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Informations sans saveur

novembre 11, 2010 - 9:10 No Comments

J’ai été vivement interpellée par un texte du journal Le Devoir cette semaine: Questions d’image - Mauvaises nouvelles, de Jean-Jacques Stréliski. Un excellent papier. Avec lequel je suis on ne peut plus d’accord.

Dans cet article, que j’ai commenté sur Twitter le 9 novembre dernier, il est entre autres question d’un problème grandissant depuis quelques années : les bulletins de nouvelles ne nous informent plus. C’est la vision de Stréliski, que je partage en tous points.  Ce matin, j’ai également ajouté l’article sur Facebook en y joignant ce commentaire : « Journaux télévisés qui deviennent un ramassis de n’importe quoi et de résultats sportifs ». Car c’est exactement ce vers quoi ils tendent à l’heure actuelle. Du blabla. Des images-chocs. Du sensationnalisme à outrance. Et toujours trop de nouvelles au sujet d’un certain club de hockey qui a un peu trop la faveur des médias montréalais.

Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne regarde plus le Téléjournal. Je me contente de puiser dans l’actualité des journaux sur le web. Car, là, au moins, il m’est possible de choisir de lire les nouvelles qui m’intéressent et de faire abstraction de cette quantité d’informations inintéressantes. Résultats sportifs? Rien à cirer. Ragots sur une quelconque célébrité ou un personnage public? M’en fiche éperdument, tout comme je me fiche de connaître le nom du coiffeur de Stephen Harper. Prises de vue captant d’horribles amoncellements de cadavres lors de telle ou telle catastrophe? Un peu de retenue, je vous prie.

Merci, le web, de m’offrir du contenu de qualité, de l’actualité culturelle à la tonne, des analyses rigoureuses et surtout, surtout, le pouvoir de cliquer là où je veux sans avoir à endurer un verbiage convenu qui n’a rien de transcendant.

Le “terrorisme” scolaire

février 25, 2009 - 12:56 10 Comments

L’intimidation. Le sujet de l’heure. Et pourtant une forme de violence qui remonte aux temps de Mathusalem.

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On ne m’a jamais battue ou rouée de coups à l’école. On ne m’a jamais attendue à la fin des classes pour me soutirer de l’argent sous la menace d’un canif. Faut dire qu’au secondaire, je fréquentais  une école bien, moi. Un milieu soi-disant “correct”: une école internationale, une institution de bollés en uniformes. Et c’est bien connu, des bollés, ça ne se tape pas dessus.

Toutefois, dans ces écoles d’élèves talentueux, certains manient les armes psychologiques avec une rare méchanceté.  Dans mon cas, plutôt qu’être victime de taloches, j’ai plutôt subi quatre années de harcèlement psychologique. Une forme de violence insidieuse et souvent invisible aux yeux des gens qui nous entourent. Peu en sont vraiment conscients et personne ne la dénonce vraiment.  Ou à peine. Ou si peu.

Lorsque j’étais adolescente, toutes les raisons semblaient propices à la moquerie. J’avais de très bonnes notes, j’étais studieuse, tranquille,  gentille (voire un peu bonasse) et je n’avais absolument pas confiance en moi. Zéro. Nada. Niet. Pas la moindre once d’estime personnelle. On tournait au ridicule le fait que je sois malentendante, que je porte des appareils auditifs et que je prononce moins aisément certaines sonorités. On se raillait de mon physique: j’étais moche, boutonneuse, sans être grosse j’avais certainement quelques kilos en trop, un nez proéminent, des mollets de nageuse allemande, une poitrine fort peu féminine, une pilosité plus prononcée que la moyenne.  On me débitait un tas de grossièretés étant donné que je provenais d’une famille religieuse et que je me rendais à l’église tous les week-ends, parce que je n’avais pas de père, que je n’étais pas sportive mais que j’excellais plutôt dans les concours d’écriture, que je m’entendais bien avec certains profs (chouchou!), que ma mère me laissait rarement accompagner mes  quelques camarades à la sortie des classes ou les jours de congé, que je n’écoutais pas tel ou tel groupe musical en vogue, que je n’arborais pas la coupe de cheveux dernier cri, que je parlais mal anglais, qu’à la cafétéria,  je préférais les aliments santé au fast-food, que je m’impliquais dans des activités artistiques mais presque jamais dans les activités sociales, parce que durant les vacances d’été j’étais plus encline à correspondre avec des jeunes de partout autour du globe plutôt que me balader à vélo, que mon sac d’école n’était pas aussi à la mode que la bande la plus populaire du bahut, et tutti quanti. On a versé du jus dans mon repas le midi, on m’a lancé des trucs gluants dans les cheveux, on a fait circuler des rumeurs blessantes à mon sujet, on m’a volé certains effets scolaires, on a gribouillé dans mon agenda, on a projeté mon sac l’autre côté d’une clôture impossible à franchir. Bref, je n’étais évidemment pas cool. Pas cool du tout.  Tout ceci n’était pas que simple taquinerie.

Je les ai toutes entendues, les moqueries. Certains profs en ont été témoins et n’ont jamais levé le petit doigt. Je me suis déjà écroulée en pleurs en pleine classe et l’enseignante, totalement dépassée, n’a pas su quoi faire. Et, lorsque je tentais de répliquer à ces nigauds, ils me ridiculisaient doublement.  Alors à quoi bon me défendre, hein? Je n’étais pas de taille à affronter toute cette médisance, toute cette cruauté adolescente.

Un jour, cependant, j’ai pété une coche. C’était vers la fin de mes années de disgrâce. J’ai solidement tabassé une fille dans le bus, après qu’elle se soit moquée ouvertement de ma soeur et de moi, et qu’elle ait tenté de dérober mon porte-monnaie sous l’oeil railleur des autres jeunes. Mon geste a eu l’effet d’une bombe et la vilaine étudiante s’est ensuite mise à raser les murs lorsqu’elle me croisait dans un corridor. Je croyais qu’à mon retour en classe le lundi, je serais suspendue. J’appréhendais avec mortification le moment où le directeur allait surgir et m’enjoindre de le suivre dans son bureau. Mais la journée a passé et rien de tout cela ne s’est produit. Par la suite, j’ai cru savoir que ladite scélérate avait commencé à manifester une gentillesse hors du commun envers ma soeur. Certains m’ont félicité pour mon “courage”, car cette grosse tête semait sournoisement la terreur par le biais de ses cruelles intentions. Je ne crois pas, cependant, que répondre à la violence par la violence ait été la meilleure des solutions. J’ai eu longtemps honte des gestes posés ce fameux jour de décembre.

Vers la fin du secondaire, ma riposte à toute cette merde a été, plutôt que d’accepter de cadrer dans cet environnement malsain et faire comme tout le monde, de ressortir encore plus du lot. Looks extravagants et couleurs capillaires farfelues. Au moins, tous ces mauvais plaisantins auraient de la chair à gruger sur l’os.

J’ai commencé à croire que les gens, foncièrement méchants, ne méritaient pas ma confiance.

J’ai décidé de rejeter avant d’être rejetée.

J’ai choisi de n’avoir que très peu d’amis pour éviter de jouer constamment à la victime, à celle qui culpabilise constamment même quand elle n’est pas fautive, à cet objet utilitaire que l’on envoie paître après avoir soutiré le  maximum de bénéfices.

J’ai résolu de faire semblant que rien de tout cela ne m’avait jamais vraiment touchée. J’ai mis une croix sur ce passé.

J’en conviens, ce sont probablement toutes de fort mauvaises décisions. Et il s’agit probablement de la raison pour laquelle je suis telle que je suis aujourd’hui. Barricadée dans ma bulle. Pas hyper sociable. Peu à mon aise entourée de visages inconnus. Que j’ai toujours l’impression d’être jugée. Que je n’accepte plus la critique. Que la paranoïa s’empare souvent de mon esprit. Et que oui, parfois, j’ai tendance à “avoir l’air” froide, à avoir l’air seulement, sans l’être réellement, à me forger une carapace qui empêche les autres de m’approcher. Car moins on m’aborde, moins on me tourmente, l’équation va de soi.

Comment remédier à la situation, comment faire en sorte que des victimes d’abus physique ou d’intimidation psychologique mettent fin à leur fardeau et cesse d’évoluer encore et toujours dans le même pattern ostracisant? Je ne détient malheureusement pas la réponse. Pas plus que je crois que l’on puisse avoir une quelquconque influence positive sur le comportement des “méchants” de l’histoire. Des imbéciles, il y en aura toujours. Et des gros bras, des petits caniches qui aboient fort,  des manipulateurs aussi. Il faut croire que la société a besoin de cons pour évoluer, sans quoi la roue tournerait moins bien… Peut-être faudrait-il fournir aux jeunes, et ce dès le plus jeune âge, des outils leur permettant de développer une saine confiance en eux et leur apprenant à  ne pas se laisser marcher sur les pieds. Je vois déjà une amorce de cette manière de penser à la garderie où je travaille. Certaines éducatrices montrent aux enfants à se défendre verbalement lorsqu’une situation leur semble injuste. Mais dans l’immédiat, ni à long terme d’ailleurs, aucune des solutions envisagées par le gouvernement, les commissions scolaires ou autres instances sociales ne viendront enrayer ce fléau.

Et, pendant ce temps, des jeunes disparaissent, se suicident, dépriment.

Ou pas.

Ou demeurent simplement meurtris à jamais, comme tous ces témoignages qui pullulent ces jours-ci dans la blogosphère: elle, lui, lui, elle, lui, elle, lui, elle et sûrement quantités d’autres blogueurs.

Si un jour j’ai des enfants, vous ne m’en voudrez pas de ne pas les blâmer s’ils câlissent un poing sur la gueule de ceux qui oseront les intimider. Parce que, bien que la violence engendre la violence, il y a DÉFINITIVEMENT des claques qui se perdent.

Trois tasses de café par jour éloignent, euh, la poitrine pour toujours?

octobre 24, 2008 - 9:36 19 Comments

Non, je n’ai pas une soudaine obsession pour les seins.

Sein-plement (oh, le jeu de mot prévisible!) qu’après avoir relaté mon expérience s’étant produite dans le métro en 2006 (lire le point 79 de ce billet), puis avoir inspiré un billet à ce sujet, je suis tombée sur un article établissant une corrélation seins-café: Three cups of coffee a day makes breasts shrink - study.

Selon cette étude suédoise, boire trois tasses de café par jour pourrait avoir une incidence sur la taille des seins et chaque tasse additionnelle augmenterait l’effet de “réduction mammaire”.

En contrepartie, certains chercheurs ont également trouvé que la caféine pourrait réduire le risque de cancer du sein.

Est-ce que cette information empêchera la caféinomane que je suis de boire ce délicieux élixir? Ab-so-lu-ment pas! D’ailleurs, j’en suis déjà à ma deuxième tasse et demie!

* La Blogueuse Cornue vérifie si sa poitrine est toujours bien en place *

Oui, pas de soucis! :D

“En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.”

octobre 2, 2008 - 10:26 7 Comments

Le titre fait référence à une citation de Nicolas Machiavel qui est très justement le reflet de la réalité politique actuelle…

***

Ma décision est prise. Le 14 octobre prochain, je voterai pour lui (ohh, quelle coquette chevelure). Le parti comme tel n’a absolument aucune chance de se faire élire et, apparemment, ma nouvelle circonscription est résolument bloquiste. M’en fout. J’ai décidé d’opter pour un homme dont les réalisations sont, ma foi, fort honorables. Car non, je ne voterai pour aucun des partis présentement en lice. Le débat télévisé d’hier n’a fait qu’exacerber mon exaspération face à tous ces idéaux politiques auxquels je ne m’identifie pas.

Stephen Harper, avec ses propos d’une irrévérencieuse fausseté, est l’opprobre du monde politique canadien. Bien qu’il ait amorcé le débat avec un air confiant (et un sourire mièvre, plaqué au visage, qui ne l’a pas quitté de la soirée), il n’a pas réellement marqué de points. Au contraire, ses adversaires s’en sont donné à coeur joie, l’attaquant de toutes parts. Je n’ai pas l’intention de pleurer sur son sort et d’aller fleurir sa tombe.

Par contre, je me surprends presque à avoir trouvé que Stéphane Dion a joué un assez bon match. Son allure très légèrement suspicieuse en début de soirée a rapidement fait place à une assurance qu’on ne lui connaissait guère. Je m’attendais à ce qu’il se fasse piétiner par ses adversaires, mais il n’en est rien. La revanche du “nerd” de la bande, en quelque sorte. S’il n’était pas représentant du Parti libéral, je le trouverais presque attendrissant (au sens figuré, hein!). Malgré tout, son verbiage prétendument progressiste, je n’y crois absolument pas.

Quant à Gilles Duceppe, il ne change pas d’un iota. Quasi inébranlable d’un débat à l’autre. Égal à lui même, il nous a servi hier la même soupe que la dernière fois. Et que celle d’avant. Sauf qu’à attendre trop longtemps, la soupe, elle se refroidit. Et comme l’a admis une de mes collègues anglophones plus tôt aujourd’hui, il y a un je-ne-sais quoi chez cet homme that creeps me out. Bon orateur, convaincant, Duceppe a cependant un penchant un peu “métaphysique-côté obscur-gourou” qui me perturbe. Ma collègue avouait d’ailleurs avoir l’impression que si elle le regardait droit dans les yeux via une des  gigantesques affiches électorales, il allait la brainwasher de manière surnaturelle. :D

Jack Layton, lui, me fait marrer. Il a l’air sympathique, oui. Il n’a cependant pas la trempe d’un leader politique. Je l’imaginerais plutôt  comme un organisateur d’activités sociales. On le croirait toujours sorti d’un 5 à 7, l’air gai et festif. Il vit sur une autre planète, ce gaillard. De plus, certaines des lignes directrices de son programme sont certes louables, mais il les défend plutôt mal. La barrière linguistique, peut-être. N’empêche que Layton ne fait pas très sérieux… Au suivant!

Finalement, écouter les propos en française d’Elizabeth May m’a causé une souffrance auditive à la puissance 10. Le défi était considérable et elle a fait un effort colossal, j’en conviens. Néanmoins, la représentante du Parti vert s’est carrément débattue comme un diable dans l’eau bénite à plusieurs reprises hier soir. Ainsi, les notions abordées durant le débat manquaient le plus souvent de cohérence, faute de logique grammaticale, vraisemblablement. Trop de paroles décousues. Meilleure chance la prochaine fois, Mrs. May.

En terminant, le format “convivial-tous à table” semblait avoir été directement calqué d’une émission à la Jeannette Bertrand. :D