Posts Tagged ‘vieillir’

Happy Birthday Shoegirl

février 18, 2009 - 6:19 7 Comments

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J’ai amorcé ce dimanche ma dernière année dans la vingtaine. Vous pouvez dès maintenant m’offrir vos sincères condoléances. Plutôt que de me morfondre, j’ai décidé de créer une “to-do list” de choses à effectuer et de décisions à prendre avant d’avoir 30 ans.  J’en conviens, cela me laisse bien peu de temps, et je veux également être réaliste, alors exit les challenges utopiques tels que faire le tour du monde, vider mes penderies  ou entartrer Justin Trudeau. Comme je carbure aux défis, rien de mieux pour me faire passer une année bien remplie et mettre de côté mes angoisses face à ce tournant tout à fait hors de mon contrôle. Je remercie d’ailleurs Valérie de m’avoir fait penser à un défi très glamour: acquérir une paire de chaussures haute couture! :D

Et puisqu’il faut bien débuter cette ultime  année en beauté (et en chaussures neuves), ce vendredi, je me suis laissée séduire par une paire d’escarpins couleur fuchsia. Étant donné  mon retour sur les bancs d’école et puisque la vie d’étudiante rime avec compte de banque moins bien garni, j’ai troqué les Steve Madden, Kate Spade et compagnie pour la boutique Spring.  Évidemment, la qualité des chaussures  n’est pas mirobolante, mais bon, on s’entend, je ne porterai sans doute pas ces souliers girly sur une base quotidienne, alors  les défectuosités liées à l’usure tarderont (du moins je l’espère).

Admirez le modèle ici.

De plus, avec une partie de l’argent reçu en cadeau pour mon anniversaire, je me suis payée une séance de shopping dans le confort de mon salon en me procurant ceci, ceci et ceci. Je songe également à récidiver et commander des fringues provenant du site Pinupgirl Clothing. L’an dernier, à pareille date, j’y avais déniché deux superbes mini-robes et une paires de chaussures estivales. L’ennui, cependant, ce sont les frais d’envoi non négligeables. Hum hum. Des volontaires pour une commande de groupe, peut-être?

Difficile de résister aux robes et accessoires de ce site, pour lequel j’ai eu un véritable coup de coeur. Il est vrai que j’adore le look rétro moderne, la beauté toute autre, les cheveux aux couleurs irréelles, les tatouages, les piercings, les looks bold n confident. Je le suis moins maintenant, mais j’ai toujours été assez ambivalente en ce qui a trait à ma personnalité versus mon apparence. J’ai eu des phases assez excentriques au niveau vestimentaire et capillaire,  qui me permettaient vraisemblablement de m’extérioriser malgré ma nature plutôt introvertie.

Tiens, cela me fait songer à un défi à ajouter à ma to-do list prétrentaine: un tatouage! Il faudrait simplement que je choisisse un modèle (tiré d’une illustration comme celle-ci, peut-être… qu’en dites-vous?) et que je remise mes craintes au placard. À suivre…

As-tu une pièce d’identité?

janvier 19, 2009 - 9:43 13 Comments

Ma journée de travail fut raccourcie pour cause d’invasion microbienne. Ayant au préalable réglé tous les “oh-merde-c’est-lundi”, j’ai décidé de partir plus tôt pour éviter d’avoir l’air d’un cyborg sans émotions derrière mon écran d’ordinateur. Toutefois, je devais d’abord me rendre au Casino de Montréal histoire de tirer profit d’un certificat-cadeau qui arrivait à échéance… aujourd’hui même.

Petite visite rapido-presto du côté de la ligne jaune du métro. Depuis sa création, je crois m’être rendue au casino tout au plus cinq fois, aussi je connais très peu l’emplacement des différentes sections de l’établissement. À mon arrivée, le souffle court pour cause de toux intempestive, j’ai demandé à un agent de sécurité à l’accueil comment je pouvais me rendre à la boutique du casino. Ce dernier m’a regardé, amusé.

- Je vais t’expliquer tout ça une fois que tu auras déposé ton manteau au vestiaire.

Ah. Je me suis exécutée et je suis revenue vers le type qui me toisait de la tête aux pieds. J’avais la vague impression qu’il s’adressait à moi comme à une gamine, me tutoyant gros comme le bras et ne semblant vraisemblablement pas me prendre au sérieux. Et ce genre d’attitude m’insulte quelque peu - comme la fois où un vendeur de la SAQ m’a presque renvoyé du revers de la main alors que je m’apprêtais à acheter une luxueuse bouteille de porto pour chéri, se fiant probablement à mon apparence d’éternelle échevelée en veste de coton ouaté. Bref. L’employé du casino affichait le même air un brin condescendant.

- As-tu une pièce d’identité avec toi?

Bon. Je veux bien croire que j’arborais aujourd’hui un look vestimentaire à mille lieux de la femme de carrière  (pensez superposition de tissus et d’accessoires noirs et mauves) et une coiffure juvénile, mais sa conduite m’a laissée un peu perplexe.

Je lui ai donc tendu ma carte d’assurance maladie (je suis native de février 1980, moi, môssieur), qu’il a  longuement observée, sans toutefois se défaire de son sourire narquois.

- Alors, Émilie, pour te rendre à la boutique ……. bla bla bla.

De quatre choses l’une:

1) Ou bien il a vraiment cru que je voulais pénétrer “illégalement” dans ce lieu de perdition;

2) Ou alors il voulait tout bonnement se payer ma tête;

3) Ou il souhaitait connaître mon nom, raison pour laquelle il m’a donné les indications après m’avoir appelée par mon prénom;

3) Ou encore c’est que je paraissais excessivement suspecte. Ouain, en y songeant bien… Vous en connaissez beaucoup de jeunes femmes qui font des visites éclairs à la boutique du casino en plein milieu de l’après-midi, alors que la place fourmille de vieux et de paumés en tout genre, qui perdent temps et argent dans les machines à sous?

Il s’agit là d’un mystère qui ne sera jamais résolu. :-P

Le syndrome de l’imposteur

octobre 19, 2008 - 12:30 3 Comments

Ce matin, je remplissais un petit questionnaire sur un site web, afin d’obtenir une fiche-recommandation de routine de soins pour ma peau. Le quiz devait cibler mes besoins en fonction de mon type de peau, notamment.

Toutefois, en répondant à la (délicate!) question de l’âge, j’ai ressenti un certain malaise. Embarras causé par  des catégories prédéfinies, à savoir 20, 30, 40 et ainsi de suite. J’ai évidemment cliqué sur la bulle contenant le chiffre 20, pour ensuite éprouver une petite once de tiraillement. Car en vérité, je me situe bien plus près du 30 que du 20. La même situation se reproduit chaque fois que je réponds à un sondage ou que je prends part à un concours. J’ai toujours cette sensation de malaise qui m’envahit puisque ces tranches d’âges  fixes  incorporent mal mon positionnement face à un chiffre qui me trahit parfois. Dans le cas mentionné précédemment, puisqu’il est question de mon type de peau, oui, je dénote lentement (mais sûrement) quelques signes de vieillissement. Ils sont mineurs. Malgré tout, il subsiste encore quelques problèmes de peau avec lesquels je devais me battre lorsque j’arborais fièrement la jeune vingtaine, bien que ces défauts dermiques se résorbent aujourd’hui. Je me sens à mi-chemin entre deux mondes. Toutefois, et je crois que je n’aurais jamais pu avouer une telle chose auparavant, je préfère nettement cette enveloppe cutanée qui est mienne aujourd’hui et que je considère beaucoup plus belle que celle dont j’étais pourvue à 20 ans.

De plus, je fais une très nette distinction entre mon âge physique et mon âge “mental”.  Alors, à quand la question “quel être votre âge mental” dans ces tests et sondages? :D

Pas envie de devenir sage

octobre 11, 2008 - 11:25 5 Comments

Les cheveux blancs seraient apparemment synonymes de sagesse.

Et si je n’avais pas envie de devenir sage?

Hier, j’ai aperçu un court cheveu se démarquant très nettement du reste de ma tignasse. Pâle. Trop pâle. Blanc. Trop blanc. Mon premier cheveu blanc. Droit, en plein centre, comme pour me narguer malicieusement.

Mon coeur a dû cesser de battre un instant. Mes cheveux ont toujours été un élément à part entière de ma personnalité. Comme si, à eux seuls, ils avaient une âme, une quelconque forme d’autonomie ou une réelle individualité. Cette macabre découverte capillaire a eu l’effet d’une bombe. J’ai réalisé que ma crinière, comme l’ensemble de mon corps, allait vieillir. Tout mon entourage s’est fait rassurant. Beaucoup ont eu des cheveux blancs dès le début de la vingtaine (et ma soeur, dès sa dix-neuvième année), alors pourquoi suis-je si traumatisée?

Pourquoi? Hum. J’ai depuis toujours cette relation amour-haine avec la masse capillaire qui délimite l’extrémité supérieure de mon enveloppe corporelle (ce qui est d’ailleurs le cas d’une large proportion de frisées de ce bas-monde). De nature plutôt introvertie, je me suis souvent extériorisée via mes cheveux. Ma crinière est en quelque sorte un mode d’expression. Les gens ne peuvent pas comprendre. Ce n’est pas qu’un vulgaire cheveu, c’est toute une partie de moi qui a pris une sacrée mornifle.

Vieillir… c’est pas si pire finalement!

août 14, 2008 - 11:24 8 Comments

Ce matin, je me dirigeais nonchalamment vers la station métro à quelques pas de chez moi. Direction Lachine, où j’avais un rendez-vous avec ma très talentueuse coiffeuse.

L’air totalement négligé, cheveux en bataille, une robe noire toute simple, chaussures sport, de gros verres fumés. Juste l’allure d’une fille en vacances, quoi.

Je marchais d’un pas assuré, lorsqu’un bel éphèbe musclé sorti tout droit d’une pub de caleçons Calvin Klein s’arrête net, comme subjugué, et me salue. Incertaine, je continue mon chemin (hein, il ne peut pas vraiment être en train de s’adresser à moi) - jusqu’à ce qu’il fasse quelques pas dans ma direction et me demande mon prénom.

Il doit me prendre pour une autre personne. Ou alors il est complètement perdu. Ou drogué, tiens.

You’re very pretty, you know, a t-il lancé d’un ton affirmé. HEIN? Ce type me semblait plutôt du genre à s’acoquiner avec une bimbo blonde aux formes aguicheuses, pas une grande échevelée pas du tout sortie d’une pub de sous-vêtements Calvin Klein. :D

Bon. Finalement, la mollesse, le manque de fermeté, les rides et tout, ce n’est peut-être pas aussi perceptible que je veux bien le croire.

J’ai tout de même repoussé gentiment les avances d’Adonis, parce que j’ai déjà mis la main sur l’homme parfait (désolée, mesdames, je suis l’heureuse élue!).

Dès aujourd’hui, promis, j’arrête de ressasser la même rengaine, à savoir que la Grande Méchante Décrépitude s’est emparée de moi et que je ressemblerai bientôt à une vieille mémé racornie (v’savez ,celles qui hantent les supermarchés Loblaws en meute assassine)? Promis, juré.

Vivre, c’est vieillir, rien de plus (*)

juillet 22, 2008 - 9:27 4 Comments

(*) Simone de Beauvoir. L’invitée.

Comme le chantait Brel: Mourir cela n’est rien, Mourir la belle affaire, Mais vieillir… ô vieillir.

Je suis terrorisée à l’idée de vieillir.

Et, peut-être est-ce ma paranoïa obsessive, mais il semblerait que la vie me fasse de plus en plus de pieds de nez et ce, sur une base quotidienne. La preuve: vendredi dernier, je faisais un brin de shopping (un très gros brin, disons) et je me suis amourachée (entre autres choses) d’une mini-jupe en jeans style eighties trash punk (ohhh là là, la mode automnale va me coûter cher, je le sens). Toutefois, lorsque j’ai aperçu une pimpante jouvencelle choisissant exactement la même jupe, je me suis pétrifiée sur place. Elle devait avoir 10 ou 12 ans de moins que moi et un corps qui mettra encore bien des années à se flétrir. Je me sentais soudainement très matante, très anachronique, extrêmement décalée. Je n’ai effectivement plus 18 ans et peut-être était-ce tout à fait grotesque de ma part de choisir ce genre de fringues. Et comble de l’ironie, lorsque je suis arrivée au comptoir-caisse, j’ai été frappée par une nette image de ce qu’est une femme qui refuse de vieillir, qui refuse de paraître son âge. À ma droite, une dame mature arborait le look Barbie. De pieds en cap. Teinture trop blonde, jeans hyper moulants, souliers vernis rose fuchsia, avec des talons d’une hauteur quasi scabreuse, pull capuchonné d’un rose criard assorti aux chaussures et sac à main un peu sport-chic qu’elle aura probablement dérobé à sa fille, voire sa petite-fille.

Puis paf.  Je me voyais dans 25, 30 ans avec une apparence aussi risible.

La trentaine qui approche m’angoisse effroyablement. Je vois mon corps qui change depuis environ un an, le stress de 2007 ayant très certainement servi de catalyseur à toutes ces mutations drastiques. Des ridules qui commencent à se dessiner aux creux des yeux. Une peau qui se relâche graduellement. Des yeux pochés en permanence. De légères poignées “d’amour” qui peinent à disparaître. De la cellulite récalcitrante. Des vergetures qui s’étalent dangereusement. De l’excédent de chair ramollie qui commence à pendouiller de mes bras. Des jambes moins bien sculptées. Des seins qui manquent déjà de fermeté (je me sens comme dans la scène du film Charlie’s Angel avec Cameron Diaz qui compare sa poitrine du début de la vingtaine avec celle dont elle est pourvue à 28 ans). Une relative minceur en sursis et une génétique qui me guète du coin de l’oeil, et qui sans doute, d’un moment à l’autre, m’affublera des 20 livres excédentaires qui m’étaient  probablement échues.

Je me rends compte que la vingtaine tire maintenant, et pour de bon, la patte vers l’arrière et que je ne pourrai plus jamais goûter à cet âge où tout est permis. J’ai l’impression d’avoir peu vécu cette période de ma vie, bien trop occupée à exceller dans mes études universitaires. Du jour au lendemain, je me suis réveillée dans une enveloppe corporelle qui avait changée, mais surtout, que je n’avais pas vue changer.

J’imagine qu’il me faudra apprendre à l’apprivoiser… Ou aller de ce pas comparer les lotions antirides à la pharmacie la plus proche. ;)