Depuis quelques temps, il semblerait qu’on me confonde avec une entité cadavérique quelconque. À un point tel que mon joli minois de déterrée ornera la pochette du prochain coffret DVD de Bones, au lieu de l’habituel squelette. Je trouve déprimant le fait qu’il ne se passe pas une journée sans qu’on me fasse remarquer à quel point je n’ai pas l’air bien ou que je semble très fatiguée.

Je travaille effectivement beaucoup trop et je dois jongler avec des situations pas toujours très évidentes. Et d’ici à ce que ma recherche d’emploi ne s’amorce plus concrètement, je vais devoir persévérer (ou attendre d’être la détentrice d’un billet de loto gagnant, chose qui ne risque pas de se produire dans un futur rapproché, étant donné mon inintérêt pour les loteries). Mais bonne nouvelle, demain je rencontre une conseillère du service à l’emploi de l’université, car mon CV a grandement besoin d’un dépoussiérage  en bonne et due forme (tronche de momifiée, CV poussiéreux… on se croirait au Musée Redpath avant qu’il ne soit modernisé et rafraîchi).

Selon les procédures du Ministère de la famille (pertinentes sur papier, mais jamais très viables dans la réalité), le personnel administratif travaillant à temps plein, considérant la taille de notre CPE, devrait s’élever au nombre de trois personnes. Dans les faits, il n’y a que moi qui soit réellement présente à temps plein. À certains moments de l’année (et plus souvent qu’autrement), la directrice brille par son absence. Et nous comptons sur les (insatisfaisants) services d’une commis-comptable une demi-journée par semaine. Ce qui a pour effet que… je fais tout.  Tout, littéralement tout, et dans tous les sens du terme tout. Avant toute chose, ma tâche première est d’épauler la directrice dans l’exercice de ses fonctions. Mais là ne s’arrête pas l’immense liste de missions qui me sont échues (certaines bien malgré moi). En l’espace d’une journée, je passe du travail d’adjointe à celui de traductrice, technicienne en informatique, concierge, psychologue, médiatrice, préposée aux plaintes, exterminatrice de fourmis, de souris, de marmottes ou de microbes, infirmière d’Info-Santé, responsable des ressources humaines et de la liste de rappel, surveillante, comptable, responsable des communications, madame bricole, préposée aux mouchoirs morveux, consolatrice de petits égos meurtris, maître ès arts en pancartes enjoignant les parents de respecter tel ou tel règlement, conseillère en ci et en ça, licheuse de représentants du ministère, chef des approvisionnements, correctrice, experte en dessins d’enfants, clone de Saint-Jude le patron des causes désespérées, distributrice de câlins, et oh! le meilleur pour la fin: plombier. En jupe et en talons hauts, c’est d’un chic.

Le commun des mortels croit évidemment que je passe le plus clair de mon temps à répondre au téléphone  en me limant élégamment les ongles. Eh bien non. Je suis le point central de l’entreprise, mais rien n’y paraît.

Mais non, je ne suis pas vraiment débordée. Bien sûr que non, mes cernes ne s’étendent pas jusqu’aux confins du Nunavut. Naturellement, je ne travaille presque pas. Non, non et re-non.  La gestion au quotidien s’accomplit effectivement d’elle même, comme par magie! Pouf! Et quant à moi, je ne fais office que de bibelot, derrière mon bureau.

Enfin bref, je suis claquée. Et cette fatigue est doublée d’une phase beurkissime, se traduisant par des symptômes similaires à ceux dont je souffre lorsque je suis normalement en plein SPM.  Sauf qu’actuellement, ces signes cliniques s’étendent bien au-delà de cette période et persistent depuis 2-3 semaines:

  • Envie de me gaver de mauvais chocolat;
  • Hormones dans le tapis, comme en fait foi la subite poussée de boutons qui m’affuble d’un air de collégienne en rébellion (jupe sexy en moins);
  • Sentiment d’avoir besoin de visionner en boucle les topos d’autocongratulations de Dove parce que je me trouve aussi désirable qu’une Martha Stewart incarcérée, vêtue d’un seyant habit de prisonnière qui rehausse son fond de teint nuance gris-de-geôle;
  • Profond désir de cogner tout spécimen appartenant aux races </gros bon sens>, </savoir vivre dans les transports en commun> ainsi que les politiciens en général.

Ma tignasse me désespère,  j’ai besoin d’une source nouvelle de motivation, j’aurais envie de dépenser sans compter un butin que je ne possède pas ou boire du mauvais vin jusqu’à en oublier qui je suis et me réveiller à l’hôpital (euh non, ça, j’ai déjà fait). Bref, je me sens comme une chanson de Pink. J’ai envie d’être irrévérencieuse et de mordre quiconque osera… euh… ouais… enfin… humm… quiconque osera se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Mais bon, ça va, je vais survivre. Congé demain! Puisque j’en avais marre de devoir reporter éternellement deux rendez-vous que je devais prendre depuis belle lurette.

This entry was posted on Mercredi, novembre 26th, 2008 at 23:38 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

11 Responses to “Prochainement figurante dans Bones”

La Pingouine Says:

Rhaaaaaaaaa comme je te comprends :(…j’espère que tu trouveras vite un autre emploi, le boulot nous tue tous à p’tit feu :(…profite bien de ton jour de congé!

A bientôt.

sounie Says:

mdr ! voilà donc comment tu réagis à la fatigue !! et un bon bain zen avec lumière tamisée, ça ne te dirait pas ?

Gilles Arnaud Says:

Ben la blogueuse cornue elle a pas la forme…

Cela fait quelques temps que le ras-le-bol se fait sentir d’ailleurs…

J’aime pas quand ça va pas bien.

Des gens autour qui se contentent d’être transparents pendant que d’autres donnent tout ce qu’ils ont, alors qu’ils sont déjà fatigués plus que de raison. Un jour j’ai remonter le moral à une conseillère pour l’emploi qui devait m’aider…
J’ai été dans cet état que tu décris il y a quelques années, c’est vrai : j’ai tout balancé. Au début, c’est la galère, surtout du point de vue des finances. Puis tu sors la tête du trou en te rendant compte que tu t’en es sorti tout seul, et les autres, ceux du passé, ils continuent leurs trucs absurdes. Pour toi, c’est la navigation en terres nouvelles mais ô combien familières. Y en a même qui sont jaloux parce qu’ils voient que tu es en train de te réaliser.

Pensées du Gillou pour la blogueuse cornue.
Gillou

Blogueuse cornue Says:

La Pingouine: Le boulot tue, tuons le boulot! :D

(Oulà, j’ai besoin d’aller au lit moi!) :D Bonne journée à toi!

Sounie: Je réagis effectivement à la fatigue avec un semblant de SPM à la puissance 10!

Gillou: Merci pour cette pensée. En fait, je suis en réorientation graduelle. Mais partout, on me dit de ne pas me presser, de ne pas brûler les étapes. Je sais que ça viendra, que j’aurai droit à un défi qui me comblera pleinement. Il faut être patient dans la vie.

Carlos Lorenzo Says:

Merci beaucoup. Good luck finding that job and motivation. Don’t despair. I wish I could speak French. Thanks.

Valou Says:

En lisant ta longue descriptions de tâches ( légèrement hors norme d’ailleurs ) je me dis que ta patronne va en pleurer un coup lorsque tu décideras de quitter ton emploi. Une personne qui acceptera de faire tout ça sans rechigner ça ne court pas les rues …

Ce qui peut t’encourager à passer au travers, c’est que tu sais que tu fais des démarches pour améliorer ton sort et changer ta vie. C’est la plus belle motivation qui soit.

Let’s go Émilie, let’s go !

Let’s go Émilie, let’s go !

Let’s go Émilie, let’s go !

Blogueuse cornue Says:

Carlos Lorenzo: Thanks for your kind words!

Valou: Je suis polyvalente, c’est le moins qu’on puisse dire! Un gros merci pour ton encouragement. :)

Blogueuse Furieuse Says:

Ouh! J’adore cette chanson de Pink (mon guilty pleasure actuel). Je sais que c’est un peu hors-propos mais je devais le dire!

On a tous des jours où on aimerait vraiment oublier toutes nos bonnes manières et le politically correct et se déchaîner.

Blogueuse cornue Says:

Blogueuse Furieuse: Oui, il y a de ces jours où l’envie de sacrer un coup de sacoche à tout le monde est presque plus fort que tout… ;)

Perigord Says:

Bonjour, sur ce pooint : “pertinentes sur papier, mais jamais tres viables dans la realite” ; je ne vous suis pas tout à fait : billet intéressant en tout casc ! toujours un plaisir se vous lire, @+

Blogueuse cornue Says:

Perigord: C’est qu’en fait, le Ministère de la Famille émet toutes sortes de procédures qui, selon leurs conseillers, sont très pertinentes. Les garderies doivent d’ailleurs s’y conformer, faute de quoi elles peuvent subir quelque sanction (coupure de la subvention accordée par le ministère, notamment). Le problème réside dans le fait que les gens du ministère n’ont probablement jamais eu à gérer réellement un centre de la petite enfance. Les procédures exigées ne peuvent pas toujours être mises en place, souvent ça ne fonctionne pas du tout, ou très mal, ou alors, comme c’est le cas chez nous, il y a trop peu de personnel administratif pour tout faire convenablement… alors on doit se contenter de résoudre les problèmes urgents, et le reste de la paperasse et des usages bureaucratiques doit patienter…

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