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Vivre, c’est vieillir, rien de plus (*)

juillet 22, 2008 - 9:27 4 Comments

(*) Simone de Beauvoir. L’invitée.

Comme le chantait Brel: Mourir cela n’est rien, Mourir la belle affaire, Mais vieillir… ô vieillir.

Je suis terrorisée à l’idée de vieillir.

Et, peut-être est-ce ma paranoïa obsessive, mais il semblerait que la vie me fasse de plus en plus de pieds de nez et ce, sur une base quotidienne. La preuve: vendredi dernier, je faisais un brin de shopping (un très gros brin, disons) et je me suis amourachée (entre autres choses) d’une mini-jupe en jeans style eighties trash punk (ohhh là là, la mode automnale va me coûter cher, je le sens). Toutefois, lorsque j’ai aperçu une pimpante jouvencelle choisissant exactement la même jupe, je me suis pétrifiée sur place. Elle devait avoir 10 ou 12 ans de moins que moi et un corps qui mettra encore bien des années à se flétrir. Je me sentais soudainement très matante, très anachronique, extrêmement décalée. Je n’ai effectivement plus 18 ans et peut-être était-ce tout à fait grotesque de ma part de choisir ce genre de fringues. Et comble de l’ironie, lorsque je suis arrivée au comptoir-caisse, j’ai été frappée par une nette image de ce qu’est une femme qui refuse de vieillir, qui refuse de paraître son âge. À ma droite, une dame mature arborait le look Barbie. De pieds en cap. Teinture trop blonde, jeans hyper moulants, souliers vernis rose fuchsia, avec des talons d’une hauteur quasi scabreuse, pull capuchonné d’un rose criard assorti aux chaussures et sac à main un peu sport-chic qu’elle aura probablement dérobé à sa fille, voire sa petite-fille.

Puis paf.  Je me voyais dans 25, 30 ans avec une apparence aussi risible.

La trentaine qui approche m’angoisse effroyablement. Je vois mon corps qui change depuis environ un an, le stress de 2007 ayant très certainement servi de catalyseur à toutes ces mutations drastiques. Des ridules qui commencent à se dessiner aux creux des yeux. Une peau qui se relâche graduellement. Des yeux pochés en permanence. De légères poignées “d’amour” qui peinent à disparaître. De la cellulite récalcitrante. Des vergetures qui s’étalent dangereusement. De l’excédent de chair ramollie qui commence à pendouiller de mes bras. Des jambes moins bien sculptées. Des seins qui manquent déjà de fermeté (je me sens comme dans la scène du film Charlie’s Angel avec Cameron Diaz qui compare sa poitrine du début de la vingtaine avec celle dont elle est pourvue à 28 ans). Une relative minceur en sursis et une génétique qui me guète du coin de l’oeil, et qui sans doute, d’un moment à l’autre, m’affublera des 20 livres excédentaires qui m’étaient  probablement échues.

Je me rends compte que la vingtaine tire maintenant, et pour de bon, la patte vers l’arrière et que je ne pourrai plus jamais goûter à cet âge où tout est permis. J’ai l’impression d’avoir peu vécu cette période de ma vie, bien trop occupée à exceller dans mes études universitaires. Du jour au lendemain, je me suis réveillée dans une enveloppe corporelle qui avait changée, mais surtout, que je n’avais pas vue changer.

J’imagine qu’il me faudra apprendre à l’apprivoiser… Ou aller de ce pas comparer les lotions antirides à la pharmacie la plus proche. ;)

Carnetomane et minouphile (ça se soigne?)

juin 28, 2008 - 9:59 6 Comments

Hier, je devais me rendre au Carrefour Angrignon après le travail, histoire de me procurer quelques articles essentiels en vue de mon déménagement ce dimanche (housses à vêtements, petits bacs de plastique, sac fourre-tout, etc.). J’en ai également profité pour acheter un sac de croustilles afin d’assouvir une folle envie de Miss Vickie’s [la grano en moi l'avoue à mots couverts, je l'ai dévoré en moins de vingt-quatre heures... Aïe! Mais je ne l'admettrai pas trop fort quand même, hein! ]

En plus d’être tombée sur une giga-méga-hyper-super-vente chez HMV [dur dur de se promener dans un centre commercial sans être happée par la bonne nouvelle providentielle du dieu Money, malgré un but précis que l'on s'impose (vainement, le plus souvent!!) avant même d'y avoir mis les pieds  - dans mon cas, en quête de bidules pour le déménagement], j’ai craqué pour deux cahiers de notes dont le chouette design girly m’a immédiatement conquise. Et pour ma défense, votre Honneur, je déclare qu’ils m’imploraient  tous deux de repartir avec eux. La vérité, rien que la vérité, je vous le jure.

En fait, je crois qu’un psy me serait d’une plus grande utilité qu’un juge. Car je souffre d’un étrange mal, qui me pousse à acheter toujours plus de livrets de ce genre, alors que règle générale, je n’ose pas maculer les pages de mon écriture.

Depuis ma tendre enfance, j’ai accumulé je-ne-sais combien de carnets, dont seul le tiers, ou peut-être même le quart, a réellement servi. Certains sont tout simplement trop beaux pour remplir la fonction qui leur était destinée et deviennent en quelque sorte des objets de collection.

Mon préféré (qui demeurera probablement à jamais inaltéré) est une fort jolie trouvaille dénichée à Venise à l’été 2005, dans une boutique nommée Il Pavone, située dans le Dorsoduro, quartier où je logeais.

Selon un procédé d’estampillation particulier, les artisans  de la boutique ont réussi à conférer à leurs papiers et leurs tissus une couleur unique dont les zones de reflets mordorés  juxtaposées au bleu très riche évoquent la coloration caractéristique des plumes de paon. D’où le nom, d’ailleurs, pavone signifiant en français paon.

Évidemment, vous reconnaîtrez les motifs de chats (quoi d’autre! je suis une véritable minouphile, en plus d’être une insatiable carnetomane!! Mon cas est décidément des plus graves.). À une certaine époque, à la fin du Moyen Âge, il me semble, les chats agissaient à titre de gardiens des livres, empêchant les rats de saccager les précieuses bibliothèques.

Ouuuhh, je pourrais presque animer une chronique à Artv. ;)