juin 6th, 2008

Ahhhh. Le service à la clientèle.

Tous ont, un jour ou l’autre, eu affaire à cette bête noire qui contribue à pourrir l’existence d’honnêtes gens qui ne demandent qu’à bénéficier que de quelques instants de répit à l’heure du repas du soir, ou simplement en leur pourrissant l’existence tout court. Et pourtant, il serait si simple de servir un client de la manière la plus courtoise qui soit. J’ai travaillé avec le public toute ma vie et il me semble ne jamais avoir été aussi incompétente et ramollie du cervelet que, euh, ne donnons qu’un seul exemple, le plus banal hein, tiens disons, euh, Bell Canada? Comme ça, hein. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, n’est-ce pas?

Petit récapitulatif.

Lorsque j’ai emménagé avec moi-même, ma conscience et mes chats, en novembre, j’ai - évidemment et vitalement - eu besoin d’une connexion internet. Nécessité élémentaire, au même titre que la nourriture, le chocolat, le vin et autres plaisirs lubriques. Ahem. Le café, évidemment.

Seulement, une pas très heureuse complication a surgi après quelques coups de téléphone infructueux auprès d’une compagnie tout à fait concurrente et qui, au moins(!) m’envoyait des techniciens ayant des traits physiques communs avec Jonathan Painchaud.

En effet, je vis dans une zone industrielle. Mais non, je n’ai tout de même pas élu domicile au beau milieu de l’autoroute (quoique, à bien y penser…). J’habite dans un loft, tout en haut d’un édifice qui abrite une compagnie de construction. Ici, à part les camions, les mecs tous barbouillés de poussière et les bus remplis d’ouvriers hispanophones, nulle âme qui vive. Et surtout pas de service internet autre que Bell. Car, de toutes façons, Bell n’a plus d’âme, elle l’a sans doute vendue au diable.

Mes expériences passées avec cette compagnie m’ont laissé un goût amer dans la bouche. Notamment près m’être fait dire en 2005, lors d’un séjour de quelques mois à l’étranger - et une moi qui voulait donner signe de vie à un conjoint de l’époque, en vain, car l’ancien détenteur de ce numéro ne désirait pas recevoir d’appels à frais virés, - qu’il fallait débourser quelque 75$ pour faire modifier un changement effectué par un ancien usager de ce numéro. Ma réponse fut celle-ci: Et bien allez paître paisiblement dans la prairie de vos frais bidons, mes amis, car moi, j’utiliserai Skype pour toute la durée de mon séjour de l’autre côté de l’Atlantique. Et vlan dans le dentier.

Toutefois, en novembre, j’ai dû, malgré moi, opter pour une ligne sèche via le service Sympatico de Bell, étant donné qu’il s’agissait de l’unique service offert dans mon secteur. Après moult problèmes et plusieurs appels logés aux agents du service technique - qui, soit-dit en passant, croient que toutes les femmes sont de blondes demeurées qui n’arrivent pas à brancher un fil correctement - on a finalement daigné m’envoyer un technicien à la maison (et pour une raison qui m’échappe, c’est un agent anglophone de niveau 2, en pleine conversation avec un autre client, lors d’une journée ou les transferts téléphoniques merdaient royalement chez Bell, qui a finalement eu pitié de mes doléances d’internetomane en cure de désintox forcée). Et le technicien, qui s’est avoué lui-même puissamment incommodé par le service à la clientèle de la compagnie qui lui verse pourtant ses honoraires, a finalement corrigé la situation. Alléluia.

Les mois ont passés. J’appréhendais déjà l’annulation de ce service, à la veille d’un déménagement prochain - et putain, non, pas l’ombre d’une seule boîte à l’horizon, elles attendent toutes gentiment dans le portique que je les garnisse de babioles les plus diverses.

J’avais drôlement raison de craindre cette étape fatale et douloureuse (peut-être encore plus qu’une visite chez le dentiste).

D’une part, pourquoi je tombe constamment sur des agents aux accents acadiens indéchiffrables? Loin de moi l’idée de dénigrer les personnes issues de ce peuple coloré et au passé riche. Toutefois, j’avoue sans détour avoir le plus grand mal du monde à les comprendre lorsqu’ils s’expriment. Et pourtant, malgré mon handicap auditif, ou peut-être grâce à ce handicap, je suis dotée d’une écoute exceptionnelle - je fais un énorme effort pour prêter attention aux paroles de mes interlocuteurs. Cependant, lorsque j’ai le malheur de contacter un des services téléphoniques chez Bell, je tombe immanquablement, une fois sur deux, sur un agent doté d’une telle élocution pittoresque et je me vois dans l’obligation de lui demander de répéter une bonne partie des indications qu’il tente de me transmettre. Pas par faute d’avoir essayé de le comprendre.

D’autre part, pourquoi ai-je toujours l’impression que chez Bell, on me raconte n’importe quoi? Foutaise et refoutaise. On ne sait jamais trop bien quoi répondre à mes questions alors on m’invente les bobards les plus honteux (et honte sur moi qui veut bien croire ces insanités à chaque fois). Est-ce trop dégradant d’admettre qu’on ne détient pas la réponse?

De plus, comment se fait-il que je sois transférée, en moyenne, à trois, quatre ou cinq services distincts avant qu’on puisse répondre à ma requête faire semblant de saisir toute la profondeur philosophique de ma question et répliquer quelque bêtise? Pourquoi dois-je absolument perdre 30 à 50 minutes de ma précieuse existence? J’ai fichtrement envie de faire comme Homer Simpson dans un épisode des Simpsons récemment visionné et mettre moi-même la compagnie “en attente” en entonnant des airs saugrenus (si quelqu’un trouve une video de cette séquence issue de la saison 15 ( Co-Dependent’s Day), prière de me transmettre le lien!! C’est hilarant!).

Résultat - je me retrouve avec un tas de pénalités à défrayer parce que je me désabonne de ce (non-)service internet. Mais ce départ est quasi jouissif. Oh, ouiiiiii.

***

Suis-je damnée à ce point, qu’un agent de Bell me harcèle au moins 2 fois par semaine au travail, désirant s’entretenir avec le patron, le gestionnaire, le propriétaire, le type, là là, qui gère l’entreprise (allô, c’est UNE directrice?! Informez-vous, au moins, bordel de merde!), au sujet de je ne sais quoi d’extrêmement avantageux (il me semble, cependant qu’avantageux et Bell n’ont aucun lien de parenté possible, mais bon, que sais-je). Pouvez-vous croire que j’ai reçu 2 appels en l’espace d’à peine 2 heures aujourd’hui, alors que j’ai très gracieusement répondu au premier préposé que LA directrice brillait par son absence en ce charmant 6 juin?

Soupir.

  • Élucubrations du jour

  • Élucubrations périmées

  • Non, il ne neige pas toujours à Montréal

  • Méta