août 14th, 2008

Ce matin, je me dirigeais nonchalamment vers la station métro à quelques pas de chez moi. Direction Lachine, où j’avais un rendez-vous avec ma très talentueuse coiffeuse.

L’air totalement négligé, cheveux en bataille, une robe noire toute simple, chaussures sport, de gros verres fumés. Juste l’allure d’une fille en vacances, quoi.

Je marchais d’un pas assuré, lorsqu’un bel éphèbe musclé sorti tout droit d’une pub de caleçons Calvin Klein s’arrête net, comme subjugué, et me salue. Incertaine, je continue mon chemin (hein, il ne peut pas vraiment être en train de s’adresser à moi) - jusqu’à ce qu’il fasse quelques pas dans ma direction et me demande mon prénom.

Il doit me prendre pour une autre personne. Ou alors il est complètement perdu. Ou drogué, tiens.

You’re very pretty, you know, a t-il lancé d’un ton affirmé. HEIN? Ce type me semblait plutôt du genre à s’acoquiner avec une bimbo blonde aux formes aguicheuses, pas une grande échevelée pas du tout sortie d’une pub de sous-vêtements Calvin Klein. :D

Bon. Finalement, la mollesse, le manque de fermeté, les rides et tout, ce n’est peut-être pas aussi perceptible que je veux bien le croire.

J’ai tout de même repoussé gentiment les avances d’Adonis, parce que j’ai déjà mis la main sur l’homme parfait (désolée, mesdames, je suis l’heureuse élue!).

Dès aujourd’hui, promis, j’arrête de ressasser la même rengaine, à savoir que la Grande Méchante Décrépitude s’est emparée de moi et que je ressemblerai bientôt à une vieille mémé racornie (v’savez ,celles qui hantent les supermarchés Loblaws en meute assassine)? Promis, juré.

août 11th, 2008

À deux reprises au cours des deux dernières semaines, j’ai eu l’impression d’avoir “effrayé” deux spécimens de la gent masculine.

Lorsque je sors du métro pour me rendre chez moi, j’emprunte une rue très fréquentée. Il m’est récemment arrivé de suivre involontairement deux de ces messieurs qui se dirigeaient sensiblement dans la même direction que moi.  Ces hommes ont dû s’imaginer que je les pourchassais délibérément car tous les deux m’ont lancé des regards furtifs en se retournant prestement en de maintes occasions. Leur démarche paraissait suspicieuse et ils ont accéléré le pas après un court laps de temps.

Je me pose sérieusement la question. Ai-je à ce point une allure de déséquilibrée, de serial killer ou de délinquante sexuelle? :D

La prochaine fois qu’une telle situation se reproduit, j’avancerai encore plus rapidement afin de rattraper ma “proie”, puis je vociférerai le plus gros “bouuuuuuuuuuuuh” dont je suis capable. :D

juillet 25th, 2008

Hier matin, petite visite à la clinique médicale en raison de violents maux de gorge et  de difficultés à déglutir et à avaler.

Deuxième infection à la gorge en deux mois. Et puisqu’il faut parfois engraisser l’industrie pharmaceutique lorsque nécessaire, j’ai hérité d’une prescription d’antibiotiques, non sans avoir au préalable questionné le médecin sur la possible cause de cette infection.

Sûrement peu habitué aux patients qui cherchent à aller au-delà des pilules et des petites granules, le taciturne docteur m’a répondu laconiquement: Plusieurs choses. Le stress. La fatigue. La climatisation.

Le stress: non. Je crois être en mesure de dire qu’en vingt-huit ans et demi d’existence, j’ai atteint un seuil de zenitude jusqu’ici inégalé. Je ne me sens pas particulièrement stressée en ce moment (mesdames et messieurs, marquez d’un gros X rouge vos calendriers - ou vos agendas Blackberry si vous êtes plutôt de type techno).

La fatigue: non plus. J’arrive à dormir à peu près décemment depuis quelques jours. (Lire: je dépasse les 5 heures de sommeil par nuit).

La climatisation: ah! Sûrement. Je dois jongler avec des températures allant d’extrêmement suffocant à suprêmement congelant, au travail comme à la maison.

Même que le doc peu causeur a insisté à deux reprises sur le mot “climatisation”.

Sauf que.

Ironiquement, chaque fois que je vais à cette clinique, je dois m’assurer d’être habillée comme pour aller trinquer à l’hôtel de glace tellement la climatisation est insupportable.

Ahem. Docteur, pourriez-vous réduire la climatisation de votre bureau? Juste un p’tit conseil de mon médecin, comme ça. :D

juin 24th, 2008

C’est juré.

Je ne consommerai plus une seule goutte d’alcool.

*Ahem* Promesse d’ivrogne *Ahem*

J’ai déjà une très, très forte tendance à l’étourderie. La tête en l’air que je suis perd au bas mot une demi-douzaine de parapluies chaque année. Je laisse traîner des parcelles de moi partout où je vais. Et il semblerait que l’alcool aggrave cette détestable manie. C’est ainsi qu’en septembre dernier, j’ai tout bonnement oublié mon coquet parapluie Gap (utilisé à une seule reprise!) au Deux Pierrots, après une soirée arrosée.

Hier encore, je me suis rendue compte une fois sortie du taxi nous ramenant chez chéri que j’y avais abandonné mes toutes nouvelles sandales dotées de vertigineux talons (j’estime que je mesure un beau grand 6′1 lorsque je les porte!!). Ô injuste sort. Je me suis couchée en maugréant contre cette malencontreuse distraction m’ayant dépouillée de ce récent coup de coeur.

Source de la photo: Aldo

Mais - heureusement - pester n’aura servi à rien.

J’ai l’étrange impression que je-ne-sais quel dieu hindou a eu terriblement pitié de mes déconfitures passées et a décidé, depuis peu, de booster mon karma. Car il y a quelques heures, chéri m’a appelé pour m’annoncer que, vraisemblablement, le chauffeur de taxi était revenu et avait déposé mes chaussures sur le pas de sa porte.

Tout va décidément trop bien ces derniers temps.

juin 21st, 2008

Ce soir-là, croquer mon diplôme était le seul geste possible après avoir attendu siiiiiiii longtemps pour monter sur scène. Avec toute la chance inouïe qu’on me connaît, j’ai été la dernière (et non la moindre) de quelque 300 étudiants à recevoir mon diplôme. Alléluia!

juin 18th, 2008

Beaucoup trop souvent, au cours de mon existence d’un peu plus d’un quart de siècle (donc, de presque trentenaire, ouch!!), je me suis persuadée que je n’étais pas douée pour le bonheur. Que je n’étais absolument pas abonnée à la sérénité. Que le jour où la paix intérieure est passée, j’étais absente, hors de ce monde, dans une obscure zone de néant.

À maintes reprises, j’ai eu cette contrariante impression qu’après une courte période de félicité, mon noir karma a toujours cherché à me faire payer pour tout le rose accumulé. Comme si je ne pouvais pas m’accorder le droit au bonheur. Comme si, syndicalement parlant, le noir avait plus d’ancienneté, ne permettant pas au rose de poser le moindre grief.

Pourquoi ne pourrais-je pas être heureuse? Arrêter de m’en faire? Pourquoi est-ce si évident maintenant? Qu’est-ce qui s’est produit entre mes deux oreilles? Est-ce j’ai subitement atteint le nirvana? Le cas échéant, il ne me reste plus qu’à enfiler une robe orangée, me convertir au bouddhisme et devenir la première femme dalaï-lama.

Je sens que, depuis quelques temps, les étoiles se sont alignées en ma faveur. Après une période de turbulences, de naufrage, puis de cap vers une autre vie, après des angoisses à n’en plus finir, c’est en quelque sorte comme si j’avais épuisé ma réserve de stress (que je croyais pourtant inépuisable) et stoppé net cette foutue manie de me tourmenter pour pas grand chose, à bien y penser.

Une foule de circonstances et de dénouements qui font en sorte que je me sente bien, tout simplement.

  • Dans quelques jours, je déménagerai (pour la troisième fois en l’espace d’un peu moins d’un an!) avec chéri. Nouvelle étape que j’accueille à bras ouverts.
  • Je me sens plus zen, même dans des situations potentiellement (ou indubitablement!) stressantes - d’ailleurs, une de mes collègues me l’a fait remarqué cette semaine.
  • J’irai à la cérémonie de la collation des grades demain. Ce n’était pas prévu au programme, la décision fut apparemment prise à la dernière minute par je ne sais quelle instance universitaire (faut croire que tous les domaines d’études ne jouissent pas la même notoriété… m’enfin je n’en ai rien à foutre de la médecine du petit orteil gauche ou de l’ingénierie de Dieu sait quoi) et malgré l’aspect résolument plus symbolique que pratique de cette cérémonie, ce sera en quelque sorte la cerise sur un sundae qui n’a jamais semblé entier à mes yeux. Car je n’ai jamais réellement savouré la fin de mes études (jusqu’à quand?) puisque tout s’est déroulé dans la foulée des événements éprouvants de 2007. Remise du TD fin avril alors que je me bouchais les yeux pour obturer une évidente brèche dans ma vie, réception des résultats fin juillet, au cours d’une période de profonde tourmente et d’ouragan existentiel, bulletin final en septembre alors que je m’efforçais de repartir à neuf  et, finalement, le diplôme en novembre, cette première enveloppe qui m’était adressée à ma nouvelle adresse - la seule à ce jour où j’ai été, justement, seule à cette adresse.
  • Je me suis payée des chaussures absolument superbes pour demain. Puisqu’il faut bien un peu de superficialité fifille pour atteindre le nirvana, tout spirituel qu’il soit. N’importe quelle shopaholic l’affirmera.
  • J’ai reçu en tout près de 1400$ en retour d’impôts - montant auquel je ne m’attendais absolument pas! Le dieu des finances existe bel et bien. (Je me demande s’il est bouddhiste? Parce que bah, tant qu’à adhérer à une autre forme de spiritualité, aussi bien opter pour un culte comportant un dieu des finances aussi généreux.)
  • Je me sens un peu mieux dans ma peau. [Lire : l'impossible est possible.] La preuve: j’ai diminué la quantité de fard derrière lequel je dissimulais une fragilité chronique. J’arrive, entre autres choses, à sortir de chez moi sans me tartiner de fond de teint (résultat: on discerne très nettement mes taches de rousseurs maintenant, mais bon, autant profiter de cette étape “who cares” et me foutre totalement de ces marques qui me redonne des airs d’enfance).
  • À mon grand étonnement, des collègues de travail m’ont remis quelques certificats-cadeaux cet après-midi. Pour me remercier, tout simplement. Parce qu’elles apprécient ma propension à vouloir accomplir cette utopique tâche de rendre tout le monde heureux. J’ai accepté cette pensée la gorge nouée par l’émotion.

Sincèrement, je ne pourrais pas demander plus. À part peut-être un voyage en Europe, une Wii, une énormissime boîte de chocolats belges et une victoire des Italiens à l’Euro 2008.:D

juin 13th, 2008

Branle-bas de combat au travail hier.

Vers 11h05, j’étais à la toilette [comme toutes les fois qu'un désastre quelconque survient - qu'il s'agisse d'une panne d'électricité, d'un tremblement de terre, de la réélection d'un parti qui met en poste des ministres douteux et incapables ou bien, en avion, de turbulences intenses, car je suis forcément maudite par je ne sais quelle divinité aux intentions tordues] lorsque l’alarme de feu a retenti. Fort. Très très fort.

Et, pendant trois quarts de seconde, le doute m’a un assailli. Généralement, je suis au courant lorsqu’il y a des exercices d’évacuation, car duh! je suis celle qui choisit le moment opportun pour effectuer une telle manœuvre, conjointement avec le département de sécurité. Je me suis donc précipitée hors du cagibi qui nous sert de salle du trône. La confusion régnait, d’autant plus que les éducatrices se demandaient s’il s’agissait ou non d’un simple exercice. C’est alors que, me découvrant une fermeté que je ne soupçonnais absolument pas, je me suis mise à diriger prestement tout le monde vers la sortie.

- Let’s go! Tout le monde dehors! Get out of here! Sortez d’ici! Out, out!

M’élançant précipitamment d’un local à l’autre pour m’assurer que tous les groupes se rendaient à l’extérieur tout en suivant la procédure, ma tête a pris le contrôle de mon corps et n’avait qu’un seul et unique objectif: faire en sorte que toute la marmaille et les employées se retrouvent en lieu sûr. Nous nous sommes regroupés sur un terrain avoisinant. Les enfants ont l’habitude de retrouver leurs camarades au point de rencontre lors des exercices qui se déroulent toujours calmement. Cependant, contrairement à l’habitude, une voiture de patrouille de la sécurité du milieu de travail où nous sommes situés est arrivée en trombe, suivie de plusieurs camions débordant de pompiers parés de sexy uniformes. La fébrilité a monté d’un cran. Alors que nos tout-petits étaient subjugués par ces immenses véhicules rutilants qu’ils n’avaient vus jusque là que dans leurs livres d’images, les employées, elles, se pâmaient devant nos héros casqués de jaune.

- Ils vont nous sauver, hein? a demandé une fillette inquiète à son éducatrice, en lui tirant la manche.

Finalement, et fort heureusement, la garderie ne s’est pas transformée en brasiers. Bon, quelques âmes féminines ont probablement flambé, mais c’est une toute autre histoire! ;)

Toute cette horde de pompiers nous a rendu visite pour la simple et bonne raison que dans l’une des salles, le système de climatisation et de chauffage a surchauffé suite à un problème technique. Par contre, puisque je n’ai absolument rien d’une électricienne, je vous épargnerai les détails afin d’éviter de raconter quelque fable risible comme la cosméticienne d’avant-hier. Je vous dirai seulement que cette irrégularité a provoqué une surchauffe excessive du mécanisme interne et le système de détection hypersensible dépistant toute anomalie s’est alors déclenché. Par précaution, les pompiers nous ont enjoint de demeurer à l’extérieur un court moment, le temps qu’ils s’assurent que tout était sécuritaire. Une heure et quelques pompiers plus tard, nous avons tous pu regagner la garderie, encore déboussolés par les événements.

Nos moussaillons, très impressionnables à leur âge, ont été fort marqués par cette aventure. Le petit B. m’a même affirmé ce matin, d’une voix assurée:

- Eille, madame, y’a pas de feu aujourd’hui. Mais si y’a un feu, les pompiers vont revenir, inquiète-toi pas madame! :D

Nul doute que les enfants en ont eu long à raconter à leurs parents hier soir et que les employées ont, euh, sûrement fait de fort jolis rêves… enflammés! :D

Bon, bon, trêve de jeux de mots lubriques. :p

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