décembre 13th, 2008

Il y a quelques jours, j’ai terminé la lecture d’un livre qui s’intitule Je n’aurai pas le temps. Non, il n’y est absolument pas question des aléas de la vie d’un étudiant en fin de semestre dont les révisions sont bousculées par de fausses alertes, mais de l’autobiographie de l’astrophysicien Hubert Reeves.

J’ai toujours été étrangement fascinée par ce gaillard à la barbe blanche et à la verve brillante. La science est une discipline souvent rebutante pour les esprits moins cartésiens comme le mien. Toutefois, Reeves nous la fait découvrir comme s’il s’agissait toujours d’une histoire, simple, fluide, avec cette indéfectible passion  et une puissante étincelle qui transperce son regard rieur.  Grand communicateur et vulgarisateur, Hubert Reeves a ce don presque inné pour la transmission d’idées.

Dans Je n’aurai pas le temps, dont le titre est tiré d’une chanson de Michel Fugain, l’auteur relate différentes tranches de sa vie, son enfance, ses études, son parcours scientifique, les êtres qui l’ont inspiré, ses  nombreux projets et ses voyages. Il aborde en outre divers sujets qui ont marqué son existence, notamment la religion, la nature et la musique. Ce que j’apprécie tout particulièrement chez cet homme, c’est son caractère: Reeves possède un esprit vif, malgré son grand âge, ainsi qu’une incomparable ouverture sur le monde et une curiosité sans bornes. J’admire également son attachement à la culture et aux arts. Le savant barbu n’a rien de ce scientifique borné, hermétique, qui n’en a rien à cirer des arts. Au contraire, tout est propice à  la découverte. Je me désole en constatant que le monde contient trop peu d’êtres à son image…

À l’instar de bon nombre d’autobiographies, le lecteur a un peu droit à de l’autocongratulation et certaines données factuelles ou historiques qui lui échappent, mais le scientifique nous fait aussi part de ses échecs et de ses faiblesses. J’ai été assez étonnée d’apprendre qu’un homme de son calibre ait traversé une période assez sombre, qui l’a poussé jusqu’à douter de la vie.

On y découvre véritablement un être curieux et sensible qui, dans ses mémoires, se livre tel qu’il est. Je n’aurai pas le temps est le récit d’une vie intéressante, jalonnée de rencontres et découvertes qui auront façonné un homme d’une grandeur insoupçonnée.

Je n’aurai pas le temps, paru aux Éditions du Seuil, collection « Science ouverte », Paris, en avril 2008.
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novembre 8th, 2008

Trouvé ici, idée originalement tirée d’ici.

Je copie-colle la marche à suivre:

Marche à suivre:
1. Faites une liste de 10 livres que vous avez adorés ou qui vous ont marqués, et publiez-la sur votre blogue. Tous les styles littéraires sont permis. Seule restriction, si un livre fait partie d’une série, il doit pouvoir se lire de façon indépendante.
2. Avertissez Grominou ici, en incluant le lien vers votre billet.
3. Elle se chargera d’en tirer une méga-liste de tous les livres suggérés par les participants.
4. Dans la méga-liste, choisissez au moins 4 livres que vous lirez avant le 31 décembre 2009.
5. Optionnel: si vous écrivez une critique d’un de ces livres sur votre blogue, vous pourrez lui transmettre le lien et elle l’inclura dans la liste.
Date limite pour afficher votre liste de 10 trésors: 31 décembre 2008. Après cette date, vous pourrez tout de même participer au défi en choisissant 4 livres à lire, mais la méga-liste de trésors sera considérée comme définitive.

Voici donc ma liste, dans l’ordre ou le désordre. Un lien vous mènera vers une brève description de l’œuvre, issue d’un site externe, tandis que vous trouverez mes impressions en italiques sous chaque titre.

Lorsque j’étais une oeuvre d’art, Éric-Emmanuel Schmitt

Un des romans les plus marquants que j’aie lu. Le titre m’avait accroché, en grande amatrice d’art que je suis… Et j’ai été saisie par la critique acerbe que l’auteur fait de la société dans ce roman. L’histoire est dérangeante et provoque même un haut le coeur par moments. Finalement, les réflexions sur l’art et l’existence ne peuvent pas laisser indifférent. On ne se sort pas indemne de cette lecture, qui vient altérer notre vision de la vie.

Bille en tête, Alexandre Jardin

C’est ce livre qui a fait connaître Jardin, qui a d’ailleurs remporté un prix pour cet écrit.  Comme dans tous ses livres, Jardin y dépeint un univers abracadabrant, à la limite du burlesque. Des personnages aux relations qui virent en emberlificotements truculents, à la limite de l’improbable, et une plume exquise. Se lit rapidement. Un bon point de départ pour embrasser le monde d’Alexandre Jardin, avant qu’il ne devienne un peu trop imbu de lui-même…

La part de l’autre, Éric-Emmanuel Schmitt

Une oeuvre magistrale, une des meilleure de Schmitt à ce jour. L’univers qu’il dépeint présente le vrai et le faux, comment un homme dont l’univers bascule se transforme en monstre versus comment aurait été sa vie sans un élément déclencheur qui allait tout chambouler. L’auteur  décrit la vie dédoublée de Hitler comme si nous y assistions, comme si nous étions témoins de cette dissociation.

Quelqu’un d’autre, Tonino Benacquista

Encore une fois, une œuvre à saveur existentialiste polarisant toute l’intrigue vers la réflexion suivante: peut-on devenir quelqu’un d’autre? L’histoire est passionnante et l’écriture, solide. Le ton, toujours divertissant chez l’auteur, n’est jamais gratuit - celui-ci s’en sert pour raconter une tare, un côté obscur, une question en suspens… Un roman que l’on se dépêche de lire! Benacquista est une valeur sûre. À découvrir, si vous ne le connaissez pas déjà.

Orgueil et préjugés, Jane Austen

Un grand classique, lu et relu. Une histoire si belle, relatant l’évolution de personnages complexes , qui charment le lecteur avec leurs échanges romanesques. De plus, comment ne pas s’éprendre des protagonistes, humains et si attachants malgré leurs travers. L’auteure construit une narration remarquablement savoureuse. Un véritable coup de coeur!

Un matin je suis partie: Voyages d’une femme indépendante, Alice Steinbach

Une femme, des voyages, la découverte de soi à travers des périples qui la mènent un peu partout en Europe, voilà sans aucun doute ce qui m’a charmée de cette histoire. Une femme se raconte et se retrouve grâce à des voyages qui lui permettent de devenir réellement indépendante de tout… Je me suis sentie vraisemblablement “connectée” à l’histoire, car dans le fond, plusieurs passages ressemblent à ma propre expérience de vie. L’écriture, passionnée, nous plonge dans la peau du personnage central et nous fait, nous aussi, parcourir un itinéraire inoubliable.

Paroles, Jacques Prévert

Le recueil de poèmes et de textes qui m’a fait connaître (et aimer!) Prévert à l’aube de l’âge adulte. L’écriture dans toute sa splendeur. Des textes très variés nous plongent dans l’univers lyrique de Prévert. Il y a de tout, pour tous les goûts: l’amour, la vie quotidienne, le rapport à l’autre, l’enfance, la société, la politique, etc. Probablement un des livres que j’ai le plus recommandé.

Huis Clos, Jean-Paul Sartre

Une pièce de théâtre lue en secondaire 5 qui m’a fait connaître Sartre. Les dialogues de cette saynète gravitent autour du thème cher à Sartre: l’existentialisme. L’homme prend conscience de l’absurdité de son existence par le biais de l’obsession de soi et du regard des autres. Remarquable, efficace, bien écrit.

Chasing Harry Winston, Lauren Weisberger

La chick lit à son meilleur! J’ai beau être férue des récits  plus cérébraux, j’aime bien de temps à autres me permettre une lecture purement ludique!. En fait, il s’agit de littérature féminine mais avec une aspect résolument psychologique puisque ce roman nous permet de côtoyer le quotidien de trois amies et de saisir toute l’ampleur de leurs désirs, leurs ambitions, leurs peurs et ainsi de suite. Certains passages, certains événements vécus par les personnages m’ont fait sentir très proches de celles-ci. J’ai lu ce récit à l’aube d’un tournant de ma vie et je crois que c’est ce qui a fait en sorte que je me suis reconnue dans leur vie. Probablement mon préféré parmi les trois bouquins de Weisberger. Amusant, brillant. Je lis toujours cette auteure dans la langue de Shakespeare pour mieux profiter de sa plume distrayante.

Les petites filles modèles, Comtesse de Ségur

Ce livre a bercé mon enfance, par ces récits tout en douceur . Je me suis toujours sentie  très liée aux personnages si généreux, si indulgents.  Je crois même avoir élevé ces deux petites filles sur un piédestal dans ma tête d’enfant (déjà) en quête de perfection. La Comtesse de Ségur  y brosse le portrait d’une époque que je n’ai pas connue et qui n’est pas dénuée d’un charme suranné. Mignon, attachant.

Ouf! Dur dur de n’en choisir que 10!

Rédigé passionnément sous Non classé | Élucubrations d'autrui 4 »
septembre 14th, 2008

J’ai terminé en début de semaine dernière le livre Manuel de manipulation pour obtenir (presque) tout ce que vous voulez! de Gilles Azzopardi. Je possède donc tous les outils nécessaires afin de convaincre Stephen Harper de s’exiler aux États-Unis et nous ficher la paix. ;)

Blague à part, ce bouquin aux allures de bible de croissance personnelle est plutôt divertissant. La lecture se fait aisément, rapidement. Le livre d’Azzopardi est empreint d’un humour judicieux et n’a rien de ces manuels de psychologie obscure qui auraient paralysé même un Jung ou un Lacan.  L’auteur donne des pistes paraissant aller de soi aux premiers abords, mais qui peuvent demander un certain ajustement chez celui ou celle qui cherche à éviter de demeurer coincé dans l’engrenage manipulatoire. Car il faut parfois réapprendre à être soi, un soi plus déterminé refusant les manoeuvres contraires à nos principes.

Deux aspects gênent cependant un peu la lecture: les expressions et allusions parfois un tantinet trop franchouillardes qui entravent de temps à autres le décodage de certains énoncés (bon, ce manuel a été rédigé par un Français, après tout) et les répétitions à outrance. L’auteur a sans doute cherché à ancrer les notions dans la tête du lecteur en multipliant les exemples similaires, mais cette façon de faire peut contrarier les personnes qui n’apprécient pas tellement un rabâchage continuel des mêmes concepts. Tout dépend du type “d’élève” que vous êtes - en ce qui me concerne, une fois est amplement suffisante (raison pour laquelle j’avoue avoir du mal avec les gens qui ne comprennent pas du premier coup…).

En bref, afin de maîtriser l’art de la non-manipulation, il faut deux grandes habiletés, à savoir la confiance en soi et l’aptitude à dire non. Le livre se résume en gros à ces deux principes.

Finalement, j’ai encore bien des croûtes à manger avant d’en arriver d’une part à ne plus être utilisée contre mon gré et d’autre part à obtenir un peu plus souvent la collaboration d’autrui. Car s’il y a deux aptitudes  quasi absentes de ma personnalité, ce sont bien ces deux-là!

Rédigé passionnément sous Majeure et cultivée | Élucubrations d'autrui 6 »
septembre 6th, 2008

Allez savoir pourquoi Morphée a décidé de me bouder, malgré le fait que je n’aie pas fermé l’oeil la nuit passée. En attendant que le sommeil veuille bien de moi, je réponds au questionnaire trouvé ici, en terminant une bouteille de rouge (bah quoi, la semaine a été particulièrement ardue), avec en arrière-plan la trame sonore de Mamma Mia (la Blogueuse Cornue étant une quétaine pathétiquement assumée.)

1. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Il me semble que ça s’est fait tout seul, probablement parce que j’ai toujours aimé les mots.

2. Vos lectures préférées, enfant ?

Martine, Tintin, les récits de la Comtesse de Ségur. À l’adolescence, j’ai dévoré tous les récits de Lucy Maud Montgomery, les romans jeunesse de Dominique Demers.

3. Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Pas particulièrement. À moins que je lise pour des enfants. Ou parfois (c’était surtout le cas pour des travaux scolaires, ou encore au boulot) je relis mes écrits à haute voix pour voir si mes phrases font du sens

4. Votre conte préféré ?

De manière générale, ceux de Félix Leclerc.

5. La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?

Mon film préféré est issu d’un roman que, étonnamment, je n’ai jamais réussi à lire entièrement, bien que j’en aie entamé la lecture à deux ou trois reprises. Il s’agit de Z, initialement écrit par Vassilis Vassilikos. Le livre est quelque peu rebutant, voire barbant. J’ai du mal à expliquer pourquoi. Le style, sans doute. Toutefois, le film vaut certainement (et deux fois plutôt qu’une!) l’Oscar qu’il s’est mérité en 1969.

6. Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, extraits de romans ?

Rarement. Le par coeur me pue au nez pour avoir trop récité d’idiotes leçons tout au long de mes études.

7. Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

*Ahem* Parfois des magazines traînent dans la salle du trône.

8. Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

J’ai quelque peu laissé en plan Chaque femme est un roman, d’Alexandre Jardin, de même que Chaos calme de Sandro Veronesi pour m’attaquer à Manuel de manipulation : Pour obtenir (presque) tout ce que vous voulez de Gilles Azzopardi et Je n’aurai pas le temps d’Hubert Reeves. Je vogue souvent d’un bouquin à un autre, infidèlement. Puis, je reprends où j’ai laissé.

10. Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Je ne lis pas très vite. Par contre, lorsque je suis plongée dans un roman policier captivant ou de la “chick lit” divertissante, il m’arrive d’accélérer la vitesse de croisière. Je lis lentement lorsque l’intérêt n’y est pas, par exemple lorsqu’il s’agissait de fastidieuses lectures scolaires. Aujourd’hui, une lecture m’assomme particulièrement? J’abrège les souffrances, punto finale.

11. Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?

Ça m’est égal! J’aime les livres, quels qu’ils soient.

12. Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traînent toujours ?

Il y a toujours quelques bouquins qui traînent ici et là. Et pour cause: je suis une traîneuse chronique.

13. Quel est votre rapport physique à la lecture ? Assis ? Couché ? Debout ?

J’adopte souvent la position assise, une jambe sous les fesses. Jusqu’à ce qu’un fourmillement se fasse sentir et m’oblige à opter pour une autre position.

14. Vos lectures sont-elles commentées, crayon en main ?

Étant donné ma loooooongue vie d’étudiante, nombreux sont les livres annotés de ma plume. Aujourd’hui, la chose est plus rare, bien que je souligne régulièrement des passages qui m’interpellent dans les livres qui croisent ma route.

15. Offrez-vous des livres ?

De temps à autres.  C’est un cadeau que j’aime offrir et j’essaie de personnaliser le choix du livre.

16. La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’a offert ?

Ma marraine dédicace la plupart des livres qu’elle m’offre. Sinon, je tuerais un premier ministre conservateur pour une dédicace d’Éric-Emmanuel Schmitt.

17. Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture,…)

Je voue un culte quasi-fétichiste aux livres usagés. Le vécu inhérent à ces feuillets m’inspire vivement.

18. Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?

Pour la plupart pas intégralement, mais presque: Félix Leclerc, Paulo Coehlo, Tonino Benacquista, Éric-Emmanuel Schmitt, Kathy Reichs, Lucy Maud Montgomery, la Comtesse de Ségur, Hergé, Alexandre Jardin, Lauren Weisberger, Jacques Prévert, Jean-Paul Sartre.

19. Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?

La plume de Lauren Weisberger me fait rigoler.

20. Un livre qui vous a particulièrement émue ?

L’autobiographie de Simonne Monet-Chartrand.

21. Le livre qui vous a terrifiée ?

Bah. Adolescente, j’ai lu la série “Frissons” et certains m’ont légèrement apeurée, sans plus. Je ne suis pas une adepte des lectures axées vers l’épouvante. Non, attendez, je rectifie. La lecture du programme du parti conservateur m’a terriblement horrifiée.

22. Le livre qui vous a fait pleurer ?

Un livre que j’avais offert à ma marraine pour son anniversaire et qu’elle m’a ensuite prêté. Il s’agit d’un roman de Dominique Demers intitulé Le Pari. Le début m’avait pourant laissé indifférente, mais peu à peu, j’ai été happée par l’histoire. Un livre m’a rarement soutiré autant de sanglots.

23. L’avertissement / L’introduction qui vous a le plus marquée ?

Ce devait être un livre d’art bien qu’à l’heure actuelle ma mémoire soit plutôt défaillante.

24. Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?

Je choisis régulièrement des livres pour leurs titres. Sans véritablement inspecter la jaquette. Parfois, ce peut être trompeur (La fin de la folie de Jorge Volpi, m’a décontenancée et je ne pourrais pas vraiment décrire mon réel sentiment face à cet écrit- en tout cas, il ne m’a pas particulièrement plu). Généralement, le coup de foudre pour un titre particulièrement inventif peut porter fruit. C’est notamment le cas d’Éric-Emmanuel Schmitt et Lauren Weisberger, pour ne mentionner que ceux-là. Lorsque j’étais une oeuvre d’art de Schmitt est l’un des titres qui m’a sans doute le plus interpellé. Je me suis rendue illico au comptoir-caisse, sans trop savoir à quoi m’attendre. Le résultat fut foudroyant: un récit génialissime, provoquant un haut-le-coeur doublé d’une inévitable réflexion sur le sens de la vie et de l’art.

25. Décrivez votre bibliothèque ?

Éclectique. Beaucoup, beaucoup de livres d’art. Une section muséologie, patrimoine et essais artistiques. De très nombreux romans. Un peu de poésie. Un assez large segment comportant dictionnaires et ouvrages de références, toutes langues confondues. Quelques ouvrages de cuisine et une section vouée aux sciences occultes (réminiscence d’une période ésotérico-médiévale). Plusieurs B.D., quelques biographies.

26. Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

La plupart des romans jeunesse que je possédais. Je le regrette un peu maintenant. Sinon, quelques ouvrages qui m’ont fait galérer: La nuit des temps de Barjavel ; un roman de Nathalie Sarraute dont je ne me souviens même plus et je n’étais certainement pas allée au-delà du tiers ; Le 13e chevalier (bouquin chopé dans un bazar de sous-sol d’église, et jamais seulement ouvert, car de toutes façons, la version cinématographique n’avait absolument rien de saisissant). Je crois que les romans de Gabrielle Roy subiront bientôt le même sort (sorry! cette auteure provoque chez moi une réaction allergique…)

27. L’endroit le plus insolite où vous lisez ?

Étendue de tout mon long sur le dur plancher? Debout à l’arrêt d’autobus par une chaleur torride? Rien d’exceptionnel, quoi. Je n’arrive pas encore à lire en état de lévitation.

28. Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

Orgueil et préjugés de Jane Austen. Un classique qui me plaît chaque fois toujours autant. C’est l’évidence même, on a beau savoir que Darcy s’éprendra à coup sûr d’Elizabeth Benneth, rien à faire, le plaisir renouvelé  n’en est pas moins jouissif d’une fois à l’autre.

29. Votre livre d’art préféré ?

La question à 100 piasses. Je possède quantité de livres d’art, vu ma formation en histoire de l’art et en muséologie et vu, aussi, mon intérêt profond envers les arts. Il m’est impossible de n’en nommer qu’un seul!

30. La bibliothèque idéale ?

La mienne, augmentée de tous les titres qui me font envie. Grosso modo, la bibliothèque de mes rêves ferait presque concurrence à  la BANQ.

31. L’incipit qui vous a le plus marquée ?

La mémoire est une faculté qui oublie. Je n’ai pas non plus tellement tendance à me souvenir des débuts de bouquins. Sauf peut-être L’Étranger de Camus. Le roman comme tel ne m’a pas vraiment charmé, mais lire un truc du genre à 16-17 ans, ça marque puissamment: Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

32. La clausule qui vous a le plus marquée ?

Variable avec le temps, selon mes lectures. Dernièrement, j’ai bien aimé, dans La rêveuse d’Ostende de Schmitt, cette phrase à la toute fin: Et je crois que, jusqu’à mon dernier jour, je me demanderai si c’était la mort ou l’amour qui descendit du train.

Bon, maintenant, je peux aller rejoindre Morphée, vous croyez?

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