août 30th, 2008

Imaginez trois personnes complètement débordées. Sub-mer-gées de travail.

Imaginez maintenant une *ô combien seule* personne prisonnière de cette charge de travail qui aurait normalement suffit à faucher trois travailleurs - mais que cette *ô combien seule* personne a l’immense (dé)plaisir d’effectuer dans l’isolement le plus total.

Imaginez cette seule et même personne aux prises avec des symptômes de stress qui ne trompent pas: spasmes de la paupière gauche, insomnies, raideurs de la nuque et des épaules, irritabilité, palpitations cardiaques, maux d’estomac récalcitrants.

Imaginez ensuite la même personne souffrant d’un SPM dont le degré d’agressivité frôle dangereusement le “ôtez-vous-de-mon-chemin-sans-quoi-je-vous-étrangle-à-mains-nues-sans-préavis”.

Résultat: une Blogueuse Cornue dont les cornes deviennent particulièrement acérées!

J’ai donc préféré m’abstenir momentanément de bloguer, voulant éviter de rédiger un billet profondément odieux  [lire: carrément bitchy] sur Stephen Harper (ah? je l’ai déjà fait?), les bactéries provoquant la mort de mangeurs de viande (virez tofu! le tofu ne tue pas, lui!), le fait que Celiiiiiiine ait reçu un doctorat honorifique (non mais, sérieusement?), ma profonde envie d’apposer sur mon écran d’ordinateur au bureau un Post-It sur lequel j’aurais préalablement écrit I quit au marqueur feutre, les élections fédérales prévues cet automne (ô joie et excitation sans bornes, j’me peux plus!), et mon impérieux désir de m’exiler dans un pays qui ne freine pas la culture.

Comment ai-je réussi à endiguer ce trop-plein d’agitation négative?

Imaginez un vendredi où ladite personne n’a pas à se rendre au travail. Soulagement.

Imaginez ce même vendredi où la même personne a un rendez-vous au comptoir Chanel pour se faire maquiller par un dieu (qui ne joue cependant pas dans la même ligue, mais bon, le spectacle n’en demeure pas moins plaisant pour le regard!). Une heure de pure détente.

Imaginez cette personne qui dégaine sa carte de crédit pour se procurer quelques produits totalement superflus et qui pourtant hausse son moral d’un cran.

Imaginez ensuite cette personne qui se noie dans une séance de ménage digne d’une reine du foyer d’une participante à une émission de téléréalité qui pourrait s’intituler Extreme Cleanup. [Je pourrais faire des sous avec ce concept, vous croyez?]

Résultat: une Blogueuse Cornue nettement plus zen, qui n’a plus envie d’égorger les passants (mais qui a peut-être quand même un peu envie de mettre une baffe à la très honorable (yeah, right) Josée Verner pour son absence flagrante de résistance face aux coupures dans la culture).

juillet 22nd, 2008

(*) Simone de Beauvoir. L’invitée.

Comme le chantait Brel: Mourir cela n’est rien, Mourir la belle affaire, Mais vieillir… ô vieillir.

Je suis terrorisée à l’idée de vieillir.

Et, peut-être est-ce ma paranoïa obsessive, mais il semblerait que la vie me fasse de plus en plus de pieds de nez et ce, sur une base quotidienne. La preuve: vendredi dernier, je faisais un brin de shopping (un très gros brin, disons) et je me suis amourachée (entre autres choses) d’une mini-jupe en jeans style eighties trash punk (ohhh là là, la mode automnale va me coûter cher, je le sens). Toutefois, lorsque j’ai aperçu une pimpante jouvencelle choisissant exactement la même jupe, je me suis pétrifiée sur place. Elle devait avoir 10 ou 12 ans de moins que moi et un corps qui mettra encore bien des années à se flétrir. Je me sentais soudainement très matante, très anachronique, extrêmement décalée. Je n’ai effectivement plus 18 ans et peut-être était-ce tout à fait grotesque de ma part de choisir ce genre de fringues. Et comble de l’ironie, lorsque je suis arrivée au comptoir-caisse, j’ai été frappée par une nette image de ce qu’est une femme qui refuse de vieillir, qui refuse de paraître son âge. À ma droite, une dame mature arborait le look Barbie. De pieds en cap. Teinture trop blonde, jeans hyper moulants, souliers vernis rose fuchsia, avec des talons d’une hauteur quasi scabreuse, pull capuchonné d’un rose criard assorti aux chaussures et sac à main un peu sport-chic qu’elle aura probablement dérobé à sa fille, voire sa petite-fille.

Puis paf.  Je me voyais dans 25, 30 ans avec une apparence aussi risible.

La trentaine qui approche m’angoisse effroyablement. Je vois mon corps qui change depuis environ un an, le stress de 2007 ayant très certainement servi de catalyseur à toutes ces mutations drastiques. Des ridules qui commencent à se dessiner aux creux des yeux. Une peau qui se relâche graduellement. Des yeux pochés en permanence. De légères poignées “d’amour” qui peinent à disparaître. De la cellulite récalcitrante. Des vergetures qui s’étalent dangereusement. De l’excédent de chair ramollie qui commence à pendouiller de mes bras. Des jambes moins bien sculptées. Des seins qui manquent déjà de fermeté (je me sens comme dans la scène du film Charlie’s Angel avec Cameron Diaz qui compare sa poitrine du début de la vingtaine avec celle dont elle est pourvue à 28 ans). Une relative minceur en sursis et une génétique qui me guète du coin de l’oeil, et qui sans doute, d’un moment à l’autre, m’affublera des 20 livres excédentaires qui m’étaient  probablement échues.

Je me rends compte que la vingtaine tire maintenant, et pour de bon, la patte vers l’arrière et que je ne pourrai plus jamais goûter à cet âge où tout est permis. J’ai l’impression d’avoir peu vécu cette période de ma vie, bien trop occupée à exceller dans mes études universitaires. Du jour au lendemain, je me suis réveillée dans une enveloppe corporelle qui avait changée, mais surtout, que je n’avais pas vue changer.

J’imagine qu’il me faudra apprendre à l’apprivoiser… Ou aller de ce pas comparer les lotions antirides à la pharmacie la plus proche. ;)

juillet 8th, 2008

J’ai négligé mon blogue depuis quelques jours, et pour cause: je suis coincée entre quatre boîtes.  Je le jure,  impossible de bouger d’ici. La vérité vraie (si je mens, je vais en enfer serai enrôlée par le parti Conservateur). Aussitôt que j’aurai réussi à m’extirper de ce cartonnage inconfortable, je reviendrai publier de nouveaux billets. Entre temps, y a-t-il un bon Samaritain qui aurait l’amabilité de m’apporter un café?

juin 26th, 2008

(*) Titre tiré de chez Aetheriae noctes. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop de l’emprunt. :)

***

Puuuuuuuuuu capable.

Je fais des boîtes non-stop depuis quelques jours, espérant en vain que le déménagement par téléportation soit inventé d’ici la prochaine fois. Parce que trois déménagements en moins d’un an, ça use considérablement la patience d’une fille, plus particulièrement lorsque cette fille, c’est moi, et que de la patience, elle en possède à peu près autant qu’un édenté a de dents.

Je n’appréhende pas particulièrement le jour J - pardon, le jour D, pour déménagement - en adepte de la zenitude que je suis maintenant devenue. Par contre, j’ai en aversion tout le processus d’empaquetage et de dépaquetage. Et pour cause!! Mon loft a ressemblé au débarquement de Normandie de novembre à mars dernier, des boîtes jonchant le sol, faute de mobilier pour ranger tout ce bazar. Mobilier qui fut, peu à peu acquis (au fil de mes visites chez Ikea ;) ). Puis, après à peine un peu plus de trois mois à vivre dans un lieu décent, exempt de tout air de “j’habite-entre-deux-endroits-mais-pas-trop”, il me faut déjà le revirer complètement sans dessus dessous.

(Remarquez tout de même, Belle, à gauche, d’un calme olympien parmi ce désordre monstre.)

N’empêche qu’il me manquera, mon petit loft, ou, comme certains s’amusent à l’appeler, mon armoire à balais (ou pour les Belges que je salue au passage, mon kot).

Mais bon, puisqu’il faut regarder vers l’avant (car il s’agit manifestement du meilleur moyen de ne pas se casser la figure - si si, vous essaierez de regarder vers l’arrière tout en marchant vers l’avant! :p ), c’est vers cet avant que je me tourne. En route vers un tout nouveau quartier!

juin 6th, 2008

Ahhhh. Le service à la clientèle.

Tous ont, un jour ou l’autre, eu affaire à cette bête noire qui contribue à pourrir l’existence d’honnêtes gens qui ne demandent qu’à bénéficier que de quelques instants de répit à l’heure du repas du soir, ou simplement en leur pourrissant l’existence tout court. Et pourtant, il serait si simple de servir un client de la manière la plus courtoise qui soit. J’ai travaillé avec le public toute ma vie et il me semble ne jamais avoir été aussi incompétente et ramollie du cervelet que, euh, ne donnons qu’un seul exemple, le plus banal hein, tiens disons, euh, Bell Canada? Comme ça, hein. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, n’est-ce pas?

Petit récapitulatif.

Lorsque j’ai emménagé avec moi-même, ma conscience et mes chats, en novembre, j’ai - évidemment et vitalement - eu besoin d’une connexion internet. Nécessité élémentaire, au même titre que la nourriture, le chocolat, le vin et autres plaisirs lubriques. Ahem. Le café, évidemment.

Seulement, une pas très heureuse complication a surgi après quelques coups de téléphone infructueux auprès d’une compagnie tout à fait concurrente et qui, au moins(!) m’envoyait des techniciens ayant des traits physiques communs avec Jonathan Painchaud.

En effet, je vis dans une zone industrielle. Mais non, je n’ai tout de même pas élu domicile au beau milieu de l’autoroute (quoique, à bien y penser…). J’habite dans un loft, tout en haut d’un édifice qui abrite une compagnie de construction. Ici, à part les camions, les mecs tous barbouillés de poussière et les bus remplis d’ouvriers hispanophones, nulle âme qui vive. Et surtout pas de service internet autre que Bell. Car, de toutes façons, Bell n’a plus d’âme, elle l’a sans doute vendue au diable.

Mes expériences passées avec cette compagnie m’ont laissé un goût amer dans la bouche. Notamment près m’être fait dire en 2005, lors d’un séjour de quelques mois à l’étranger - et une moi qui voulait donner signe de vie à un conjoint de l’époque, en vain, car l’ancien détenteur de ce numéro ne désirait pas recevoir d’appels à frais virés, - qu’il fallait débourser quelque 75$ pour faire modifier un changement effectué par un ancien usager de ce numéro. Ma réponse fut celle-ci: Et bien allez paître paisiblement dans la prairie de vos frais bidons, mes amis, car moi, j’utiliserai Skype pour toute la durée de mon séjour de l’autre côté de l’Atlantique. Et vlan dans le dentier.

Toutefois, en novembre, j’ai dû, malgré moi, opter pour une ligne sèche via le service Sympatico de Bell, étant donné qu’il s’agissait de l’unique service offert dans mon secteur. Après moult problèmes et plusieurs appels logés aux agents du service technique - qui, soit-dit en passant, croient que toutes les femmes sont de blondes demeurées qui n’arrivent pas à brancher un fil correctement - on a finalement daigné m’envoyer un technicien à la maison (et pour une raison qui m’échappe, c’est un agent anglophone de niveau 2, en pleine conversation avec un autre client, lors d’une journée ou les transferts téléphoniques merdaient royalement chez Bell, qui a finalement eu pitié de mes doléances d’internetomane en cure de désintox forcée). Et le technicien, qui s’est avoué lui-même puissamment incommodé par le service à la clientèle de la compagnie qui lui verse pourtant ses honoraires, a finalement corrigé la situation. Alléluia.

Les mois ont passés. J’appréhendais déjà l’annulation de ce service, à la veille d’un déménagement prochain - et putain, non, pas l’ombre d’une seule boîte à l’horizon, elles attendent toutes gentiment dans le portique que je les garnisse de babioles les plus diverses.

J’avais drôlement raison de craindre cette étape fatale et douloureuse (peut-être encore plus qu’une visite chez le dentiste).

D’une part, pourquoi je tombe constamment sur des agents aux accents acadiens indéchiffrables? Loin de moi l’idée de dénigrer les personnes issues de ce peuple coloré et au passé riche. Toutefois, j’avoue sans détour avoir le plus grand mal du monde à les comprendre lorsqu’ils s’expriment. Et pourtant, malgré mon handicap auditif, ou peut-être grâce à ce handicap, je suis dotée d’une écoute exceptionnelle - je fais un énorme effort pour prêter attention aux paroles de mes interlocuteurs. Cependant, lorsque j’ai le malheur de contacter un des services téléphoniques chez Bell, je tombe immanquablement, une fois sur deux, sur un agent doté d’une telle élocution pittoresque et je me vois dans l’obligation de lui demander de répéter une bonne partie des indications qu’il tente de me transmettre. Pas par faute d’avoir essayé de le comprendre.

D’autre part, pourquoi ai-je toujours l’impression que chez Bell, on me raconte n’importe quoi? Foutaise et refoutaise. On ne sait jamais trop bien quoi répondre à mes questions alors on m’invente les bobards les plus honteux (et honte sur moi qui veut bien croire ces insanités à chaque fois). Est-ce trop dégradant d’admettre qu’on ne détient pas la réponse?

De plus, comment se fait-il que je sois transférée, en moyenne, à trois, quatre ou cinq services distincts avant qu’on puisse répondre à ma requête faire semblant de saisir toute la profondeur philosophique de ma question et répliquer quelque bêtise? Pourquoi dois-je absolument perdre 30 à 50 minutes de ma précieuse existence? J’ai fichtrement envie de faire comme Homer Simpson dans un épisode des Simpsons récemment visionné et mettre moi-même la compagnie “en attente” en entonnant des airs saugrenus (si quelqu’un trouve une video de cette séquence issue de la saison 15 ( Co-Dependent’s Day), prière de me transmettre le lien!! C’est hilarant!).

Résultat - je me retrouve avec un tas de pénalités à défrayer parce que je me désabonne de ce (non-)service internet. Mais ce départ est quasi jouissif. Oh, ouiiiiii.

***

Suis-je damnée à ce point, qu’un agent de Bell me harcèle au moins 2 fois par semaine au travail, désirant s’entretenir avec le patron, le gestionnaire, le propriétaire, le type, là là, qui gère l’entreprise (allô, c’est UNE directrice?! Informez-vous, au moins, bordel de merde!), au sujet de je ne sais quoi d’extrêmement avantageux (il me semble, cependant qu’avantageux et Bell n’ont aucun lien de parenté possible, mais bon, que sais-je). Pouvez-vous croire que j’ai reçu 2 appels en l’espace d’à peine 2 heures aujourd’hui, alors que j’ai très gracieusement répondu au premier préposé que LA directrice brillait par son absence en ce charmant 6 juin?

Soupir.

mai 20th, 2008

Nul besoin de suivre une thérapie pour vivre un rebirth.

En décembre dernier, j’ai souhaité recommencer à bloguer de manière plus constante, ayant enfin accès à une connexion internet décente. Et cet épanchement virtuel me manquait.

Toutefois, peu de temps après avoir évoqué la possibilité de revenir à mes billets, l’inadmissible est survenu, m’ôtant tout désir de ressasser mes pensées sur un blogue qui évoquait mon passé. En décembre dernier, j’ai été confrontée à un injuste et ô combien douloureux non-choix - il m’a fallu faire euthanasier ma princesse noire et blanche, ma Vénus. Encore si jeune et pourtant si souffrante.

Un billet rédigé le lendemain de ce triste jour m’est resté en travers de la gorge. Je ne me suis jamais autorisée à appuyer sur la touche “publier”, comme si par ce geste j’admettais son départ. Vivre un deuil n’a jamais été une mince affaire pour la plupart d’entre nous, j’imagine. En ce qui me concerne, accepter la mort m’est difficile, extrêmement et amèrement difficile. Comme si la perte d’un être cher ou même d’un animal de compagnie m’afflige d’une blessure dont je ne me remets jamais vraiment. Dont je n’accepte pas de me remettre, par peur d’un je ne sais quoi. D’oublier, peut-être…

C’est ainsi que le 15 décembre 2007, l’injuste mais inexorable fragilité de la vie m’a gifflée en plein visage, me laissant imprégnée d’une odieuse mélancolie. Comme un dernier clou refermant à jamais le cercueil de l’année 2007 qui m’avait donné plus que ma part de situations et décisions oppressantes. Depuis ce malheureux événement, je n’avais plus le cœur à continuer d’alimenter ce blogue qui représentait en quelque sorte une ancienne moi avec trop de démons en flottement.

Une ancienne moi qu’il me fallait reprofiler. Pas une moi à occulter, pas une moi à oublier. Car l’oubli n’est jamais une solution. Ou un leurre si temporaire. Tôt ou tard, mes démons encore trop présents seraient revenus me hanter.

L’envie de bloguer me titillait de plus en plus l’esprit et les doigts. Mon clavier n’attendait que cet instant pour que ses touches soient à nouveau animées (sauf le g et le q qui font des siennes depuis quelques jours!!). Mais je sentais aussi qu’il me fallait prendre un tout nouveau départ. Alors tant qu’à changer, j’ai adopté un tout nouveau look. Un lifting total. C’est ainsi que j’ai opté, en guise de titre, pour le sous-titre de mon ancien blogue. Élucubrations d’une blogueuse cornue. Voilà. Adieu, Chroniques d’un blog annoncé.

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