rendue guère plus loin que les environs du métro Lionel-Groulx.

5 Responses to “École buissonnière”

  1. Dobby Says:

    Et pendant ce temps, j’attendais un autobus qui se rendait à une station spécifique dans la zone maudite Angrignon Lionel-Groulx pour pouvoir me rendre à l’école où je suppléais… Évidemment, la fameuse école ne se trouvait pas à cette fameuse station mais bien dnas les 5-6 arrêts suivants mon entrée dans le damnée bus. Ai-je pu entrer? Évidemment que non, la ligne faisait un coin de rue complet! Et, lorsque le serve a repris, que les autobus de service provisoire ont déversé leur peuple à la station où j’étais, eh bien le charmant chauffeur de la ligne que je devait emprunter a décidé d’escamoter mon arrêt en me faisant de grands signes qu’il continuait et n’arrêtait pas pour les 4-5 pauvres bougres qui n’attendaient que LUI pour enfin se rendre à leur destination. Sa raison? Bah, il avait débarqué ses quelques clients derrière un gros camion-cube stationné juste derrière la zone réservée aux bus, vu que celle-ci était pleine d’un provisoire. Et c’est de notre faute il paraît, étant donné qu’on aurait dû voir à travers le cube qu’il n’était pas pas de la flotte provisoire et on aurait dû aller le rejoindre dans son lointain arrêt. C’est de notre faute si, lorsqu’il a réintégré la circulation, nous dévoilant son précieux numéro de ligne, il nous a passé au nez en nous faisant de grands gestes afin de nous faire comprendre qu’il continuait son chemin et que nous n’avions qu’à prendre le métro vu que le service régulier reprenait. Bref… c’est de ma faute, pauvre imbécile, si à la place d’arriver 5 minutes en retard à l’école je suis arrivée 40 minutes en retard. J’avais juste à prendre le métro et débarquer en plein milieu du tunnel…

    Suis-je assez fru?

  2. Blogueuse cornue Says:

    Dobby: Tu parles d’une histoire! Je trouve que le chauffeur en question a manqué de respect, comme c’est fréquemment le cas. Il en avait peut-être sa claque, soit, mais comment pouvait-il s’attendre à ce que toi et les autres usagers devinent qu’il était là? Je comprends parfaitement ta frustration!

  3. Guill Says:

    C’est l’avantage de rester dans un village. Personne ne se suicide devant nos calèches, à l’heure de pointe. Calèches qui portent les numéros 800, 801 et 802, pour faire accroire que nous avons un grand nombre de circuits…

    Nous pouvons donc tous entrer au travail, à l’heure… Seul désavantage: l’odeur de crottin du moteur de la calèche.

  4. La Pingouine Says:

    rhalala est-ce que ce genre de truc arrive souvent ? :O ça doit être galère quand même mais bon t’as pu manger un bon petit plat et rentrer au chaud chez toi :P

  5. Blogueuse cornue Says:

    Guill: C’est décidé. Je m’achète un cheval! Ce moyen de transport semble beaucoup plus efficace. :P

    La Pingouine: De plus en plus souvent. Le métro de Montréal prend de l’âge et les incidents semblent se multiplier. À quand l’invention de la téléportation?? ;)

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