octobre 18th, 2008

Cette semaine, une de mes collègues qui est également maman de deux fillettes qui fréquentent notre CPE est venue me raconter un fait cocasse. La veille, lors d’une séance de shopping avec sa plus vieille (qui a environ 4 ans), la petite s’est écriée, devant une boutique de chaussures: “Maman, regarde!!! Les souliers d’Émilie!“. Pourtant, je ne crois pas avoir porté ces nouvelles chaussures plus de deux fois au travail. La gamine a donc un fameux sens de l’observation!

Cette collègue m’a également demandé si je possède une paire de ballerines rose vif, avec de petites billes colorées à l’avant, car apparemment sa fille a eu un coup de coeur pour mes souliers de “Barbie”… Et j’ai effectivement des chaussures qui correspondent en tous points à cette description! :D

Voilà une gamine qui emprunte une bien dangereuse voie… Elle s’engage à devenir shoes-aholic, elle aussi! ;)

septembre 28th, 2008

Je ne suis pas très active dans le merveilleux monde des blogues actuellement, ni comme blogueuse, ni comme “commentatrice”, et pour cause: mes temps libres voisinent le degré de congélation (mieux connu sous le nom de “Zéro”, pour les personnes qui n’auraient pas écouté durant leurs cours de sciences physiques - ou qui s’en foutaient tout simplement!).

Les moments passés à la maison se font rares. Sauf peut-être pour y dormir, puis pester contre mon cadran-réveil, faire un câlin à chéri, m’extirper des draps pour ensuite me préparer à affronter une énième journée routinière, grattouiller le bedon ou la tête de mes amis félins, avant d’aller me farcir un trajet de métro dans une promiscuité plus que débectante.

À mon arrivée à la maison, même manège: je grattouille le museau de chéri et donne un bisou à mes chats (oups!), me débarbouille, prépare mes vêtements pour le lendemain avant d’enclencher l’alarme de mon cadran pour m’endormir, la tête encombrée de pensées de toutes sortes.

De plus, je suis victime depuis plus d’une semaine d’un rhume indécrottable: Advil rhume et sinus, vitamine C, fruits à profusion, sirop expectorant, rien n’y fait. J’ai sans doute besoin de repos, je vous remercie de votre conseil.  Car oui, je suis fatiguée. Fucking fatiguée, comme le dirait une pseudo-héroïne de roman de fille à papa qui aurait dû s’en tenir à son premier bébé (*). Chaque jour, je me présente au travail avec une tronche de déterrée, ce qui fait sursauter ma patronne (lorsqu’elle est présente, bien évidemment). Celle-ci m’apporte des breuvages fruités et du chocolat pour me requinquer, m’enjoignant de ne pas manquer à l’appel le lendemain. C’est que, moi absente, elle panique. Moi seule, aucun problème - en fait, s’il fallait que je ne puisse pas prendre les commandes du bureau lorsque je suis seule, je me retrouverais dans un sacré pétrin, étant donné que je dois travailler en solitaire (au moins) 85% du temps. J’ai presque l’impression qu’elle a totalement oublié le fonctionnement de plusieurs procédures depuis que je suis là.

L’atmosphère générale m’épuise également. Il y a un je ne sais quoi dans l’air qui gruge toute mon énergie. Ces guéguerres puériles, ces frictions harassantes, cette insistance à vouloir que je sois d’un côté plutôt que de l’autre. Le genre d’ambiance propre à un milieu syndiqué, quoi. Et vlan, le gros mot, ça y est, je l’ai échappé. Et on me garrochera sans toute tout un tas de roches, mais tant pis: les syndicats sont, dans bon nombre d’entreprises québécoises, les empêcheurs de tourner en rond. Je ne me ferai probablement pas d’alliés en affirmant que ces associations syndicales prennent trop de place dans notre province, qui affiche d’ailleurs le plus haut taux de syndicalisation en Amérique du Nord. Pour imager la chose, je prendrais cet exemple: l’enfant (l’employé) réclame de sa mère (le patron) une permission qu’elle ne lui accordera pas. Plutôt que d’amorcer une discussion ou chercher à comprendre la raison sous-jacente à ce refus, l’enfant s’en remettra au père (le syndicat), qui lui ira négocier avec la mère, et les pourparlers ne se termineront pas nécessairement en bons termes. L’association vous semblera peut-être boiteuse, mais au final, les syndicats ont effectivement cette attitude paternaliste et dépassée. Ils auraient certes leur utilité dans des milieux ouvriers victimes d’injustices criantes, mais la plupart du temps, on y a généralement recours pour le moindre regard un tant soit peu malveillant.

Et oui, j’ai déjà été syndiquée alors je parle en connaissance de cause. Je crois également que c’est malsain de ne pas laisser à l’employé le droit de choisir de l’être ou non. Enfin, je m’égare. Je laisse parfois un peu trop le côté “sociologue” en moi s’imposer dans ma perception d’une situation, aussi commune soit-elle.

En conclusion: je suis condamnée à être morveuse et tousseuse jusqu’à ce que j’aie le temps de prendre le temps ou que le climat soit moins éreintant mentalement parlant.

Sur une note plus positive, toutefois, je poursuis mon cheminement afin de m’assurer d’un avenir brillant et rempli de petites licornes mauves qui virevoltent partout, de nuages dodus et de lutins joyeux (ahem, vous excuserez ces énumérations foireuses, relents d’une trop grande intoxication médicinale). De plus, après une deuxième rencontre avec la conseillère en orientation, je sens que j’approche du but. Elle était littéralement en feu jeudi soir dernier, m’accordant un 20 minutes de plus que l’heure prévue pour notre rencontre. J’aimerais avoir la chance de me sentir aussi exaltée par mon emploi.

Je constate peu à peu, en écoutant ses recommandations et en effectuant quelques tests, que j’avais raison (sans le savoir) il y a quelques mois, lorsque j’avais eu envie de me diriger vers les communications. C’est ce qui semble ressortir nettement de mon profil. J’en ai assez des environnement immuables, rigides et ne proposant qu’un minimum de défis. J’ai besoin de mouvement.

Dans un autre ordre d’idées, je me suis inscrite au gym avec chéri, car les cours de yoga ne suffisent pas. Il me faut bouger, me tonifier, reprendre des forces. Le jogging me manque et malheureusement, je me vois mal courir le long de la rue Ontario, croisant de vieux fumeurs parqués devant des bars de danseuses, des tavernes ou des restos mal famés, qui reluquent mon popotin en riant grassement. Je m’ennuie de la sérénité du Canal Lachine, l’endroit parfait pour se délier les jambes. À  défaut d’un lieu pour courir, le gym me permettra de me détoxifier toute l’année durant (car jogguer dans 45 centimètres de neige n’a rien de très plaisant).

Quoique dernièrement, la STM m’ait forcé à entreprendre malgré moi un plan santé qui porte fruit. J’ai perdu quelques livres pour avoir trop marché, gracieuseté des métros hors service à toute heure du jour et du soir, des autobus trop en retard et/ou qui ne passent carrément pas et/ou bondés à un point tel qu’ils ne s’arrêtent même pas pour laisser les usagers monter à bord.

Fin de ce billet trop long. ;)

(*) Toute ressemblance avec la réalité (n’)est (pas si) fortuite.

septembre 16th, 2008

C’est hier que j’ai assisté à mon premier cours de yoga. Comme je l’ai mentionné précédemment, cela devait me permettre, notamment, d’évacuer un trop-plein de tension qui m’envahit nécessairement chaque Grand Méchant Lundi que le calendrier nous amène.

Or, vendredi dernier, ma patronne m’avait offert de travailler à la maison, histoire de me farcir une longue traduction qui m’aurait pris des lustres si je l’avais fait sur les lieux (pour cause de dérangements intempestifs… et incessants). Il va sans dire que j’ai acquiescé à sa suggestion à la seconde où elle en a fait mention. Ainsi, j’éviterais de devoir affronter un Grand Méchant Lundi au travail. Heureusement d’ailleurs, car j’ai su  qu’au cours de la matinée d’hier, une panne d’électricité majeure est survenue! Le genre de truc qui se produit invariablement un lundi, de telle sorte que je ne me questionne même plus sur les probabilités  que de tels événements se manifestent un autre jour. Si ça arrive, on est lundi, point à la ligne.

J’ai toutefois écopé aujourd’hui. L’univers m’a sans doute retourné la grimace que je lui avais faite hier en ignorant intraitablement le Grand Méchant Lundi. En effet, ma journée a été des plus chargées, entrecoupée d’une évacuation de la garderie pour cause de surchauffe du système de climatisation (encore!). Totale absence de pompiers, cette fois-ci, par contre. Amère déception.

En ce qui a trait au yoga, nulle déception. Plutôt une apaisante sensation à la fin de cette heure et quart. Nous avons appris quelques mouvements de base. Je sais faire la position du chat (approuvée par Morgane la chatte qui s’est étirée avec moi en signe d’encouragement).

Mais qu’est-ce que j’ai inhalé comme air! Je crois n’avoir jamais autant respiré de mon existence.

Inspirez… Expirez… Stop, vous croyez que je peux mourir d’un trop-plein d’air?

septembre 11th, 2008

Au boulot, je reçois quotidiennement des CV, dont parfois certains qui n’ont absolument aucun lien avec le milieu de travail dans lequel j’évolue. Aujourd’hui, en me voyant pouffer de rire devant mon écran d’ordinateur, ma patronne s’est approchée de mon bureau pour me demander la raison de ce soudain éclat de rire.

[La Blogueuse Cornue, entre deux ricanements]

- On a reçu un CV…

[La patronne de la Blogueuse Cornue, sceptique]

- Ah…?

[La Blogueuse Cornue, tentant tant bien que mal de conserver son sérieux]

- Le candidat a écrit “Career Goal: Tractor Driver”… pouahahahah!

Hilares, nous avons toutes les deux convenu qu’il fallait être ou bien complètement paumé, ou bien sacrément désespéré pour faire parvenir une telle demande d’emploi dans… un centre de la petite enfance!! :D

Effectivement, les seuls tracteurs que l’on y trouve ont à peu près l’air de ça:

septembre 8th, 2008

Je hais le lundi. J’abhorre le mot, le concept, la journée en elle-même. Le fait que ce soit immanquablement le jour où  cette scélérate de poisse prend d’assaut toute personne normalement pas si malchanceuse, où une charge de travail déjà considérable augmente en flèche jusqu’à en percer la toiture, où les situations les plus invraisemblables se produisent simultanément, bref le fait que ce soit toujours la pire journée de la semaine.

Encore aujourd’hui, j’y ai goûté. J’étais claquée avant même d’avoir franchi les portes du bâtiment. Les cernes s’élargissant de seconde seconde trahissaient nettement mon état physique et mental. Et, à l’issue de cette journée, j’avais l’impression d’être sur le point de manquer d’air. Parfois, je me demande presque si je prends réellement le temps de respirer le lundi.

D’ici à ce que je trouve l’emploi de mes rêves (ou à ce que je me décide que me tourner vers ma véritable passion, la culture, et accepter de gagner 800$ à 1300$ de moins par mois (ou pire encore), parce que eh, on nous prend pour des tarés dans ce pays, ne provoquera pas le hara-kiri prématuré de mon budget), je crois avoir trouvé la solution pour survivre au Grand Méchant Lundi (et éviter de mourir d’une crise cardiaque avant d’atteindre l’âge *ahem* presque vénérable de 30 ans): le yoga.

Un cours de yoga le lundi soir. Fallait y penser. Cela me permettra (je l’espère) de me décharger de toutes ces énergies négatives accumulées au courant de la journée et d’envoyer gentiment paître le Grand Méchant Lundi avec calme et sérénité.

Les leçons débutent le 15 septembre. Je ne pensais jamais affirmer ce qui va suivre mais… Vivement lundi prochain!!!

août 30th, 2008

Imaginez trois personnes complètement débordées. Sub-mer-gées de travail.

Imaginez maintenant une *ô combien seule* personne prisonnière de cette charge de travail qui aurait normalement suffit à faucher trois travailleurs - mais que cette *ô combien seule* personne a l’immense (dé)plaisir d’effectuer dans l’isolement le plus total.

Imaginez cette seule et même personne aux prises avec des symptômes de stress qui ne trompent pas: spasmes de la paupière gauche, insomnies, raideurs de la nuque et des épaules, irritabilité, palpitations cardiaques, maux d’estomac récalcitrants.

Imaginez ensuite la même personne souffrant d’un SPM dont le degré d’agressivité frôle dangereusement le “ôtez-vous-de-mon-chemin-sans-quoi-je-vous-étrangle-à-mains-nues-sans-préavis”.

Résultat: une Blogueuse Cornue dont les cornes deviennent particulièrement acérées!

J’ai donc préféré m’abstenir momentanément de bloguer, voulant éviter de rédiger un billet profondément odieux  [lire: carrément bitchy] sur Stephen Harper (ah? je l’ai déjà fait?), les bactéries provoquant la mort de mangeurs de viande (virez tofu! le tofu ne tue pas, lui!), le fait que Celiiiiiiine ait reçu un doctorat honorifique (non mais, sérieusement?), ma profonde envie d’apposer sur mon écran d’ordinateur au bureau un Post-It sur lequel j’aurais préalablement écrit I quit au marqueur feutre, les élections fédérales prévues cet automne (ô joie et excitation sans bornes, j’me peux plus!), et mon impérieux désir de m’exiler dans un pays qui ne freine pas la culture.

Comment ai-je réussi à endiguer ce trop-plein d’agitation négative?

Imaginez un vendredi où ladite personne n’a pas à se rendre au travail. Soulagement.

Imaginez ce même vendredi où la même personne a un rendez-vous au comptoir Chanel pour se faire maquiller par un dieu (qui ne joue cependant pas dans la même ligue, mais bon, le spectacle n’en demeure pas moins plaisant pour le regard!). Une heure de pure détente.

Imaginez cette personne qui dégaine sa carte de crédit pour se procurer quelques produits totalement superflus et qui pourtant hausse son moral d’un cran.

Imaginez ensuite cette personne qui se noie dans une séance de ménage digne d’une reine du foyer d’une participante à une émission de téléréalité qui pourrait s’intituler Extreme Cleanup. [Je pourrais faire des sous avec ce concept, vous croyez?]

Résultat: une Blogueuse Cornue nettement plus zen, qui n’a plus envie d’égorger les passants (mais qui a peut-être quand même un peu envie de mettre une baffe à la très honorable (yeah, right) Josée Verner pour son absence flagrante de résistance face aux coupures dans la culture).

août 19th, 2008

En matinée, après avoir donné un coup de pouce à une éducatrice quelque peu moqueuse, celle-ci m’a remerciée en m’annonçant à la blague qu’elle était tellement contente qu’elle allait m’épouser. Déclaration qui a suscité des effusions de rire chez trois fillettes de cinq ans.

- Voyons donc! Tu ne peux pas te marier avec elle, c’est une fiiiiiiiilllllle! a pouffé la petite J.

T. et L. ont renchérit en ajoutant qu’une maman devait nécessairement épouser un papa. L’éducatrice, qui a la langue bien pendue, a répondu aux gamines que pourtant Ellen Degeneres et Portia De Rossi venaient de convoler en justes noces. Évidemment, les trois petites espiègles n’ont pas saisi cette allusion et ont continué à vaquer à leurs occupations en se raillant encore de deux adultes qui racontaient vraisemblablement des plaisanteries sans queue ni tête.

Dans ma tête a germé une pensée, cependant.

En septembre, nous accueillerons une fillette qui a deux mamans. Ce couple de lesbiennes a également un bambin, qui entrera éventuellement lui aussi à la garderie. Les deux femmes ont avoué avoir eu du mal à faire comprendre à leur ancienne éducatrice, qui opérait une garderie en milieu familial, que le bricolage pour la fête des pères n’avait pas sa place. Elles ont dû faire face à de nombreux blocages de part et d’autre d’une société qui tend à s’ouvrir mais encore trop peu.

Tant à la garderie qu’à l’école, la notion de couple est presque exclusivement représentée par des unions de sexes opposés. La situation paraît encore relativement inhabituelle, j’en conviens. Toutefois, les éducateurs et éducatrices, les professeurs et toute personne qui gravite autour des tout-petits devront un jour ou l’autre donner l’heure juste à une marmaille qui a soif de savoir.

Comment faire comprendre aux enfants que leur nouvelle amie a deux mamans, mais pas de papa? Il serait intéressant de voir comment l’éducatrice abordera la question auprès des enfants. À moins que, par fausse pudeur, elle passe outre à cette notion pourtant pas si délicate.

Malgré tout, je crois fermement que les enfants sont plus ouverts qu’on ne veut bien le croire. La tolérance, le respect, l’ouverture aux autres et la saine curiosité s’apprennent dès le plus jeune âge. Montrons-leur que deux mamans ou deux papas qui s’aiment forment aussi une famille. Ce n’est pas sorcier. D’ici quelques années, ce seront eux qui inculqueront aux grands ce respect de l’autre. Parce qu’un monde où toutes les différences se côtoient sans préjudice correspond parfaitement à ce que devrait être la vraie nature de l’humanité.

***

En terminant, quelques faits:

À la suite de la légalisation du mariage des personnes de même sexe partout au Canada en juillet 2005, les couples mariés de même sexe ont été dénombrés pour la première fois lors du Recensement de 2006.

En 2006, 45 300 couples de même sexe ont été dénombrés lors du recensement. De ce nombre, 7 500, ou 16,5 %, étaient mariés.

Le Canada est le troisième pays au monde à avoir légalisé le mariage des couples de même sexe, après les Pays-Bas (2000) et la Belgique (2003). L’Espagne (2005) et l’Afrique du Sud (2006) ont été les quatrième et cinquième pays à ce chapitre. D’autres pays ont adopté diverses lois et politiques dans ce domaine. Ainsi, Israël reconnaît les mariages de conjoints de même sexe contractés dans d’autres pays. Aux États-Unis, le Massachusetts a légalisé le mariage de conjoints de même sexe en 2004; c’est le seul état américain à l’avoir fait à ce jour.

[...]

Moins d’une personne sur dix vivant au sein d’un couple de même sexe avait un enfant à la maison. Environ 9,0 % des personnes vivant au sein de couples de même sexe avaient des enfants en 2006. Cette situation était plus fréquente chez les femmes vivant au sein de couples de couples de même sexe (16,3 %), que chez les hommes (2,9 %).

Les conjoints de même sexe mariés sont plus susceptibles d’avoir des enfants à la maison que les partenaires de même sexe vivant en union libre, particulièrement chez les femmes.

Données issues de Recensement de 2006: Continuité et changement dans les familles et les ménages du Canada en 2006

août 5th, 2008

Retour au travail après un week-end de trois jours: quelle plaie. Surtout que j’ai eu à jongler avec quelques situations contrariantes et/ou inattendues et/ou dignes d’un lundi alors que nous étions pourtant mardi (je suis naturellement victime à retardement du Grand Méchant Lundi lorsque je ne travaille pas ce jour-là).

Il y a quelques mois, nous avons soumis au service d’incendie de la ville un plan d’évacuation en cas d’alarme de feu. Aujourd’hui, deux pompiers devaient venir sur les lieux afin de valider notre plan d’évacuation. Ma patronne avait initialement prévu faire l’exercice hier, mais puisque j’étais en congé et qu’elle souhaitait que je sois présente, elle donc a opté pour ce mardi 5 août à 9h30.

Or, elle était absente à l’heure où ces (jolis) messieurs sont arrivés pour procéder à la vérification. Bien qu’elle ait dû m’en parler au moins une douzaine de fois la semaine dernière, il semblerait qu’elle ait tout simplement oublié que la visite de contrôle se déroulait ce matin.

Ça m’a foutu en rogne un court moment, jusqu’à ce que je me rende compte qu’au final, c’est moi, et moi seule, qui ai eu affaire à ces deux charmants pompiers. :D

pompier

juillet 18th, 2008

Travaillant dans un centre de la petite enfance, chaque jour, je reçois une indénombrable quantité d’appels de supplication de la part de parents désabusés, en quête d’une place pour leur chérubin. Chaque jour, la liste s’allonge. S’allonge. S’allonge à un point tel que la possibilité de recevoir une réponse positive de notre part avant l’âge de la majorité de l’enfant s’avère quasi impensable. J’exagère, mais ohhh, à peine, vous  vous en doutez sûrement.

Récemment, le gouvernement québécois a semé à tout vent une vague de largesses en matière de programmes parentaux, histoire d’encourager la conciliation travail-famille et plus probablement un taux de natalité plus qu’insuffisant. Certaines mesures (l’assurance parentale, notamment), entrées en vigueur en janvier 2006 ont provoqué  un mini baby-boom qui n’a fait qu’accroître de manière accablante la pénurie de places dans les CPE. Depuis le milieu de l’année 2006, cette lacune se fait sentir à la puissance 500.

Et puisque je suis ce genre de personne auxquelles les gens se confient (avec parfois un peu trop d’aisance et d’impudeur, mais bon), j’entends chaque jour tout un lot de révélations toutes plus larmoyantes les unes que les autres. Certaines personnes m’ont affirmé que quelques employés de CPE se sont carrément foutu de leur gueule lorsqu’ils ont passé un coup de fil pour mettre le nom de leur poupon sur la liste d’attente. Des mères éplorées se voient dans l’obligation de rester à la maison avec junior faute d’un endroit pour l’accueillir durant les heures de travail. Certains me supplient de leur prêter main-forte, je perçois souvent un profond désarroi dans leur ton de voix. On me demande quoi faire pour que la situation change.

Mes solutions?

  1. Arrêter de faire des enfants (mais j’en conviens, je me ferais allègrement pitcher des roches si je répondais réellement cela);
  2. Harceler tous les agents du ministère de la Famille et des Aînés (nous pourrions embaucher les employés du centre d’appel de Bell, qui (par un heureux hasard!) importunent les clients et non-clients toujours au mauvais moment et un peu trop fréquemment au cours d’une même semaine);
  3. Demander à la charmante ministre de la Famille de s’occuper de tous les bambins qui n’auront pu obtenir une place en garderie. Hein, qu’en dites-vous? J’aime particulièrement cette solution.

De deux choses l’une. Soit le gouvernement n’a pas fait ses devoirs et a mis en application cette nouvelle politique familiale sans songer aux conséquences - plus de bébés égale nécessairement un plus grand besoin en CPE, pas besoin de clôner le cerveau d’Einstein pour arriver à une telle déduction. Soit il a attendu de voir jusqu’à quel point les bénéfices accordés aux parents auraient réellement une incidence sur le nombre de naissances. Dans l’un ou l’autre des cas, de toutes façons, il manquait DÉJÀ quelques centaines, voire quelques milliers de places en CPE.

Mince (le terme décharnée conviendrait mieux) lueur d’espoir à l’horizon: le ministère de la Famille propose la création de 220 000 places d’ici 2012. Trop peu trop tard. En 2012, un gamin né aujourd’hui aurait 4 ans (oui, je n’ai pas échoué mes maths 436 et 536, étonnant considérant le fait que je passais le plus clair de mes cours de maths à dessiner, mais bon, il s’agit d’une toute autre histoire qui n’a absolument aucun lien avec ce billet).

Qui sait, peut-être qu’à force de siéger auprès d’un parti de l’opposition prônant des valeurs rétrogrades, nos gentils élus se sont dit qu’il était grand temps que les femmes retournent à la maison pour une durée indéterminée.

La question que je me pose, maintenant: qu’arrivera-t-il une fois que toute cette marmaille aura l’âge de fréquenter l’école? Des institutions scolaires ont déjà fermé leurs portes faute de clientèle. Que répondra-t-on cette fois aux parents éplorés? Désolés, enseignez vous-mêmes les maths et le français à votre progéniture, car notre école affiche complet.

***

Dans un tout autre ordre d’idée (mais pas trop), je vous avouerai que mon emploi m’en fait voir de toutes les couleurs. Simplement les parents, par exemple. C’est à se demander, parfois, s’ils descendent tout droit d’une galaxie vraiment lointaine.

Un seul exemple parmi tant d’autres: une mère fortunée et pourtant radine s’entête à ne laisser aux éducatrices que 2  seules couches par jour pour sa fillette à la pouponnière. Comme si un enfant se limitait quotidiennement à deux petits besoins. Et cette même mère s’est révoltée lorsqu’elle a su que les éducatrices avaient  osé amener sa précieuse progéniture à l’extérieur. La raison de ses protestations (ma foi injustifiées - un enfant a besoin de prendre l’air)?  La petite pourrait manger du gazon et du sable. Hum. J’ai passé une partie de mon enfance à ingurgiter volontairement des roches et je suis une adulte tout ce qu’il y a de plus normal (ahem). Vous êtes peut-être portés à croire qu’il s’agit d’une nouvelle maman terrorisée et non pas une névrosée. Il n’en est rien. Cette gente dame en est à son troisième enfant et se comporte exactement de la même façon qu’à ses deux premiers.

Elle, elle devrait rester à la maison pour s’occuper de sa marmaille comme bon lui semble.

***

En terminant, comme a si savamment affirmé le petit S.: On peut pas avoir d’autres enfants à la garderie, parce qu’un moment donné, il va y en avoir trop et la garderie va exploser!!!!!

Tenez, le voilà, l’argument-massue pour messieurs dames du gouvernement.

juin 27th, 2008

Dernière fois ce matin que je prenais la 36 en direction du travail.

Dernière fois que le chauffeur d’autobus me gratifiait d’un air bête en guise de bonjour lorsque je monte dans son véhicule.

Dernière fois que je débute ma journée de travail à 7h15. Car l’employée indispensable que je suis a obtenu l’illuuuustre privilège (après 6 ans de loyaux services, à être parée à toutes les éventualités dès l’ouverture du centre et à me lever à l’heure où même les poules ronflent encore), de pouvoir débuter entre 9h00 et 9h30, pour cause de déménagement très à l’extérieur du quartier. Ma patronne craint tellement que je quitte pour aller  voir ailleurs si le gazon est plus vert qu’elle a acquiescé à ma demande malgré un court moment de panique initial. Ainsi, ma supérieure  est sensée “s’organiser” pour être celle qui ouvrira dorénavant la garderie, ce qui ne devrait pas être si pénible puisqu’elle demeure à 5 minutes en voiture de notre lieu de travail.

Donc, corollaire au point ci-haut (et tellement jouissif), dernière fois que je me tape du remplacement de personnel en catastrophe le matin parce que X est malade, que Y a obtenu un rendez-vous chez le médecin pour son enfant ou que Z a simplement décidé qu’elle avait mieux à faire que travailler. Dernière fois que je perds 30, 40 minutes, 1 heure voire plus, à jouer au bureau des ressources humaines en début de matinée, retardant le moment où j’arrive enfin à avaler une première gorgée de café salvateur. Chose qui réduira considérablement mon stress matinal et cette perte de temps inouïe qui se répète au moins trois matins sur cinq. Dernière fois que je jongle tant bien que mal avec un taux d’absentéisme par moments effarants.

Dernière fois que je dois héler un taxi au sortir du centre d’achats, pour me rendre jusque chez moi parce que l’autobus qui m’y mène ne passe que deux fois par heure. Et ledit autobus n’est jamais tellement à l’heure non plus.

***

Dans deux jours, je quitterai le Sud-Ouest, où je vis depuis maintenant 6 ans, et l’Ouest tout court, où j’ai en fait, toujours résidé, pour me déplacer beaucoup plus à l’Est, dans l’arrondissement Ville-Marie, à la lisière du centre-ville et de HoMa.

Dernières attaches à ces lieux qui ont vu passer une personne que je ne suis plus vraiment. Bientôt, ces attaches cèderont.

***

L’empaquetage avance et Belle met la main à la pâte (ou à la boîte!), elle aussi. Ils sont fous ces chats! :D

  • Élucubrations du jour

  • Élucubrations périmées

  • Non, il ne neige pas toujours à Montréal

  • Méta