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Livres à gogo

avril 26, 2009 - 7:32 5 Comments

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C’est hier que débutait le Solde de livres 2009 des Amis des bibliothèques de Montréal, qui se tiendra jusqu’au week-end prochain.

Armée de deux grand sacs recyclables et d’une patience à toute épreuve, j’ai fait la file pendant 75 minutes avant d’avoir accès à la patinoire de l’aréna Étienne-Desmarteau qui s’était transformée en grand bazar pour l’occasion. Une fois enfin franchies les portes de la vaste patinoire, j’ai passé environ 45 minutes à débrouissailler les tables en quête de bouquins intéressants. Je cherchais notamment des livres traitant d’art et de culture.

J’en suis ressortie avec:

  • Le 4e tome de Ma vie comme rivière, récit autobiographique de Simonne Monet-Chartrand. Une des oeuvres les plus inspirantes que j’aie lue. J’étais enchantée d’avoir mis la main dessus! Il me faudra maintenant trouver les 3 premiers volets.
  • Deux ouvrages traitant de muséologie, provenant du Musée de la Civilisation: L’éclairage dans les institutions muséales et Musées et gestion.
  • Londres, le guide, de Charlie Godfrey-Faussett (2001). Une de mes prochaines destinations, lorsque cesseront mes soucis financiers et ma quête de l’emploi idéal.
  • Boris Vian, la poursuite de la vie totale par Henri Baudin.
  • Histoire des arts décoratifs d’Henry de Morant. Il date un peu (1970), mais semble regorger d’informations  et d’images intéressantes.
  • Non pas un, mais deux livres sur Brel!! Joie et allégresse! Jacques Brel par Joëlle Monserrat et Jacques Brel de A à Z par Gilles Lhote.
  • Yves Montand d’Henri Veyvrier. Un peu abîmé pour avoir été mouillé, sans doute, mais contient de nombreuses (et fort belles ) photos en noir et blanc.
  • Cher Docteur G de Philippe Geluck. Rempli d’humour.
  • Comprendre l’esthétique, un petit traité qui répond à diverses questions entourant l’esthétique en art.
  • Un seul roman, Un secret de Philippe Grimbert. Choisi totalement au hasard.
  • La Popessa, parce que j’avais envie de connaître son histoire (à force de déguster des plats de pâtes au restaurant qui porte le même nom, j’imagine ;) ).
  • Et j’ai fait une  razzia parmi  les petits ouvrages de la collection Que Sais-Je?: La grèce moderne, les civilisations précolombiennes, la céramique grecque, la littérature symboliste, la peinture espagnole, la littérature française de la Renaissance, les institutions politiques de l’Afrique noire, technique de l’urbanisme, la psychologie de l’enfant, les écrivains français d’aujourd’hui, histoire des États-Unis, la photographie.

À noter: lors du paiement, les bénévoles remettaient aux clients un coupon-rabais de 5$ pour tout achat effectué les 2 et 3 mai.

Chercheurs de bouquins, soyez avertis: les tables foissonnent d’ouvrages, bons et moins bons. Prévoyez suffisamment de temps pour ne pas rentrer bredouille. Car il vous faudra user de votre oeil de lynx pour dénicher la perle rare!

Chaos calme: Chroniques d’une douleur inexistante

janvier 19, 2009 - 7:49 1 Comment

Il y a quelques jours, j’ai terminé le roman Chaos calme de Sandro Veronesi, que j’avais commencé il y a plusieurs mois déjà, mais que j’avais laissé de côté, entrecoupant la lecture de cet ouvrage avec d’autres bouquins, comme il m’arrive souvent de le faire lorsque je ne suis pas complètement happée par la trame d’une histoire.  Disons que Chaos calme appartient à cette catégorie de livres qui ne s’absorbent pas nécessairement d’une traite, parce que, trop calmes, justement. La narration n’a rien d’ennuyeux, au contraire. Plutôt inattendue, l’évolution du récit se vit comme un feuilleton qui se laisse “mijoter”, si j’ose dire. Inutile d’attaquer l’histoire comme s’il s’agissait d’un long-métrage, vaut mieux l’aborder à la petite semaine. ;)

Dans Chaos calme, l’auteur relate l’histoire de Pietro Palladini, milanais d’origine romaine, la quarantaine, bossant dans l’industrie télévisuelle. Alors que son frère et lui tentent de rescaper deux dames sur le point de se noyer, Lara, la conjointe de Pietro, périt accidentellement. Le sauvetage d’une étrangère survient simultanément avec la mort tragique de l’être aimée… De quoi plonger quiconque dans le remord absolu. Mais il n’en est rien. Pietro et sa fillette de dix ans ne ressentent vraisemblablement pas la douleur de perdre une femme et une mère. Ils ne vont pas mal. L’intangible deuil qui est le leur ne provoque ni crise de larme ni neurasthénie.

Contre toute attente, le quadragénaire décide plutôt d’attendre que les signes d’une affliction, anticipée par tous (parce que supposément normale), se manifestent. Et il attend et attend, en vain. Soucieux du bien-être de sa fille, il se poste devant l’école que fréquente la gamine. D’autant plus que l’atmosphère du bureau n’a rien de très gai et que les rumeurs de fusion vont bon train. Dès lors, il ne remettra plus les pieds au bureau et vaquera à ses occupations quotidiennes à l’intérieur de sa voiture ou au café du square. Cette audace que d’aucuns jugent comme farfelue surprend proches et collègues, qui voient dans ce geste un cri de désespoir. Mais il n’en est rien. Pietro ne vient pas à bout de ressentir ne serait-ce qu’une seule once de réelle tristesse. En revanche, tous ces êtres qui l’entourent, belle-soeur, petits collaborateurs et gros bonnets de l’industrie, se confieront à lui, à tour de rôle. Tous ces gens qui défilent devant lui, qui s’épanchent et lui font miroiter un mal de vivre que Pietro ne soupçonne pas toujours, ne parviennent pas à lui faire goûter à une détresse qui, finalement, ne va pas de soi.

Ainsi plongé malgré lui dans un rôle de confesseur, Pietro Palladini sera le témoin de  quelques parcelles de  la véritable existence que mènent ces hommes et ces femmes.

Comme je l’ai mentionné précédemment, l’idée derrière ce roman est certes intéressante et sort de l’ordinaire. Toutefois, je reconnais que l’histoire est par moments un peu dispersée et que l’ouvrage recèle de quelques longueurs. Le style est relativement fluide et peu complexe. Le genre de roman tranquille,  distrayant et apaisant. Je vous suggère donc de parcourir Chaos calme avec un zeste de détachement qu’il est parfois bon de s’accorder dans cette course effrénée qu’est la vie.

***

Chaos calme
De Sandro Veronesi (J’ai la berlue, ou bien sur le lien proposé à gauche, Veronesi est le portrait tout craché d’Yves Montand?!?)
Paru aux Éditions Grasset, 505 pages.

Livres Académie

janvier 13, 2009 - 5:56 6 Comments

J’ai évoqué, dans ce billet, ma participation au défi lecture Blog-o-Trésors. J’attendais la publication de la méga-liste afin de choisir (seulement!) 4 titres que je devrai lire au cours de l’année.

Le choix fut ardu, mais j’y suis parvenue! Voici ma sélection:

Allende Isabel, La Maison aux esprits

Je songe à lire ce bouquin depuis des lustres. Depuis que j’ai vu le film, à vrai dire. Ce qui remonte à une bonne dizaine d’années. C’est le moment ou jamais!

Baudelaire Charles, Les Fleurs du Mal

Un autre classique dont je connais (et apprécie) déjà quelques passages et que j’aimerais apprivoiser au complet.

Khadra Yasmina, Les Hirondelles de Kaboul

J’ai lu et entendu de fort bons commentaires au sujet de ce livre qui a piqué ma curiosité il y a quelques mois, à la librairie. J’ai même failli l’acheter l’automne dernier. L’occasion se présente enfin!

Tartt Donna, The Secret History/Le Maître des illusions

J’ai acquis cette brique lors d’une collecte de fonds au travail. Des collègues vendaient des livres usagés pour amasser de l’argent en vue de je ne sais plus quel projet. Il s’agit du seul des quatre livres dont je dispose déjà. D’ailleurs, il prend la poussière dans une de mes bibliothèques Leksvik depuis au moins cinq ans! Il est grand temps que je passe à l’attaque.

Toutefois, avant d’entamer l’un de ces quatre titres, je me propose d’abord de terminer deux ouvrages en cours de lecture: Chaos calme de Sandro Veronesi et La belle romaine d’Alberto Moravia (tiens, je fais dans les auteurs italiens ces temps-ci!). Je consulterai sans doute également le bouquin traitant de bouddhisme, acheté tout juste la semaine dernière.

Et vous, quels sont vos choix? :)

Soirée diabolique

janvier 7, 2009 - 11:51 9 Comments

L’exposition Sympathy for the Devil: art et rock and roll depuis 1967, qu’accueille actuellement le Musée d’art contemporain de Montréal, en est à ses derniers tours de piste de tourne-disque. Raison pour laquelle j’ai décidé de profiter de la gratuité du mercredi soir pour aller y faire un tour. (Et  parce mes congés des Fêtes non rémunérés m’ont totalement fauchée. Mais chuuttt! Ce motif est assez cheap, merci, alors prière de ne pas le révéler à tout le monde. :D )

Déformation professionnelle oblige, je griffonne souvent notes et croquis lorsque je visite une exposition. Or, étant sortie chez moi en trombe ce matin, j’ai complètement oublié de glisser un carnet dans mon sac, en prévision de ma visite au MACM. Et dieu sait pourtant que ce ne sont pas les carnets qui manquent à ma collection de carnetomane! C’est pourquoi, en allant casser la croûte au centre-ville, j’ai voulu arrêter au Archambault du Complexe Les Ailes histoire de me procurer un énième bloc-notes de fantaisie. Je me suis cependant heurtée à des portes closes pour cause de fermeture. Fermeture qui survient apparemment pour des raisons hors de leur contrôle, si je me fie à l’avis posté sur la devanture de la défunte boutique. Étrange. Et décevant. Car cette succursale me plaisait bien. J’y ai fait de nombreuses découvertes musicales et littéraires et ai été servie par un personnel toujours courtois et hyper motivé (et j’y ai même croisé un certain chroniqueur culturel que je  me plais à bitcher allègrement chaque fois qu’il présente son interlocuteur le yeux rivés sur ses *@$-]bordel `]##* de petits cartons).

Mais bon, revenons à nos moutons. Ou en fait, nos carnets.

Bredouille, j’ai donc décidé de me diriger vers la succursale de la Place des Arts, qui m’emballe moins, car trop exiguë, toujours trop achalandée et dont l’éclairage m’indispose, car trop blanc, trop cru. Impossible de vaquer zènement (!) à mes plaisirs de shopaholic sous une lumière blanche, vive et à la limite, brutale. Je préfère nettement les environnements agrémentés de tons chauds, moins agressants. Plus cozy.

[Je m'égare encore. J'ai cette fâcheuse manie, je m'éparpille. Et il n'est pas uniquement question du fatras qui jonche mes tables et bureaux, ici et là, mais aussi de mes pensées dispersées dans tous les recoins de mon esprit tout aussi bordélique.]

Bon. Un peu de discipline!

Ah oui. La succursale de la Place des Arts. Cette fois-ci, ma recherche n’a pas été vaine. Non seulement j’ai déniché un magnifique cahier orné d’une couverture évoquant le Livre de Kells (oeuvre sensationnelle que j’affectionne particulièrement!), mais également un mignon étui rose pour ranger quelques crayons (je suis parée pour la rentrée qui aura lieu le 13 janvier!), ainsi qu’un bouquin qui m’a paru intéressant, Le Bonheur est entre vos mains. Petit guide du bouddhisme à l’usage de tous (de Dzigar Kongtrül, le genre de nom qui récolterait une méchante trâlée de points au Scrabble).

J’étais donc fin prête à débuter ma visite.

En fait, pas tant que ça.

Je n’étais jamais allée au MACM un mercredi soir, préférant toujours le visiter de jour afin d’aller et venir librement sans me sentir comprimée dans une masse hétéroclite, bruyante et dérangeante. Because je vais au musée comme d’autres vont à l’église, tsé. Les institutions muséales sont mes lieux de recueillement, d’extase, de contemplation. Par contre, les gardes en uniforme ne me tendent jamais d’hostie. Allez savoir pourquoi. :-P

D’emblée je dois admettre que l’exposition Sympathy for the Devil a été orchestrée de manière magistrale. Toutefois, il est assez ardu de l’apprécier à sa juste valeur lorsque des hordes de hiptsers (et wannabe hipsters) prennent d’assaut les salles, Iphone à la main, photographiant leurs semblables, affublés de gigantissimes lunettes (qu’ils auront préalablement chopé à leur grand-mères, bande de vilains garnements) de tricots d’une mocheté à effrayer un toupet de premier ministre conservateur, de jeans hors de prix, enserrant le peu de chair qu’ils nourrissent à coups de chai latté et de cigarettes importées. Le MACM serait-il devenu le repère cool des hippies bourgeois nouveau genre? Meh. Ça leur passera sûrement. (Bitchage pré-menstruel? À peine!)

Trève de médisance.

Organisée par le Museum of Contemporary Art of Chicago, cette exposition est présentée en primeur au Canada. Ici même à Montréal, mesdames et messieurs! Et vous l’aurez sans doute deviné, elle traite notamment de l’analogie et des couplages entre l’art et la musique rock and roll, en présentant un parcours éclaté et les oeuvres les plus diverses. Intéressant, coloré, saturant les sens de stimuli en tous genres.

Si vous voulez en avoir le coeur net, accourez vers le MACM à toute vitesse (en faisant tout de même attention de ne pas déraper sur les trottoirs glacés, hein, je ne voudrais pas être la cause de vos blessures), car l’exposition prendra fin le 11 janvier.

Finalement, ma soirée s’est terminée de manière plutôt insolite. En rentrant chez moi, fourbue mais charmée, j’ai recouvert ma tignasse d’une tuque rouge aux cornes de diablotin en sortant du métro.  Un type à la démarche claudicante s’est faufilé devant moi, puis, après un moment, a stoppé net et s’est retourné. Il m’attendait, vraisemblablement. Lorsque je suis arrivée à proximité de l’homme, il m’a lancé un regard énigmatique en me demandant sur un ton ésotérico-intoxiqué:

- Eille, es-tu médium?

O_o

Dans la série ça n’arrive qu’à moi, avouez que j’ai le don de me faire aborder par de fameux spécimens issus d’une populace aussi bizarre.

Je n’aurai pas le temps

décembre 13, 2008 - 10:49 2 Comments

Il y a quelques jours, j’ai terminé la lecture d’un livre qui s’intitule Je n’aurai pas le temps. Non, il n’y est absolument pas question des aléas de la vie d’un étudiant en fin de semestre dont les révisions sont bousculées par de fausses alertes, mais de l’autobiographie de l’astrophysicien Hubert Reeves.

J’ai toujours été étrangement fascinée par ce gaillard à la barbe blanche et à la verve brillante. La science est une discipline souvent rebutante pour les esprits moins cartésiens comme le mien. Toutefois, Reeves nous la fait découvrir comme s’il s’agissait toujours d’une histoire, simple, fluide, avec cette indéfectible passion  et une puissante étincelle qui transperce son regard rieur.  Grand communicateur et vulgarisateur, Hubert Reeves a ce don presque inné pour la transmission d’idées.

Dans Je n’aurai pas le temps, dont le titre est tiré d’une chanson de Michel Fugain, l’auteur relate différentes tranches de sa vie, son enfance, ses études, son parcours scientifique, les êtres qui l’ont inspiré, ses  nombreux projets et ses voyages. Il aborde en outre divers sujets qui ont marqué son existence, notamment la religion, la nature et la musique. Ce que j’apprécie tout particulièrement chez cet homme, c’est son caractère: Reeves possède un esprit vif, malgré son grand âge, ainsi qu’une incomparable ouverture sur le monde et une curiosité sans bornes. J’admire également son attachement à la culture et aux arts. Le savant barbu n’a rien de ce scientifique borné, hermétique, qui n’en a rien à cirer des arts. Au contraire, tout est propice à  la découverte. Je me désole en constatant que le monde contient trop peu d’êtres à son image…

À l’instar de bon nombre d’autobiographies, le lecteur a un peu droit à de l’autocongratulation et certaines données factuelles ou historiques qui lui échappent, mais le scientifique nous fait aussi part de ses échecs et de ses faiblesses. J’ai été assez étonnée d’apprendre qu’un homme de son calibre ait traversé une période assez sombre, qui l’a poussé jusqu’à douter de la vie.

On y découvre véritablement un être curieux et sensible qui, dans ses mémoires, se livre tel qu’il est. Je n’aurai pas le temps est le récit d’une vie intéressante, jalonnée de rencontres et découvertes qui auront façonné un homme d’une grandeur insoupçonnée.

Je n’aurai pas le temps, paru aux Éditions du Seuil, collection « Science ouverte », Paris, en avril 2008.

Défi lecture Blog-o-trésors

novembre 8, 2008 - 12:01 4 Comments

Trouvé ici, idée originalement tirée d’ici.

Je copie-colle la marche à suivre:

Marche à suivre:
1. Faites une liste de 10 livres que vous avez adorés ou qui vous ont marqués, et publiez-la sur votre blogue. Tous les styles littéraires sont permis. Seule restriction, si un livre fait partie d’une série, il doit pouvoir se lire de façon indépendante.
2. Avertissez Grominou ici, en incluant le lien vers votre billet.
3. Elle se chargera d’en tirer une méga-liste de tous les livres suggérés par les participants.
4. Dans la méga-liste, choisissez au moins 4 livres que vous lirez avant le 31 décembre 2009.
5. Optionnel: si vous écrivez une critique d’un de ces livres sur votre blogue, vous pourrez lui transmettre le lien et elle l’inclura dans la liste.
Date limite pour afficher votre liste de 10 trésors: 31 décembre 2008. Après cette date, vous pourrez tout de même participer au défi en choisissant 4 livres à lire, mais la méga-liste de trésors sera considérée comme définitive.

Voici donc ma liste, dans l’ordre ou le désordre. Un lien vous mènera vers une brève description de l’œuvre, issue d’un site externe, tandis que vous trouverez mes impressions en italiques sous chaque titre.

Lorsque j’étais une oeuvre d’art, Éric-Emmanuel Schmitt

Un des romans les plus marquants que j’aie lu. Le titre m’avait accroché, en grande amatrice d’art que je suis… Et j’ai été saisie par la critique acerbe que l’auteur fait de la société dans ce roman. L’histoire est dérangeante et provoque même un haut le coeur par moments. Finalement, les réflexions sur l’art et l’existence ne peuvent pas laisser indifférent. On ne se sort pas indemne de cette lecture, qui vient altérer notre vision de la vie.

Bille en tête, Alexandre Jardin

C’est ce livre qui a fait connaître Jardin, qui a d’ailleurs remporté un prix pour cet écrit.  Comme dans tous ses livres, Jardin y dépeint un univers abracadabrant, à la limite du burlesque. Des personnages aux relations qui virent en emberlificotements truculents, à la limite de l’improbable, et une plume exquise. Se lit rapidement. Un bon point de départ pour embrasser le monde d’Alexandre Jardin, avant qu’il ne devienne un peu trop imbu de lui-même…

La part de l’autre, Éric-Emmanuel Schmitt

Une oeuvre magistrale, une des meilleure de Schmitt à ce jour. L’univers qu’il dépeint présente le vrai et le faux, comment un homme dont l’univers bascule se transforme en monstre versus comment aurait été sa vie sans un élément déclencheur qui allait tout chambouler. L’auteur  décrit la vie dédoublée de Hitler comme si nous y assistions, comme si nous étions témoins de cette dissociation.

Quelqu’un d’autre, Tonino Benacquista

Encore une fois, une œuvre à saveur existentialiste polarisant toute l’intrigue vers la réflexion suivante: peut-on devenir quelqu’un d’autre? L’histoire est passionnante et l’écriture, solide. Le ton, toujours divertissant chez l’auteur, n’est jamais gratuit - celui-ci s’en sert pour raconter une tare, un côté obscur, une question en suspens… Un roman que l’on se dépêche de lire! Benacquista est une valeur sûre. À découvrir, si vous ne le connaissez pas déjà.

Orgueil et préjugés, Jane Austen

Un grand classique, lu et relu. Une histoire si belle, relatant l’évolution de personnages complexes , qui charment le lecteur avec leurs échanges romanesques. De plus, comment ne pas s’éprendre des protagonistes, humains et si attachants malgré leurs travers. L’auteure construit une narration remarquablement savoureuse. Un véritable coup de coeur!

Un matin je suis partie: Voyages d’une femme indépendante, Alice Steinbach

Une femme, des voyages, la découverte de soi à travers des périples qui la mènent un peu partout en Europe, voilà sans aucun doute ce qui m’a charmée de cette histoire. Une femme se raconte et se retrouve grâce à des voyages qui lui permettent de devenir réellement indépendante de tout… Je me suis sentie vraisemblablement “connectée” à l’histoire, car dans le fond, plusieurs passages ressemblent à ma propre expérience de vie. L’écriture, passionnée, nous plonge dans la peau du personnage central et nous fait, nous aussi, parcourir un itinéraire inoubliable.

Paroles, Jacques Prévert

Le recueil de poèmes et de textes qui m’a fait connaître (et aimer!) Prévert à l’aube de l’âge adulte. L’écriture dans toute sa splendeur. Des textes très variés nous plongent dans l’univers lyrique de Prévert. Il y a de tout, pour tous les goûts: l’amour, la vie quotidienne, le rapport à l’autre, l’enfance, la société, la politique, etc. Probablement un des livres que j’ai le plus recommandé.

Huis Clos, Jean-Paul Sartre

Une pièce de théâtre lue en secondaire 5 qui m’a fait connaître Sartre. Les dialogues de cette saynète gravitent autour du thème cher à Sartre: l’existentialisme. L’homme prend conscience de l’absurdité de son existence par le biais de l’obsession de soi et du regard des autres. Remarquable, efficace, bien écrit.

Chasing Harry Winston, Lauren Weisberger

La chick lit à son meilleur! J’ai beau être férue des récits  plus cérébraux, j’aime bien de temps à autres me permettre une lecture purement ludique!. En fait, il s’agit de littérature féminine mais avec une aspect résolument psychologique puisque ce roman nous permet de côtoyer le quotidien de trois amies et de saisir toute l’ampleur de leurs désirs, leurs ambitions, leurs peurs et ainsi de suite. Certains passages, certains événements vécus par les personnages m’ont fait sentir très proches de celles-ci. J’ai lu ce récit à l’aube d’un tournant de ma vie et je crois que c’est ce qui a fait en sorte que je me suis reconnue dans leur vie. Probablement mon préféré parmi les trois bouquins de Weisberger. Amusant, brillant. Je lis toujours cette auteure dans la langue de Shakespeare pour mieux profiter de sa plume distrayante.

Les petites filles modèles, Comtesse de Ségur

Ce livre a bercé mon enfance, par ces récits tout en douceur . Je me suis toujours sentie  très liée aux personnages si généreux, si indulgents.  Je crois même avoir élevé ces deux petites filles sur un piédestal dans ma tête d’enfant (déjà) en quête de perfection. La Comtesse de Ségur  y brosse le portrait d’une époque que je n’ai pas connue et qui n’est pas dénuée d’un charme suranné. Mignon, attachant.

Ouf! Dur dur de n’en choisir que 10!

Manipulation 101

septembre 14, 2008 - 7:37 6 Comments

J’ai terminé en début de semaine dernière le livre Manuel de manipulation pour obtenir (presque) tout ce que vous voulez! de Gilles Azzopardi. Je possède donc tous les outils nécessaires afin de convaincre Stephen Harper de s’exiler aux États-Unis et nous ficher la paix. ;)

Blague à part, ce bouquin aux allures de bible de croissance personnelle est plutôt divertissant. La lecture se fait aisément, rapidement. Le livre d’Azzopardi est empreint d’un humour judicieux et n’a rien de ces manuels de psychologie obscure qui auraient paralysé même un Jung ou un Lacan.  L’auteur donne des pistes paraissant aller de soi aux premiers abords, mais qui peuvent demander un certain ajustement chez celui ou celle qui cherche à éviter de demeurer coincé dans l’engrenage manipulatoire. Car il faut parfois réapprendre à être soi, un soi plus déterminé refusant les manoeuvres contraires à nos principes.

Deux aspects gênent cependant un peu la lecture: les expressions et allusions parfois un tantinet trop franchouillardes qui entravent de temps à autres le décodage de certains énoncés (bon, ce manuel a été rédigé par un Français, après tout) et les répétitions à outrance. L’auteur a sans doute cherché à ancrer les notions dans la tête du lecteur en multipliant les exemples similaires, mais cette façon de faire peut contrarier les personnes qui n’apprécient pas tellement un rabâchage continuel des mêmes concepts. Tout dépend du type “d’élève” que vous êtes - en ce qui me concerne, une fois est amplement suffisante (raison pour laquelle j’avoue avoir du mal avec les gens qui ne comprennent pas du premier coup…).

En bref, afin de maîtriser l’art de la non-manipulation, il faut deux grandes habiletés, à savoir la confiance en soi et l’aptitude à dire non. Le livre se résume en gros à ces deux principes.

Finalement, j’ai encore bien des croûtes à manger avant d’en arriver d’une part à ne plus être utilisée contre mon gré et d’autre part à obtenir un peu plus souvent la collaboration d’autrui. Car s’il y a deux aptitudes  quasi absentes de ma personnalité, ce sont bien ces deux-là!

Des questions et des livres

septembre 6, 2008 - 12:17 4 Comments

Allez savoir pourquoi Morphée a décidé de me bouder, malgré le fait que je n’aie pas fermé l’oeil la nuit passée. En attendant que le sommeil veuille bien de moi, je réponds au questionnaire trouvé ici, en terminant une bouteille de rouge (bah quoi, la semaine a été particulièrement ardue), avec en arrière-plan la trame sonore de Mamma Mia (la Blogueuse Cornue étant une quétaine pathétiquement assumée.)

1. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Il me semble que ça s’est fait tout seul, probablement parce que j’ai toujours aimé les mots.

2. Vos lectures préférées, enfant ?

Martine, Tintin, les récits de la Comtesse de Ségur. À l’adolescence, j’ai dévoré tous les récits de Lucy Maud Montgomery, les romans jeunesse de Dominique Demers.

3. Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Pas particulièrement. À moins que je lise pour des enfants. Ou parfois (c’était surtout le cas pour des travaux scolaires, ou encore au boulot) je relis mes écrits à haute voix pour voir si mes phrases font du sens

4. Votre conte préféré ?

De manière générale, ceux de Félix Leclerc.

5. La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?

Mon film préféré est issu d’un roman que, étonnamment, je n’ai jamais réussi à lire entièrement, bien que j’en aie entamé la lecture à deux ou trois reprises. Il s’agit de Z, initialement écrit par Vassilis Vassilikos. Le livre est quelque peu rebutant, voire barbant. J’ai du mal à expliquer pourquoi. Le style, sans doute. Toutefois, le film vaut certainement (et deux fois plutôt qu’une!) l’Oscar qu’il s’est mérité en 1969.

6. Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, extraits de romans ?

Rarement. Le par coeur me pue au nez pour avoir trop récité d’idiotes leçons tout au long de mes études.

7. Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

*Ahem* Parfois des magazines traînent dans la salle du trône.

8. Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

J’ai quelque peu laissé en plan Chaque femme est un roman, d’Alexandre Jardin, de même que Chaos calme de Sandro Veronesi pour m’attaquer à Manuel de manipulation : Pour obtenir (presque) tout ce que vous voulez de Gilles Azzopardi et Je n’aurai pas le temps d’Hubert Reeves. Je vogue souvent d’un bouquin à un autre, infidèlement. Puis, je reprends où j’ai laissé.

10. Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Je ne lis pas très vite. Par contre, lorsque je suis plongée dans un roman policier captivant ou de la “chick lit” divertissante, il m’arrive d’accélérer la vitesse de croisière. Je lis lentement lorsque l’intérêt n’y est pas, par exemple lorsqu’il s’agissait de fastidieuses lectures scolaires. Aujourd’hui, une lecture m’assomme particulièrement? J’abrège les souffrances, punto finale.

11. Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?

Ça m’est égal! J’aime les livres, quels qu’ils soient.

12. Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traînent toujours ?

Il y a toujours quelques bouquins qui traînent ici et là. Et pour cause: je suis une traîneuse chronique.

13. Quel est votre rapport physique à la lecture ? Assis ? Couché ? Debout ?

J’adopte souvent la position assise, une jambe sous les fesses. Jusqu’à ce qu’un fourmillement se fasse sentir et m’oblige à opter pour une autre position.

14. Vos lectures sont-elles commentées, crayon en main ?

Étant donné ma loooooongue vie d’étudiante, nombreux sont les livres annotés de ma plume. Aujourd’hui, la chose est plus rare, bien que je souligne régulièrement des passages qui m’interpellent dans les livres qui croisent ma route.

15. Offrez-vous des livres ?

De temps à autres.  C’est un cadeau que j’aime offrir et j’essaie de personnaliser le choix du livre.

16. La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’a offert ?

Ma marraine dédicace la plupart des livres qu’elle m’offre. Sinon, je tuerais un premier ministre conservateur pour une dédicace d’Éric-Emmanuel Schmitt.

17. Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture,…)

Je voue un culte quasi-fétichiste aux livres usagés. Le vécu inhérent à ces feuillets m’inspire vivement.

18. Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?

Pour la plupart pas intégralement, mais presque: Félix Leclerc, Paulo Coehlo, Tonino Benacquista, Éric-Emmanuel Schmitt, Kathy Reichs, Lucy Maud Montgomery, la Comtesse de Ségur, Hergé, Alexandre Jardin, Lauren Weisberger, Jacques Prévert, Jean-Paul Sartre.

19. Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?

La plume de Lauren Weisberger me fait rigoler.

20. Un livre qui vous a particulièrement émue ?

L’autobiographie de Simonne Monet-Chartrand.

21. Le livre qui vous a terrifiée ?

Bah. Adolescente, j’ai lu la série “Frissons” et certains m’ont légèrement apeurée, sans plus. Je ne suis pas une adepte des lectures axées vers l’épouvante. Non, attendez, je rectifie. La lecture du programme du parti conservateur m’a terriblement horrifiée.

22. Le livre qui vous a fait pleurer ?

Un livre que j’avais offert à ma marraine pour son anniversaire et qu’elle m’a ensuite prêté. Il s’agit d’un roman de Dominique Demers intitulé Le Pari. Le début m’avait pourant laissé indifférente, mais peu à peu, j’ai été happée par l’histoire. Un livre m’a rarement soutiré autant de sanglots.

23. L’avertissement / L’introduction qui vous a le plus marquée ?

Ce devait être un livre d’art bien qu’à l’heure actuelle ma mémoire soit plutôt défaillante.

24. Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?

Je choisis régulièrement des livres pour leurs titres. Sans véritablement inspecter la jaquette. Parfois, ce peut être trompeur (La fin de la folie de Jorge Volpi, m’a décontenancée et je ne pourrais pas vraiment décrire mon réel sentiment face à cet écrit- en tout cas, il ne m’a pas particulièrement plu). Généralement, le coup de foudre pour un titre particulièrement inventif peut porter fruit. C’est notamment le cas d’Éric-Emmanuel Schmitt et Lauren Weisberger, pour ne mentionner que ceux-là. Lorsque j’étais une oeuvre d’art de Schmitt est l’un des titres qui m’a sans doute le plus interpellé. Je me suis rendue illico au comptoir-caisse, sans trop savoir à quoi m’attendre. Le résultat fut foudroyant: un récit génialissime, provoquant un haut-le-coeur doublé d’une inévitable réflexion sur le sens de la vie et de l’art.

25. Décrivez votre bibliothèque ?

Éclectique. Beaucoup, beaucoup de livres d’art. Une section muséologie, patrimoine et essais artistiques. De très nombreux romans. Un peu de poésie. Un assez large segment comportant dictionnaires et ouvrages de références, toutes langues confondues. Quelques ouvrages de cuisine et une section vouée aux sciences occultes (réminiscence d’une période ésotérico-médiévale). Plusieurs B.D., quelques biographies.

26. Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

La plupart des romans jeunesse que je possédais. Je le regrette un peu maintenant. Sinon, quelques ouvrages qui m’ont fait galérer: La nuit des temps de Barjavel ; un roman de Nathalie Sarraute dont je ne me souviens même plus et je n’étais certainement pas allée au-delà du tiers ; Le 13e chevalier (bouquin chopé dans un bazar de sous-sol d’église, et jamais seulement ouvert, car de toutes façons, la version cinématographique n’avait absolument rien de saisissant). Je crois que les romans de Gabrielle Roy subiront bientôt le même sort (sorry! cette auteure provoque chez moi une réaction allergique…)

27. L’endroit le plus insolite où vous lisez ?

Étendue de tout mon long sur le dur plancher? Debout à l’arrêt d’autobus par une chaleur torride? Rien d’exceptionnel, quoi. Je n’arrive pas encore à lire en état de lévitation.

28. Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

Orgueil et préjugés de Jane Austen. Un classique qui me plaît chaque fois toujours autant. C’est l’évidence même, on a beau savoir que Darcy s’éprendra à coup sûr d’Elizabeth Benneth, rien à faire, le plaisir renouvelé  n’en est pas moins jouissif d’une fois à l’autre.

29. Votre livre d’art préféré ?

La question à 100 piasses. Je possède quantité de livres d’art, vu ma formation en histoire de l’art et en muséologie et vu, aussi, mon intérêt profond envers les arts. Il m’est impossible de n’en nommer qu’un seul!

30. La bibliothèque idéale ?

La mienne, augmentée de tous les titres qui me font envie. Grosso modo, la bibliothèque de mes rêves ferait presque concurrence à  la BANQ.

31. L’incipit qui vous a le plus marquée ?

La mémoire est une faculté qui oublie. Je n’ai pas non plus tellement tendance à me souvenir des débuts de bouquins. Sauf peut-être L’Étranger de Camus. Le roman comme tel ne m’a pas vraiment charmé, mais lire un truc du genre à 16-17 ans, ça marque puissamment: Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

32. La clausule qui vous a le plus marquée ?

Variable avec le temps, selon mes lectures. Dernièrement, j’ai bien aimé, dans La rêveuse d’Ostende de Schmitt, cette phrase à la toute fin: Et je crois que, jusqu’à mon dernier jour, je me demanderai si c’était la mort ou l’amour qui descendit du train.

Bon, maintenant, je peux aller rejoindre Morphée, vous croyez?